Je suis une Fille Spaghetti 

Je ne sais pas vous mais pour ma part, la fin de l’hiver se fait longue et je rêve déjà de mes étés inscouciants entre les Cinque Terre, la Toscane et Venise. Étant Niçoise d’origine (qui est à mon sens la plus italienne des villes françaises), mon cœur bat inlassablement au rythme de l’Italie.

D’ailleurs, quand je pars en vadrouille sur le pourtour méditerranéen,  j’y passe au moins la moitié de mon temps au risque de bouder la Provence… Il faut dire que la pasta (alla vogole) è molto buona, la pizza deliziosa (et à prix décent) et la milanesa à tomber (c’est mal pour la végétarienne contrariée que je suis)… Sans parler de l’art et de la mode. Je ne développerai pas ici sinon je risque de m’egarer.

Tout ça pour vous dire que si vous voulez mettre un soupçon de chaleur et de sauce tomate dans votre cœur, le dernier numéro de Paulette saura vous combler à mille pour-cent. Il faut dire qu’on a mis les bouchées doubles 🍝🍝🍝🍝

Pour ce 27ème numéro, je vous emmène dans la rubrique blabla voir Bettina Rheims à la MEP avec Monica Belluci en sexy mama italiana.


Et je vous invite également à la découverte d’une pratique en plein renouveau emplie de sensualité : la céramique 🤗

Belle lecture les Paulette 🇮🇹🇮🇹🇮🇹🇮🇹



La mode est morte, vive la mode !

Minny Hoche

Li Edelkoort est une figure éminente de la mode. En 2003, le Time Magazine l’a sacrée comme l’une des vingt-cinq personnes les plus influentes dans la mode et l’année suivante elle a été désignée comme l’une des quarante personnes les plus actives dans le design par Icon Magazine. La chasseuse de tendances vient de publier un manifeste en dix points pour expliquer pourquoi la mode telle qu’on la connue n’existe plus. Cette mode qui poussait à la différence, qui permettait d’adopter une silhouette nouvelle, de changer d’allure, de marcher et se tenir autrement. Azzedine Alaïa serait le dernier grand couturier. Tout le monde se serait mis à faire des vêtements et non de la mode, essentiellement pour des raisons commerciales et techniques. Il a fallu aller plus vite, vendre plus de sacs que de prêt-à-porter, multiplier les collections. Li Edelkoort s’élève aussi contre le designer diva, à l’égo sur-dimensionné, encouragé dans ses excès…

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Art Basel Hong Kong 2014 : Quand la Chine s’éveillera

La deuxième édition de Art Basel Hong Kong vient de s’achever.
Retour sur les temps forts de la foire, point de rencontre privilégié entre l’Orient et l’Occident.

Gu Wenda, Encounters
Gu Wenda, Encounters

En parcourant les allées le jour de l’ouverture, je suis surprise par la quiétude des lieux qui tranche avec l’effervescence quasi-hystérique des vernissages des foires occidentales. Une certaine langueur se dégage et je finis par me demander si c’est la foire qui manque d’énergie ou si c’est moi qui suis tout simplement victime du jet-lag.

Premier constat : ici, les collectionneurs prennent leur temps. Ils ne réservent pas et ne se précipitent pas pour acheter comme à l’accoutumée où l’on n’en finit plus d’organiser des visites en avant-première pour les collectionneurs privilégiés. De plus, le calendrier n’aidant pas, la plupart des grandes galeries enchaînent avec la Frieze de New-York fraîchement terminée. Difficile d’afficher une santé de fer malgré les enjeux.

Une conclusion qui n’a pas échappé aux organisateurs qui ont décidé de déplacer la Art Basel Hong Kong à mi-mars en 2015 afin que les patrons des galeries répondent présents et se préparent de manière optimale.

Galleria Continua
Galleria Continua

Les enjeux sont en effet de taille. Si la foire helvétique a choisi d’apposer son label en rachetant l’ancienne « Hong Kong Art Fair », c’est aussi parce que l’ex colonie britannique est une porte d’entrée stratégique en Chine et en Asie pour le business de l’art.

