Pharrell Williams commissaire d’exposition, coup de pub ou coup de génie ?

Murakami Pharrell
Takashi Murakami « Portrait of Pharrell and Helen Williams »

Juger cette exposition, ouverte lundi soir en grande pompe dans le nouvel espace de la Galerie Perrotin, m’a confrontée à la même difficulté d’appréciation que le supermarché Chanel de Karl Lagerfeld. On emploie les grands moyens, ça amuse la galerie, les peoples sont au rendez-vous et surtout les médias en parlent. Faire preuve de discernement face à tout cela devient souvent un exercice périlleux.

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JR, Jean-Michel Othoniel et Daniel Firman

Pharrell Williams s’improvise commissaire d’exposition. Je serais presque tentée de dire un brin ironique : « [Ça] me plait. Quel événement ! » pour plagier les mots de Duras, dans Hiroshima, mon amour. En effet, devant la nouvelle, je n’ai pu m’empêcher de m’interroger sur la starification grandissante des commissaires d’expositions dans l’art contemporain mais aussi sur leur légitimité. Moins formatés que les traditionnels conservateurs, les commissaires d’exposition – du latin curator, qui prend soin – ne se contentent pas d’être experts en histoire de l’art, critiques ou écrivains. Ils cherchent au contraire à sortir des sentiers battus en prenant de vrais partis-pris. Ils font bouger les lignes, provoquent de l’inattendu, apportent un vent frais à la manière des directeurs artistiques des grandes maisons de mode. Et étant donné qu’il n’y a pas de formation type pour atteindre ce graal, s’autoproclamer commissaire d’exposition est devenu aujourd’hui pratique courante.

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Face à sa nouvelle fonction, le chanteur touche-à-tout fait tout de même preuve d’humilité et se considère encore en apprentissage… « Avec les artistes visuels, je suis comme un étudiant, j’apprends tellement à leurs côtés. » Pharrell, génie surdoué de l’industrie musicale mais pour l’heure, encore « baby curator ».

Celui dont les ritournelles Get Lucky et Happy nous font danser mécaniquement depuis plusieurs mois, souhaite rendre ici hommage aux femmes. Vaste programme, et des plus délicats…! Ceci dit, en s’inscrivant dans la lignée patronymique de son album baptisé « G I R L », Pharrell a déjà le mérite de faire preuve de cohérence. Mais bizarrement en découvrant l’exposition, je n’ai pas vraiment l’impression que les femmes soient au cœur du propos : elles m’apparaissent davantage en support qu’en véritable sujet. D’autant que Pharrell ne recule pas quand il s’agit de faire preuve de narcissisme voire de mégalomanie, à l’image de cette sculpture faite de résine et de verre brisé que Daniel Arsham a tout spécialement concocté pour l’occasion et qui semble nous murmurer « Pharrell, ce Dieu tout puissant ».

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En s’auto-adulant, l’apprenti-commissaire nous fait vite perdre le fil de l’exposition qui s’apparente davantage à une accumulation de grosses pointures de l’art qu’à un véritable dialogue créatif. Bien sur, l’exposition reste très premier degré et n’entend pas révolutionner nos idées sur le féminisme. Si vous recherchez quelque chose de plus sensible et profond, filez voir Chen Zhen avant le 07 juin dans l’espace principal de la Galerie au 76 rue de Turenne. Ici, les œuvres doivent être prises sur le ton de l’humour, comme ce « savoureux » cliché de Terry Richardson qui, en phase avec sa réputation sulfureuse, dévoile un sexe féminin orné au trois quart d’une friandise portant la mention « eat me ». Tout un poème…

Terry Richardson, Eat me

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Mais elles sont parfois aussi un peu plates comme ce nu sans intérêt de Alex Katz, artiste que j’admire pourtant profondément. Il semblerait que la déception fasse aussi partie des émotions artistiques.

