Culture mode : Louis Vuitton-Marc Jacobs et Helmut Newton s’invitent à Paris

Retour en images et en mots sur deux expositions qui célèbrent la mode, l’art et la création.

Louis Vuitton – Marc Jacobs au Musée des Arts Décoratifs

Voyage au coeur du luxe, du savoir-faire et de l’artisanat ou gros coup de pub pour la maison Vuitton ?Libre à chacun de se forger sa propre opinion.
Quoiqu’il en soit la scénographie est assez exceptionnelle.
Au premier étage, l’espace a été entièrement revu pour les besoins de l’exposition. Les murs ont été recouverts de bois gris laqué, ce qui donne une âme nouvelle, plus intime au lieu. La première partie est consacrée à l’histoire de Louis Vuitton en tant que malettier et fait écho à l’exposition « Voyage en Capitale » qui a eu en 2011 au Musée Carnavalet. Les malles d’époque sont présentées dans de grandes vitrines et côtoient costumes et accessoires du XIXème siècle.

On découvre alors la toile cirée d’origine, dite « Trianon », très en vue à l’époque car imperméabilisante, la toile rayée (1877) et bien entendu, la « toile Damnier » (1888) à laquelle Louis Vuitton intègre son nom pour se protéger des contrefaçons. En 1896, Georges Vuitton perpétue cette tradition après la mort de son père en créant le célèbre Monogram « LV ». La maison devient alors spécialiste en « emballage des modes » et sera à l’origine de nombreuses innovations pour satisfaire les besoins de la bourgeoisie et de sa garde-robe toujours plus ample.

Au second niveau, on entre avec frénésie dans l’univers de Marc Jacobs, cet homme visionnaire qui a fait basculer le destin de la maison dans la culture pop et l’art contemporain. Des murs d’inspirations alternant images animées, extraits de films, musique, photographies et oeuvres d’art nous plongent dans le monde hétéroclite du créateur américain. La fameuse parodie de la Joconde « L.H.O.O.Q » de Duchamp est également présente.

Une immense vitrine arbore ensuite une kyrielle de sacs, placés dans des écrins dentellés qui ressemblent étrangement à de petits moules à gateaux. A croire que la maroquinerie Vuitton est un gourmand plaisir…. De formats et styles variés, ces sacs reprennent ainsi quinze ans de création.

Les salles suivantes mettent en scène les défilés emblématiques de ces dernières années (liste non exhaustive) :

  • automne-hiver 2011-2011 avec ses robes bustier corsettées très années 50
  • automne-hiver 2011-2012 avec son ascenseur majestueux, ses mannequins en tenue de soubrette et Kate avec sa cigarette à la main
  • printemps-été 2012 avec son carrousel, ses cols Claudine, ses couleurs pastel, ses robes à motifs floraux et broderies anglaises

« Pour certains, la vie n’a pas de sens sans la mode, pour moi c’est la mode qui n’a pas de sens sans la vie. » MJ

La fin de l’exposition traitent des collaborations artistiques avec Stephen Sprouse et ses graffitis (2001) et Takashi Murakami et son univers « superflat » coloré (2003).

« Je crois que dans le domaine de la création, personne ne fait rien tout seul. J’aime cette citation qui dit : le tout est égal à la somme de ses parties. » MJ

Enfin, ce sont les nurses de Richard Prince (2008) qui clôturent l’exposition : une des mannequins semble d’ailleurs nous dire au revoir de la main.

Mais c’est la petite statuette de Marc qui a le dernier mot, trônant et tournant tel un trophée. Culte du créateur ?

Helmut Newton au Grand Palais

A la fois chronologique et thématique, cette rétrospective, la première depuis la mort du photographe en 2004 a été conçue en collaboration avec sa femme Jude Newton. Elle-même photographe sous le nom de Alice Springs, elle a accompagné Helmut Newton pendant presque 60 ans.

Les ambitions de l’exposition sont fortes et veulent montrer la richesse et la complexité de l’oeuvre de Newton qui ne se résument pas seulement à des photographies de mode ou à des nus. Le photographe maniait également avec brio l’art du portrait mais aussi du paysage.

Newton s’inscrit pleinement dans l’histoire de l’art avec un grand A :

Certaines de ses photos ne sont pas sans rappeler la pose d’un célèbre tableau de Velazquez (Vénus à son Mirroir)

D’autres, une scène de film de Hitchcock (La Mort aux Trousses)

Sa proximité avec Yves Saint Laurent est également emblématique et terriblement touchante. En saisissant le smoking  YSL sur papier glacé, il l’a immortalisé et inscrit dans l’histoire.

Inventeur du « porno-chic », Newton n’a pas peur de jouer avec les codes de la vulgarité car il le fait avec humour. Les êtres qu’il met en scène dégagent tour à tour des sentiments de pouvoir, de domination, de vulnérabilité, de plaisir par la souffrance.

Helmut Newton a incontestablement joué un rôle prépondérant dans la photographie contemporaine à une époque où le « 8ème art » n’était pas considéré comme tel.

Toutefois, la scénographie de l’exposition reste assez plate. Il y a peu d’explications aux murs et l’on se contente d’un film en milieu de parcours où l’on peine à accéder tant l’espace est restreint. Certains clichés mériteraient pourtant d’être recontextualisés, argumentés pour qu’on puisse en percevoir toute la teneur. D’autres laissent par ailleurs, un arrière goût de Vogue dont on finit par faire une overdose. Une petite déception quand même pour cette exposition tant attendue…

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À propos de Pauline Weber

Tribulations intimes au coeur de mes passions : l'art, la mode, la beauté, la littérature, la gastronomie et les voyages. Au gré de mon inspiration et des influences de la sphère créative, je vous livre ici mon agenda esthétique et culturel. « La peinture c’est comme une fenêtre à travers laquelle on pourrait s’envoler vers un autre monde » Chagall

3 Commentaires

  1. Pingback: Agenda culturel Eté 2012 « Théâtre de la Création

  2. Très belles photos. Un vrai plaisir esthétique !

  3. Flythe

    Chère Pauline, c’est toujours avec plaisir que je découvre tes mises à jour et j’apprécie beaucoup de te lire…
    tu t’exprimes d’une façon très clair et dans ton dernier article sur LV, on sent la passion et le respect pour l’oeuvre de MJ – DJ de la création contemporaine…
    En attendant la suite,
    bien à toi
    Flythe

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