Port franc, dédouané de taxes à l’importation et à l’exportation, les capitaux y affluent librement, le luxe s’y affiche fièrement, favorisant ainsi la rencontre de l’art et de l’argent.
Autre fait important, le marché de l’art chinois s’est hissé en 2010 à la deuxième place mondiale, laissant pressentir, malgré des résultats en dents de scie, un potentiel de progression vertigineux pour les prochaines décennies.

Derrière cet engouement pour la Chine à l’image du thème de la dernière édition de Art Paris, j’ai voulu en savoir plus sur la réalité du marché local et tenter de définir le profil du collectionneur chinois. Pour ce faire, j’ai interviewé un certain nombre de galeries afin de recueillir leur sentiment.

Duane Hanson,, Chinese Student, Van de Weghe Fine Art
Duane Hanson,, Chinese Student, Van de Weghe Fine Art

Pour Jason Cori, directeur de la Galerie Almine Rech à Bruxelles, « le marché de l’art en Chine reste un marché qui fonctionne à deux vitesses avec des collectionneurs locaux qui ont tendance à acheter via des galeries présentes dans la région. »

« Il cache la réalité de l’Asie. C’est un marché énorme qui ne tardera pas à nous supplanter par son potentiel et sa population mais pour le moment, nous ne sommes pas face à un vrai public d’avertis » renchérit Georges Armaos, responsable des ventes à la galerie Gagosian de New-York. En effet, comme le souligne Helen Windsor de la Thimothy Taylor Gallery à Londres, « les Asiatiques commencent à comprendre de plus en plus l’esthétique occidentale mais cela prend du temps. Nous venons à Hong Kong depuis 5 ans dans le but d’instaurer un véritable dialogue avec l’Asie mais déjà à l’époque, on nous avait avertis qu’il faudrait être patient. Dix ans au minimum. Les habitudes sont ici très différentes tant d’un point de vue esthétique que business. »

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White Space Beijing

Face à cela, les grandes galeries font généralement le choix d’imposer aux collectionneurs locaux leur vision de l’art tandis que les galeries plus émergentes tirent leur épingle du jeu en s’adaptant à la demande locale.

Chez Thaddaeus Ropac, présente depuis 5 ans sur la foire de Hong Kong, un seul artiste chinois – Yan Pei-Ming – est représenté. « L’éventail d’artistes que nous proposons à Art Basel Hong Kong est le même que dans les autres foires. Bizarrement, nous avions cru au début que les collectionneurs chinois avaient des goûts et des attentes spécifiques mais pas du tout. À cet effet, ils achètent du Baselitz alors qu’ils ne le connaissent pas. C’est vraiment une question de goût, un choix esthétique » atteste Arne Ehmann qui travaille depuis plus de quatorze ans à la Galerie de Salzburg.

Georg Baselitz
Georg Baselitz

Sous mes yeux, trône une des dites toiles de l’octogénaire allemand. Au format imposant, elle regroupe en son sein les caractéristiques propres à sa peinture: dripping, emploi de la couleur et héritage expressionniste. Cette dernière n’échappe pas au regard de plusieurs acheteurs potentiels qui se renseignent sur l’œuvre et son prix. Elle sera finalement vendue le troisième jour de la foire, le vendredi, pour la somme de 480 000 euros.

A la Galerie Perrotin, la sélection présentée met l’accent sur l’univers du manga. Avec deux artistes chinois à son actif – Chan Fei et Gao Weigang – le galeriste de la rue de Turenne a également un avantage de taille en proposant des artistes japonais qui se vendent très bien. Ils s’appellent Takashi Murakami, Aya Takano, Mr. et Kaz Oshiro.