Sur les 37 artistes représentés, 18 sont des femmes, de quoi presque contenter les inconditionnels de la parité ! Les Guerillas Girls clin d’oeil à l’exposition « elles@centrepompidou » ouvrent le bal, s’en suit Cindy Sherman désarmante de simplicité ou encore Aya Takano, fidèle du crew Perrotin dont l’univers manga touche par sa charge érotique innocente. Les références sont là mais la magie ne s’opère pas instantanément. Heureusement, l’exposition finit à mon sens en beauté. Car si elle fait la part belle dans sa majorité au clinquant et au bling-bling, la dernière salle qui réunit entre autres, Sophie Calle, Germaine Richier, Prune Nourry et Paola Pivi, rehausse enfin le ton et apporte de la substance à cette vaste machinerie commerciale.

Devant la frénésie aveuglante du marché de l’art et de façon plus générale de l’industrie du luxe, chacun est libre en effet de défendre sa propre esthétique et son sens critique… sans oublier de se laisser guider par l’essentiel : l’émotion.

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Monumenta 2014, un colosse aux pieds d’argile ?

« L’Etrange Cité », Ilya et Emilia Kabakov, Grand Palais, jusqu’au 22 juin 2014
L’Etrange Cité

Se confronter aux 13 500 m² de la Nef du Grand Palais n’est pas une mince affaire. En témoigne cette sixième édition de Monumenta où le couple Kabakov nous propose de voyager dans l’utopie de leur « étrange cité ». À la leur de projets à la fois artistiques et scientifiques, le parcours décomposé en neuf étapes, entend transmettre une vision progressiste de l’humanité et invite à rêver.

La coupole et l'entrée de la cité
La coupole et l’entrée de la cité

Certaines installations sont en effet plus accessibles, plus immédiates par leur poésie intrinsèque : la coupole aux sons et lumières, le musée vide rythmé par la Passacaille de Bach ou encore l’allégorie de l’ange comme aspiration au bonheur.

Le musée vide
Le musée vide
Comment rencontrer un ange ?
Comment rencontrer un ange ?

D’autres interpellent à l’image de la reconstitution de Manas, cité disparue du Tibet qui « a la particularité d’être sur Terre et d’avoir son double dans le ciel. » En faisant appel à une multitude de références à la fois bibliques, historiques ou esthétiques, le visiteur se perd et peine à faire le lien entre les différents espaces. Tour de Babel, Monument à la Troisième Internationale de Tatline, vicissitudes de l’ère Soviétique, chapelles de la Renaissance s’ordonnent de manière énigmatique et ambiguë. 

Les portails
Les Portails

L’œuvre des Kabakov a certainement besoin de temps pour être appréhendée, digérée. Pourtant, lorsque l’on repense à l’intention première de Monumenta qui est de « faciliter la rencontre entre l’art contemporain et les publics », on ne peut s’empêcher de croire que le projet s’enferme ici dans un hermétisme certain. L’intention est bonne, savamment documentée, illustrée mais le résultat est inégal.

La chapelle blanche
La chapelle blanche

L’œuvre souffre de son format. Phagocytée et réduit à la taille de ses maisonnettes, elle s’écrase sous la verrière du Grand Palais et n’exploite pas l’immensité de l’espace. Cet écueil était mon appréhension première lorsque j’avais découvert les maquettes du projet en 2013, juste après sa suspension par le Ministère de la Culture. La Nef du Grand Palais est en effet incroyable tant par son volume que par sa verrière étincelante de lumière, aspects que l’Etrange Cité ne parvient pas à honorer. En 2012, j’avais déjà été frappé par la proposition de Daniel Buren, démesurément basse, en comparaison avec le « Léviathan » gonflé à l’hélium d’Anish Kapoor qui tel un monstre géant siégeait omnipotent. J’avais cependant apprécié la manière dont l’œuvre quadrichromique de Buren jouait avec la lumière et la transparence de la verrière. Ici, les Kabakov nous entrainent dans un labyrinthe aux allures méditerranéennes où des bâtisses dépourvues de fenêtres aveuglent par leur blancheur immaculée. Un choix qui s’avère somme tout limité.

