Jennie Jieun Lee, la céramique à fleur de peau

Exposition « Smile Purgatory » de Jennie Jieun Lee à la Galerie Lefebvre et fils Jusqu’au 11 octobre 2014  (Attention la galerie est fermée du 05 août au 30 août inclus)

C’est d’un coup de cœur de Louis Lefebvre pour l’artiste américano-coréenne qu’est née cette première exposition en France.

« Je suis quelqu’un qui fonctionne vraiment à l’émotion et là, ça a été flagrant. J’ai vu ses céramiques et notre collaboration m’est apparue comme une évidence » souligne-t-il le sourire aux lèvres. Le galeriste, spécialisé dans la céramique française et contemporaine, a rencontré Jennie Jieun Lee dans le cadre d’un show curaté par Eddie Martinez à la Galerie Martos de New York. L’entente fut immédiate. C’était en février dernier. Depuis, l’histoire a fait son chemin.

Frank

Jennie Jieun Lee vient du monde de la mode – elle a été directrice artistique de la marque de prêt-à-porter Libertine – mais son cœur a toujours balancé du côté de l’art. « J’ai atterri dans la mode complètement par hasard. Finalement c’était plus une question d’opportunité » avoue-t-elle.

Après s’être essayée à la peinture et à la gravure, Jennie Jieun Lee se focalise rapidement sur la céramique. Ce médium traditionnel, particulièrement apprécié en Asie, lui permet une certaine perte de contrôle et laisse place au champ libre de l’expérimentation.

Miroir de sa pathologie passée, les œuvres de Jennie Jieun Lee s’inscrivent dans la lignée expressionniste. Au fil de son imagination, les couleurs se rencontrent et fusionnent, laissant entrevoir le visage d’une société en mal de spontanéité et de sincérité, comme des mannequins désincarnés sur papier glacé.

Grenny and Jam

L’agoraphobie a été un point de départ dans ton travail de la céramique, comment envisages-tu le processus créatif maintenant que tu es guérie ?

 Mon travail emprunte moins à mes souvenirs du passé qu’à mon évolution en tant qu’artiste et spectatrice des comportements individuels et sociaux. Aujourd’hui guérie de l’agoraphobie, lorsque je crée, je n’ai plus peur. Smile Purgatory à la Galerie Lefebvre & fils est une sorte de description des visages que chacun arbore en public – les visages que nous portons tous pour jouer dans le Théâtre du Monde.

 – Que penses-tu du fait que l’on qualifie ton œuvre « d’expressionniste » ? Te sens-tu en phase ou dans la lignée d’artistes appartenant à cette avant-garde ? Je pense en particulier à James Ensor ou Oskar Kokoschka. 

 Effectivement, je me sens très proche de l’expressionnisme et de ses différentes écoles. L’expressionnisme abstrait est un des mouvements qui m’a le plus marqué étant enfant lorsque ma mère nous emmenait au MoMA ou au Guggenheim à New York. L’utilisation massive de la couleur et la ferveur sont des valeurs artistiques que je partage. Récemment, j’ai également été très touchée par les céramiques de Asger Jorn, par Lucio Fontana et par la gestuelle des peintures de Marlène Dumas.

JJL

– Que représente pour toi la céramique ? Pourquoi l’as-tu choisie comme support plutôt qu’un autre ?

 J’ai découvert la céramique à l’université. J’ai tout de suite été séduite par la patience qu’elle impose. La céramique vous oblige à attendre, à cause des nombreuses étapes nécessaires de cuisson… J’ai tendance à être extrêmement critique et je perds rapidement patience mais avec la céramique ça ne me dérange pas de perdre le contrôle puisque je ne l’ai jamais eu ! Si j’apprécie le travail de la céramique, je pense toutefois revenir à des sculptures de plus grande échelle, inspirées de mes œuvres récentes.

– Comment appréhendes-tu la relation avec ton galeriste ? Quelles sont pour toi les recettes du succès ?

J’ai rencontré Louis l’année dernière et c’est devenu un ami formidable. Son énergie et sa culture m’inspirent et je suis honorée d’être exposée dans sa galerie, vieille de plus d’un siècle et riche d’histoires. Pour moi, la recette du succès est de toujours garder à l’esprit le proverbe « To thine own self be true » (Toujours être vrai) et d’aider les autres.

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À propos de Pauline Weber

Tribulations intimes au coeur de mes passions : l'art, la mode, la beauté, la littérature, la gastronomie et les voyages. Au gré de mon inspiration et des influences de la sphère créative, je vous livre ici mon agenda esthétique et culturel. « La peinture c’est comme une fenêtre à travers laquelle on pourrait s’envoler vers un autre monde » Chagall

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