Gao Weigang, The Stairs
Gao Weigang, The Stairs
Mr, So Sweet, Galerie Perrotin
Mr, So Sweet, Galerie Perrotin

Car si l’art chinois et l’art japonais sont très différents esthétiquement parlant, ils jouissent de la même aura auprès du collectionneur local. Enfant terrible de l’art, Emmanuel Perrotin a très vite compris le potentiel naissant de Hong Kong. En mars 2012, il prend ses quartiers sur Connaught Road dans un building signé de l’architecte André Fu. Niché au 17ème étage, la Galerie offre une vue imprenable sur la baie de Hong Kong et propose dans sa boutique toute une panoplie d’objets « kawaï ». Peluches, porte-clés, affiches numérotées sont manipulés avec le soin d’un bijoutier aux doigts de velours. On se croirait presque dans une boutique du luxe.

Constat quasi-général auprès des galeries, le marché de l’art chinois affiche une santé financière florissante et les changements sont visibles d’une année à l’autre. « Nous sommes très satisfaits des résultats de la foire » affirme Nicolas Nahab, directeur des ventes à la Marian Goodman Gallery. « Le collectionneur local découvre petit à petit l’art contemporain occidental et est plus averti ».

Yang Fudong, Marian Goodman Gallery
Yang Fudong, Marian Goodman Gallery

Auparavant, les galeries occidentales présentes en Chine misaient essentiellement sur une clientèle d’expatriés. Aujourd’hui, la situation s’est inversée.
« Les acheteurs chinois ont augmenté de manière significative cette année » précise Aenon Loo de la White Cube, présente à Hong Kong à la même adresse que la Galerie Perrotin. Selon lui, ces nouveaux collectionneurs achètent exclusivement des artistes établis et ne veulent que des grands noms du marché de l’art. Un avis que les galeries d’art multinationales partagent à l’image de Gagosian. Avec 12 galeries réparties dans le monde entier, le marchand d’art de Beverly Hills a une stratégie extensive inédite. Lorsque j’ai demandé à Georges Armaos, s’ils étaient à l’écoute des spécificités locales et enclins à découvrir de nouveaux artistes, j’ai été plus que surprise par sa réponse détonante : « C’est aux petites galeries de découvrir les artistes émergents. Nous ne prenons que les artistes établis et on fait exploser leur côte. Ça a toujours été notre stratégie. En matière d’art contemporain, nous sommes beaucoup plus puissants que Sotheby’s et Christie’s. »

White Cube Gallery, Damien Hirst
White Cube Gallery, Damien Hirst

A l’image des codes esthétiques que les grandes maisons de luxe érigent chaque nouvelle saison sur les défilés et les tapis rouges, les mastodontes du business de l’art contemporain se prétendent les garants du « bon goût » auprès des collectionneurs locaux.

Un point de vue qui ne fait cependant pas l’unanimité. Selon Edouard Malingue qui s’est établi en 2010 à Hong Kong, « le collectionneur local est au contraire multi-facettes. Il y a ceux qui recherchent spécifiquement de l’art chinois contemporain. D’autres qui sont plus portés sur l’art chinois traditionnel comme la calligraphie. Et bien entendu ceux qui achètent « statutaire » en faisant l’acquisition de grands noms mondialement reconnus mais ce n’est qu’une minorité. »

Doug Aitken, Fortune, 303 Gallery
Doug Aitken, Fortune, 303 Gallery

Passé l’engouement général pour certaines stars de l’art contemporain les galeries, quelle que soit leur taille, devront s’adapter de plus en plus aux spécificités locales afin de soutenir la demande et de développer le marché de manière pérenne. D’autant que le collectionneur chinois se montre particulièrement volatil. Il ne se reconnaît pas facilement tant au niveau du look que de l’attitude.

Hong Kong doit aujourd’hui faire face à un défi majeur car, si elle regorge de galeries concentrées dans les buildings de Central, la ville ne dispose à ce jour d’aucun musée d’art moderne et contemporain à la hauteur de son développement artistique fulgurant. Une carence qui sera comblée à l’horizon 2017 par l’ouverture du M+ sur la baie de Kowloon. Affaire à suivre.