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Agenda Culturel printemps 2014

« Robert Mapplethorpe » , Grand Palais, jusqu’au 13 juillet 2014

C’est la première grande rétrospective en France, consacrée à cet « enfant terrible » de la photographie. Rassemblant plus de 250 clichés, l’exposition jette un regard plutôt timoré sur l’oeuvre subversive de Mapplethorpe de 1970 à sa mort précoce en 1989.

Mapplethorpe

Sexualité et pornographie sont en effet au coeur de sa démarche esthétique et de sa quête effrénée de perfection dans un New-York en pleine libération des moeurs. Les corps sont sculpturaux, puissants, masculinisés à souhait, presque faits de marbre et d’acier. Les fleurs se font à la fois délicates et sulfureuses, rappelant le travail pictural de O’Keefe dans les années 20. « Je cherche la perfection dans la forme. Dans les portraits. Avec les sexes. Avec les fleurs«  disait-il

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Une partie de l’exposition est consacrée à sa muse Patti Smith tandis qu’une pièce interdite aux moins de 18 ans, sorte d’enfer contemporain, dévoile les oeuvres les plus « sexuellement explicites ». Une série de portraits rassemblent enfin les plus grands avec entre autres Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Grace Jones, Cindy Sherman, Deborah Harry, Louise Bourgeois. Saurez-vous les reconnaître ? A l’image de Newton en 2012, cette rétrospective demeure toutefois trop courte et restreinte dans cet espace dénué de toute mise en scène. A regret.

Mapplethorpe

« Henri Cartier-Bresson », Centre Pompidou, jusqu’au 13 juillet 2014

HCB

« Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur. »

Riche de plus de cinq cents œuvres multi-supports (photographies, films, dessins, peintures…), cette exposition événement retrace les travaux du photographe, de ses débuts surréalistes à son épopée chez Magnum, tout en montrant des aspects autres de sa personnalité comme son engagement politique et son expérience du septième art. Dix ans après sa disparation, cette rétrospective a en effet pour vocation de renouveler l’héritage multiple de Henri Cartier-Bresson, génie en matière de captation de l’instant et profond témoin des grands tournants du XXème siècle.

La scénographie manque toutefois d’audace (comme souvent dans les expositions photos) et la densité quasi-encyclopédique de oeuvres présentées étouffe dans l’espace confiné de la galerie 2… Dommage !

Henri Cartier-Bresson

« Papier glacé : un siècle de photographies de mode chez Condé Nast », Palais Galliera, jusqu’au 25 mai 2014

 » I always felt we were selling dreams, not clothes. » Irving Penn

« J’étais intéressé par le sentiment du hasard, je voulais introduire la réalité de la vie dans ce monde artificiel. » Alexandre Liberman.

"Walter Chiari et Monique Chevalier sharing a bottle of Chateau Lafite-Rothschild" Bert Stern (1962)
« Walter Chiari et Monique Chevalier sharing a bottle of Chateau Lafite-Rothschild » Bert Stern (1962)

Plongez dans les archives des plus grands noms de la photographie de mode de 1918 à nos jours : Cecil Beaton, Irving Penn, Bruce Weber, Helmut Newton, Peter Lindberg, Paolo Roversi…! La liste est longue – environ quatre-vingts photographes – mais nous enchante. Une merveilleuse opportunité pour réviser ses classiques et (re)découvrir près de cent-cinquante tirages, sorte de compilation du meilleur de Vogue, Vanity Fair, Glamour et W.

Cette exposition thématique fait entrer en résonance le travail des photographes qui ont contribué à forger l’identité visuelle de ce magma de la presse avec en prime quelques créations de couturiers, magazines consultables sur écran et documentaires. Une jolie surprise, à ne surtout pas manquer que vous soyez un aficionado de photographie ou de mode.

