Le Brésil, terre d’avenir

Ja estou de volta do Brasil !

L’occasion de revenir sur cet ouvrage de Zweig fort intéressant qui bien que s’enfermant parfois dans un point de vue occidental idéaliste, a le mérite de faire une belle synthèse (non-exhaustive : l’auteur lui-même reconnait qu’il n’a pas tout vu du Brésil… et l’Amazonie en fait partie) sur ce pays troublant, merveilleux, paradoxal…

Souvenirs de voyages sur fond de morceaux choisis :

« Puis vint le débarquement à Rio, une des impressions les plus puissantes de ma vie. J’étais à la fois fasciné et bouleversé. Car ce qui se présentait à moi n’était pas seulement un des plus magnifiques paysages de la terre, cette combinaison unique de mer et de montagne, de ville et de nature tropicale, mais encore une forme toute nouvelle de civilisation. Je découvris contre toute attente l’ordre et la netteté architecturale d’un urbanisme tout à fait personnel, de la hardiesse et de la grandeur dans toutes les nouveautés, en même temps qu’une culture ancienne, préservé avec un bonheur tout spécial par la distance. Il y avait là de la couleur et du mouvement, l’oeil étonné ne se lassait pas de regarder, et où que portât le regard, c’était pour sa félicité. Une griserie de beauté et de bonheur s’empara de moi, excitant mes sens, tendant mes nerfs, élargissant mon coeur, emplissant mon esprit et quoique je visse, ce n’était jamais assez. »

« La mer s’offre à tous, la beauté s’étale partout, la vie est bon marché (ce n’est plus d’actualité ;-)), les gens sont aimables (en revanche, c’est toujours le cas :-)), et les surprises quotidiennes, qui rendent l’existence si joyeuse, sans qu’on sache pourquoi, sont inépuisables. L’atmosphère a quelque chose de doux et d’enivrant qui vous rend peut-être un peu moins énergique et moins batailleur. On est comblé par l’instant, on se sent satisfait et rassasié, le paysage vous apporte insensiblement cette consolation secrète qui émane de tout ce qui est beau et unique sur terre. La nuit avec ses millions d’étoiles et de lumières, le jour, avec ses couleurs claires, aveuglantes et explosives, au crépuscule, avec ses brouillards légers et ses jeux de nuages, sous la chaleur parfumée, comme sous les orages tropiques : cette ville est un enchantement continuel. Plus on la connaît, plus on l’aime, et pourtant, plus on la connaît, moins on peut la décrire ».

« On est confondu, dès l’abord, par une telle luxuriance. Tout est véhément, le soleil, la lumière, les couleurs. Le bleu du ciel vibre ici plus fortement, le vert est profond et saturé, la terre rouge et grasse ; nul peintre ne peut trouver sur sa palette des couleurs plus éblouissantes, plus chatoyantes que celles du plumage des oiseaux ou des ailes des papillons. La nature est toujours ici au superlatif : les orages qui déchirent le ciel du grondement de leurs éclairs, les pluies qui tombent en torrents, la végétation exubérante qui en quelques mois couvre la terre de déserts verts. Mais la terre elle-même, depuis de longs siècles inviolée et pas encore poussée à produire au maximum, répond ici avec une force presque incroyable à la moindre sollicitation. »

Ici, l’auteur fait essentiellement référence à Rio mais l’oeuvre fait la part belle à l’histoire et à l’économie du Brésil qui représentent à eux-même les 2/3 de l’ouvrage et qui se révèlent être de passionnants chapitres. Accrochez-vous, vous ne le regretterez pas.

Zweig s’autorise même quelques pointes d’humour. C’est cinglant de vérité mais hautement pardonnable !!

« La ponctualité existe dans la mesure où l’on sait que toute conférence, tout concert commencent à peu près un quart d’heure ou une demi-heure après l’heure annoncée; si l’on règle sa montre comme il faut, on ne manque rien et on s’adapte. La vie en soi est plus importante ici que le temps. »

La suite au prochain épisode…

SAUDADES !!!

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À propos de Pauline Weber

Tribulations intimes au coeur de mes passions : l'art, la mode, la beauté, la littérature, la gastronomie et les voyages. Au gré de mon inspiration et des influences de la sphère créative, je vous livre ici mon agenda esthétique et culturel. « La peinture c’est comme une fenêtre à travers laquelle on pourrait s’envoler vers un autre monde » Chagall

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