« Chefs-d’œuvre ? » au Centre Pompidou de Metz

Un bâtiment étonnant : une architecture signée Shigeru Ban et Jean de Gastines

Inaugurée en mai 2010,  le Centre Pompidou de Metz réussit le pari de la décentralisation culturelle tout en restant fidèle à la vocation de son aîné parisien qui est de diffuser la création moderne et contemporaine (sous tous ses formes d’expressions artistiques : peinture, sculpture, installation etc.) en sensibilisant le public aux œuvres majeures du XX et XXIème siècle.

Ce lieu d’exception se compose de quatre niveaux : la Grande Nef, la Galerie 1, 2 et 3.

Actuellement, l’ensemble des espaces du musée est consacrée à l’exposition « Chefs-d’œuvre ? » qui propose une large collection de  près de 800 œuvres pluridisciplinaires. Peu à peu, chaque galerie fermera progressivement laissera place aux prochaines expositions :

-la Galerie 3, le 17 janvier 2011
-la Galerie 1, le 9 mai 2011
-la Grande Nef, le 4 juillet 2011
-la Galerie 2, le 29 août 2011

Par ces quatre espaces, l’exposition entend questionner l’idée de chef-d’œuvre à travers des pistes de réflexion essentielles :

– Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ? La notion de chef-d’œuvre a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? Qui décide ce qu’est un chef-d’œuvre ? Un chef-d’œuvre est-il éternel ?

La première partie de l’exposition (la Grande Nef) s’apparente davantage à un parcours anthologique sur les chefs d’œuvre dans l’histoire. Elle s’ouvre sur « La Tristesse du roi » de Matisse (fabuleux !) et se ferme par « Les Trois bleus » de Miró… ce qui a le mérite de donner le ton ! Il y a également à mi-parcours de superbes fresques (cf. photo ci-dessous) de Robert Delaunay, qui ont servies aux décors du Palais des Chemins de Fers et que l’artiste créa en 1937 à l’occasion de l’Exposition Internationale de Paris. Elles impressionnent par leur taille et on se réjouit que  le Centre Pompidou est enfin trouver l’espace nécessaire pour les exposer.

La Galerie 1 s’inscrit dans la continuité de la Grande Nef en analysant l’histoire des chefs d’œuvres. Dès l’entrée, les visiteurs seront stupéfaits de découvrir l’œuvre poétique de Penone « Respirare l’ombra », où des milliers de feuilles de lauriers couleur bronze sont amassées dans des cages métalliques empilées. Conceptuel mais très touchant.

Par ailleurs, en accord avec la vocation chère au Centre Pompidou, tous les supports créatifs sont représentés : installations avec la boutique niçoise de Ben, tableaux-objets de Martial Raysse, extraits de films de Luis Buñel ou Jean Renoir, salle avec les « ready-made » de Duchamp, hommage à la musique avec De Staël et son « Orchestre » ou encore prototype du monument à  la III International de Tatlin…  La liste est longue tant les chefs d’œuvre inondent.

La Galerie  2 se présente comme un parcours onirique qui met en scène les œuvres d’une façon très singulière. C’est d’ailleurs cet espace que j’ai personnellement le plus apprécié car je l’ai trouvé très recherché.
 Je vous laisse découvrir en image pour comprendre.

Les œuvres sont en effet exposées d’une manière bien inhabituelle puisque neutre de toute indication. Pour en savoir un peu plus, il faut quitter la lumineuse galerie centrale pour le sombre couloir – ou alors faire appel à sa culture artistique pour deviner la paternité des œuvres : on reconnaîtra d’ailleurs aisément sur la photo ci-dessus une toile de Dubuffet, une anthropométrie généreuse de Klein contrastant avec la femme debout bien décharnée de Giacometti. En fait, chaque œuvre est ponctuée de son histoire mais le visiteur doit pencher sa tête à travers la lucarne derrière le mur blanc pour y avoir accès. On découvre ainsi les œuvres et leur histoire dans un sorte de chassé croisé  ludique et captivant.

Cet étage propose également un parcours historique sur les établissements d’art moderne construits en France depuis 1937 avec des maquettes, des dessins et des éléments filmés. L’occasion de faire le point sur les lieux que vous n’avez pas encore visité et qui restent à découvrir

La Galerie 3 (et lorsque vous y parviendrez vous serez fatigué mais comblé) interroge notre rapport au chef-d’œuvre. L’apparition de la photographie, de la vidéo ou du support numérique a en effet modifié notre manière d’aborder l’œuvre. Sans proposer de réponse précise mais ouvrant simplement la voie aux interrogations de chacun,  ce dernier chapitre invite à repenser la place et l’avenir du chef-d’œuvre face aux copies et aux reproductions.

Lorsque je lis les mots de Laurent Le Bon, directeur du Centre Pompidou-Metz, je ne peux m’empêcher de penser qu’il a bien fait son travail  :

« Tout sera mis en œuvre pour provoquer la surprise, l’émerveillement, le plaisir et pour stimuler et renouveler sans cesse l’intérêt des publics pour l’art contemporain. »

BRAVO !

http://videos.arte.tv/fr/videos/le_centre_pompidou_metz_les_architectes_shigeru_ban_et_jean_de_gastines-3215756.html

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À propos de Pauline Weber

Tribulations intimes au coeur de mes passions : l'art, la mode, la beauté, la littérature, la gastronomie et les voyages. Au gré de mon inspiration et des influences de la sphère créative, je vous livre ici mon agenda esthétique et culturel. « La peinture c’est comme une fenêtre à travers laquelle on pourrait s’envoler vers un autre monde » Chagall

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