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« Debbie Dickinson & Christie Brinkley » Albert Watson (1977)
 « L’Etat du ciel », Palais de Tokyo, jusqu’au 07 septembre 2014

edc-part1Autour d’une thématique au ton grave et éminemment politique, le Palais de Tokyo nous invite cette saison à réfléchir « aux circonstances physiques, morales et politiques de notre monde » et ce, à travers les propositions d’une dizaine d’artistes, dévoilées en trois volets.

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Le parcours débute avec Histoire de fantômes conçue par Georges Didi-Huberman en hommage à l’Atlas Mnémosyne de l’historien d’art Aby Warburg. Basée sur le thème de la lamentation, cette installation spectaculaire mêle vidéos projetées au sol, alternance de sons à la vocalité troublante et photographies de Arno Gisinger. Multi-sensorielle, elle nous incite à méditer sur notre faible condition au regard de l’Histoire et du nécessaire devoir de mémoire. 
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Une oeuvre qui fait écho au travail remarquable de Angelika Markul, Terre de départ. Avec le film « Bambi à Tchernobyl« , l’artiste nous confronte à une réalité que nous préférerions oublier, celle d’un passé honteux, d’une ville fantôme où la nature a progressivement repris ses droits face à une catastrophe écologique majeure. Par une réflexion globale et philosophique, l’artiste s’interroge ainsi sur la force des éléments et les erreurs de l’homme en inversant le flux des chûtes d’Iguaçu dans une vidéo qu’elle confronte à une installation transposant les conséquences dramatiques des accidents pétroliers et des marées noires. Bouleversant.
Petit bémol pour David Douard, dont la proposition « Mo »swallow » ne m’a pas émue et m’a même légèrement excédée. Protéiforme, cette première monographie entend questionner la toxicité de notre monde contemporain, les « maladies du réel » qui se propagent à la vitesse d’une rumeur. Un propos confus qui se disperse dans des réalisations plastiques  hermétiques et au discours incantatoire pour un visiteur non-averti.
« Alex Katz, 45 Years of Portraits. 1969-2014 », Galerie Thaddaeus-Ropac, jusqu’au 12 juillet 2014

Si vous ne connaissez ni Alex Katz, ni la grande sœur de la rue Debeylleme à Pantin, une double occasion de coup de cœur esthétique s’offre à vous !

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Tout d’abord parce que Alex Katz est un artiste de renom trop peu connu en France, à la peinture graphique qui mêle figuration du sujet sur fond de monochrome en contraste. Et aussi parce qu’avec ses 47 000 m², l’ancienne chaudronnerie reconvertie en temple de l’art est un véritable écrin baigné de lumière, prouvant que Pantin c’est aussi le « Grand Paris » – Chanel et Hermès y ont établi leurs ateliers respectifs, rappelons-le ! Monographie acidulée aux allures de rétrospective, l’exposition regroupera une centaine d’œuvres de 1960 à nos jours. Personnellement, j’ai découvert l’artiste américain à travers sa série sur la danse « Face the Music », et en dehors de ma sensibilité pour cette pratique, j’étais heureuse de voir enfin sur la scène contemporaine de la peinture, de la couleur et de la figuration…  Tout simplement !

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A venir :

Dries Van Noten, Inspiration, au Musée des Arts Décoratifsjusqu’au 31 août 2014

L’Etat du ciel, Partie 2, dès le 25 avril 2014

Lucio Fontana au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, dès le 25 avril 2014

Monumenta 2014, Ilya et Emilia Kabokov, dès le 10 mai 2014

Pierre Huyghe et Philippe Parreno : étranges étrangetés

Le Centre Pompidou et le Palais de Tokyo leur ont récemment consacré deux expositions. L’occasion de confronter leurs travaux respectifs, dont les fondements se font irrésistiblement écho.