Contact : pauline.weber@theatredelacreation.com

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Il nous a cl »Houellebecq »

Après avoir été évincé en 1998 pour les Particules Elémentaires , en 2001 pour Plateforme et quatre ans plus tard (à une voix près) pour La Possibilité d’une île, Houellebecq a enfin été couronné par le Prix Goncourt 2010 pour son dernier roman : La Carte et le Territoire. Il est vrai que celui qui se décrit comme un solitaire semblable à une « vieille tortue malade » se montre ici plus « soft » que dans ses précédents romans.
Il affiche un style épuré et aborde des thèmes moins polémiques que la débauche sexuelle à l’image de l’art, l’argent, l’amour, le terroir, les rapports père-fils, la mort etc. De plus, ce dernier roman tranche avec les précédents car il montre en toile de fond un auteur plus apaisé et qui semble, dans une certaine mesure, s’être réconcilié avec ses vieux démons. En effet, Houellebecq a vieilli : il s’est assagi et affronte avec davantage de sérénité la condition fragile de l’homme et son avenir dans les sociétés occidentales.

Emprunt à des critiques virulentes à son égard, Houellebecq a été pendant de nombreuses années dépeint comme quelqu’un de cynique et sinistre. Pourtant, ceux qui auront cerné la sensibilité de l’auteur apprécieront sans polémique son détachement naturel, caractéristique de sa personnalité. Car comme le dit si justement Frédéric Beigbeder,  « le plus houellebecquien des personnages c’est Houellebecq lui-même ».  C’est un homme profondément libre qui se fiche des conséquences et qui n’hésite pas à déclarer publiquement que « la religion la plus con, c’est quand même l’Islam »[1]. Provocateur scandaleux, Houellebecq n’en demeure pas moins un grand écrivain et le Goncourt le rappelle en consacrant une œuvre considérable qui gagne à être lue dans son ensemble pour être appréhendée à sa juste valeur. Les romans de Houellebecq sont  irrémédiablement à l’image de l’absurde décadence de la postmodernité.

La Carte et le Territoire se compose de trois parties qui relatent le destin de Jed Martin, un artiste plasticien qui semble réussir malgré lui.  Caractéristique des personnages houellebecquiens, Jed est un être profondément détaché mais pas complètement insensible. Le récit s’ouvre sur un événement de la vie quotidienne : un problème de plomberie survenue quelques jours avant Noël et qui semble avoir contrarié le protagoniste. On apprend ensuite que ce dernier a perdu sa mère (qui s’est suicidée à l’âge de 40 ans) et qu’il passe tous ses réveillons de fin d’année exclusivement avec son père, industriel accompli passionné par l’architecture mais désireux d’en finir avec la vie.  Au fil de l’histoire, Jed rencontre Olga lors du vernissage de son expo photos de cartes Michelin, « la Carte est plus intéressante que le Territoire ». Cette jolie russe travaille pour la communication du groupe Michelin et lui ouvre son carnet d’adresses le propulsant ainsi vers la voie du succès.  Malheureusement, cette dernière doit repartir en Russie. Il ne la retiendra pas. Jed renoue alors avec sa passion première, la peinture et enregistre un franc succès avec « Bill Gates et Steve Jobs s’entretenant de l’avenir de l’informatique »  (à défaut d’un « Damien Hirst et Jeff Koons se partageant le marché de l’art » que le peintre avait préalablement détruit, faute de satisfaction).

Dès la deuxième partie, Houellebecq opère une étonnante mise en abyme en  se confrontant à son héros pour lequel il doit écrire la préface de son catalogue.  On découvre alors un Houellebecq qui ne manque pas de s’ironiser et s’amuse à se diaboliser. La troisième partie apparue plus faible aux yeux de certains, affiche un style résolument nouveau puisque Houellebecq s’essaie dans l’art du polar et il y arrive plutôt bien. On a alors l’impression que l’on passe d’un roman d’amour à un roman policier. C’est tellement intriguant que l’on est curieux de voir où l’auteur nous emmène. Les romantiques que nous sommes parfois auraient peut-être attendu un autre rebondissement dans la vie de Jed Martin mais il n’en est rien car La Carte et le Territoire c’est avant tout un autoportrait réaliste qui s’inscrit dans le cheminement intellectuel de Houellebecq.


[1] Lors d’une interview pour Lire à la sortie de Plateforme en 2001

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