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Quoi de commun en effet entre ces deux artistes ?

Tout d’abord, ils sont issus de la même génération et ont collaboré ensemble à travers Ann Lee, personnage de manga qu’ils ont racheté à une banque d’images pour lui redonner vie en 3D avec No Ghost just a shell.

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De plus, par leur approche radicalement nouvelle d’appréhender l’oeuvre d’art et sa mise en scène, ils ont revitalisé l’art contemporain, offrant un second souffle à cet univers parfois hermétique et saturé de concepts.
En endossant la posture de scénographe, ils appréhendent ainsi l’exposition comme un acte créatif, son montage faisant partie intégrante de l’oeuvre.

A ce titre, au Palais de Tokyo, avec « Anywhere, Anywhere, Out of the World »Philippe Parreno a entièrement revu l’espace  -22 000 mètres carrés- à son image.  Il a investi les lieux, les a fait siens en créant un parcours intégralement rythmé par la transcription à quatre mains pour piano de Petrouchka de Stravinski. Dès la porte d’entrée -elle-même couronnée d’un auvent lumineux- le ton est donné : la billetterie incandescente, aveugle le visiteur, les fenêtres recouvertes d’un film opaque, le confronte à une appréhension biaisée de l’extérieur, l’éclairage clignotant par intermittence, mette ses sens en alerte. Véritable expérience multisensorielle , Philippe Parreno mêle avec précision, les sons, les images, les objets, à travers des installations qui nous invitent à repenser sans cesse notre perception de l’espace. On ressort de l’exposition comme d’un voyage imaginaire.

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Même constat chez Huyghe où la Galerie Sud du Centre Pompidou a été repensée par l’artiste qui l’a à la fois agrandi, en empiétant sur l’extérieur et en se jouant des contraintes de sécurité, mais aussi adapté, en gardant la trace des expositions précédentes (présence de cartels, couches de peintures successives révélées etc.). L’espace est ainsi au service des œuvres qui entrent en résonance, se répondent et se complètent.

En mouvement perpétuel, le statut de l’oeuvre est de plus interrogé et appréhendé à la manière d’un organisme vivant. A ce titre, dans le cadre de la Documenta 13 à Kassel, Pierre Huyghe a investi le compost du parc baroque de Karlsaue, où il a placé des éléments disparates comportant entre autres, une sculpture des années 30 à la tête dissimulée par un essaim d’abeilles et Human une chienne blanche à l’intrigante patte teintée de rose. Par cette démarche où la nature joue un rôle central, Pierre Huyghe se plaît à recréer des environnements, des écosystèmes dans lesquels il en observe les évolutions sans totalement les maîtriser.

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De la même façon, pour « The Host and the Clound », Pierre Huyghe a fixé le cadre -15 acteurs soumis à des situations en direct dans l’ancien Musée des arts et traditions populaires- et a laissé place à l’improvisation. Filmée sur trois jours précis, la Toussaint, la Saint Valentin et la Fête du travail, cette intense et sublime expérience, condense en deux heures tous les fantasmes et obsessions de l’artiste. Sorte de rêve éveillée, d’immersion dans l’inconscient, ce film se situe à la limite du réel mêlant en son sein, rapport de séduction, de pouvoir et de soumission. Enchevêtrement de saynètes aux ramifications à la fois indépendantes et liées, « The Host and the Clound » est à mon sens, un véritable chef d’oeuvre. Si vous avez l’opportunité de le voir, sautez sur l’occasion. Personnellement, je suis retournée voir l’exposition à plusieurs reprises pour venir à bout de ces 120 minutes difficilement synthétisables en quelques mots.

133302_pierre_huyghe (1)En définitive, la force de Pierre Huyghe et de Phillippe Parenno réside dans cette capacité à hanter, à poursuivre le visiteur alors même qu’il a quitté l’exposition, le poussant sans cesse à découvrir de nouvelles grilles de lectures, à enclencher de nouvelles sources de réflexion.

Art Contemporain Paris : Monumenta 2012 et la Triennale

Monumenta 2012, Daniel Buren, Excentrique(s) Travail in situ, Grand Palais, jusqu’au 21 juin 2012

Monumenta est une initiative du Ministère de la Culture et de la Communication qui a pour but de rapprocher le grand public de l’Art Contemporain, cette frange de l’Art qui a souvent la réputation d’être hermétique et plus difficile à appréhender. Le principe est simple : pendant 5 semaines, un artiste est invité à  concevoir une œuvre éphémère et magistrale dans la Nef du Grand Palais.

Cette année, c’est Daniel Buren qui est à l’honneur avec une approche qui tranche volontairement avec l’édition 2011 orchestrée par Anish Kapoor dont la sculpture organique, gonflée à son paroxysme, occupait l’espace de façon notable. L’artiste de la bande rayée de 8,7 cm nous présente à l’inverse une œuvre beaucoup plus basse, à notre échelle, pour nous apprendre en quelque sorte à redécouvrir cet espace majestueux, à le voir d’un autre œil. Personnellement, il m’est apparu beaucoup plus petit qu’à l’accoutumée surtout lorsque je l’ai imaginé dans mes souvenirs, colonisé par les galeries lors de la FIAC.

Des « ombrelles » dont l’agencement a été réalisé d’après une formule mathématique perse, scandent le parcours sur fond de quadrichromie. Ici, j’emploie le terme de quadrichromie dans son sens le plus large possible puisqu’il est normalement usité pour désigner les quatre couleurs primaires que sont le bleu cyan, le rouge magenta, le jaune et le noir et qui sont à la base d’une image. Dans le cas de Buren, si le choix s’est arrêté sur du jaune, du bleu, du vert et du orange, c’est tout simplement parce que le matériel utilisé, du plastique PVC n’existait que dans ces quatre couleurs. Concevoir cette œuvre pour Monumenta résulte donc d’un ensemble de contraintes à la fois techniques et spatio-temporelles : l’artiste n’ayant que 7 jours pour mettre en place son oeuvre in situ. 

Pour ce projet « Ex-centrique », Daniel Buren a également revisité la verrière du Grand Palais en la colorant alternativement de bleu turquoise pour former un effet de damier étonnant qui accentue les rythmes concentriques de la verrière et renverse notre perception du centre de gravité. Perception qui se trouve d’autant plus troublée lorsqu’elle est le produit du reflet de miroirs, que Daniel Buren a installé au centre de son installation. Arrondis, ces miroirs font écho aux ombrelles, à la coupole et à la structure générale du Grand Palais qui comme le rappelle l’artiste est dans ses moindres détails en courbe et tourne autour de la figure du cercle.

Pour ma part, je trouve le résultat final joyeux et lumineux, surtout si le soleil est au RDV car cela permet aux couleurs de se refléter tout en rondeur sur le sol : l’idée étant de vivre une véritable expérience esthétique et chromatique.

« Dans une relation étroite avec l’architecture exceptionnelle de la nef, il propose au visiteur de traverser une forêt coiffée d’une canopée de disques colorés. Jeu de lumière savant qui évolue au fil des heures de la journée, rappelant les vitraux d’église autant que la géométrie des tapis persans, le travail de Daniel Buren, une fois de plus, s’attache à bousculer nos perceptions, dans la démesure« .

Éditorial de Frédécric Mitterand

La Triennale : Intense Proximité, Palais de Tokyo, jusqu’au 26 août 2012

Une grande ambition, celle de succéder à une formule un peu dépassée, baptisée lors des deux précédentes éditions « La Force de l’Art » dont l’objectif était de mettre avant l’Art Contemporain Français. Cette année, le concept a été revisité pour fonder une « Triennale » qui ne se cantonnerait pas à un patriotisme un brin malvenu. Selon les intentions de Okwui Enwezor et de ses quatre commissaires associés, la notion d' »Art Français » est par essence creuse dans notre monde contemporain où l’idée de transversalité prime.

De plus, cette troisième édition ne se tient plus dans la Nef du Grand Palais mais au Palais de Tokyo qui après d’importants travaux a vu sa surface d’exposition tripler et dans six autres lieux.

Baptisée « Intense Proximité », la « Triennale » entend autour d’un fil rouge, celui de l’ethnographie faire un « état des lieux de l’art contemporain au confluent de la scène française et des foyers de création internationaux ». Un ouvrage clé est au cœur de la réflexion : Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss, texte relativiste qui questionne la place de la civilisation Occidentale en la confrontant à des cultures dites « primitives » à l’image des Indiens du Brésil (ci-dessous, tirage d’Alfredo Jaar)

Les supports sont divers : peintures, sculptures, installations, performance, concerts, dessins, films etc. bien que la vidéo reste le medium majoritaire. 120 « participants » ont été réunis et mêlent artistes, chercheurs, théoriciens, anthropologues, cinéastes etc.

L’espace est brut, les murs sont imparfaits ce qui a la particularité de donner une âme singulière à ce lieu où « l’égalité » entre artistes internationaux (Daniel Buren,Chris Ofili ci-desous, Annette Messager etc.) et artistes émergents est un principe fort.

Personnellement, j’ai été marquée par : (liste non-exhaustive)

-les photographies de Thomas Strut qui nous plongent véritablement dans une nature exubérante

– les peintures teintées de noir de Victor Man

– les compositions faites de laine, de rubans et de caoutchouc de Nicholas Hlbo

J’ai également apprécié les « Bâtons » colorés de Seulgi Lee

– le « Palm Sign » de Yto Barrada

– et l’installation Motion/Emotion de Annette Messager.

En revanche, si je devais retenir une seule œuvre ce serait sans aucun doute celle de Aneta Grzeszykowska, artiste polonaise dont le film poignant Headache explore le rapport que l’on entretient avec son propre corps : proximité, éloignement, attraction, répulsion, tous ces mots qui sont au cœur de l’intention de la Triennale parlent d’eux-même dans cette vidéo.

La Danse de l’Art

Au delà de sa représentation classique, celle du ballet, la danse n’a cessée au fil du XXème siècle d’être un support pour la création artistique. De plus, elle est aujourd’hui dans l’air du temps. Il suffit de voir l’engouement provoqué par le film Black Swan ou la bande-dessiné Polina de Bastin Vivés, pour s’en rendre compte. Je saisis donc l’instant propice pour aborder cette thématique passionnante qu’est le corps en mouvement dans son rapport à l’art. Ici, il faut prendre le mot « art » au sens large du terme puisqu’il inclut l’art moderne et contemporain mais aussi les arts visuels.

Tout d’abord, je ne saurais que trop vous recommander de grimper les 6 étages du Centre Pompidou pour vous aventurer Galerie 1 afin de découvrir l’exposition « Danser sa vie » qui retracent les liens intimes qu’entretiennent danse et artLe nom de l’exposition parait un peu plat de prime abord mais la critique s’arrête là. En fait, « Danser sa vie » fait référence aux mots de Isadora Duncan, pionnère de la danse libre, pour résumer la quête de toute son existence.

Trois parcours scandent la visite : « La danse comme expression de soi », « Danse et abstraction », «Danse et performance » balayant ainsi un champ assez large de l’histoire de l’art moderne et contemporain. D’entrée de jeu, la Danse de Paris nous accueille entre ses bras et l’on embrasse d’un regard cette oeuvre majeure de Matisse. « En rentrant chez moi, j’ai composé ma danse sur une surface de quatre mètres, en chantant le même air que j’avais entendu au Moulin de la Galette, si bien que toute la composition, tous les danseurs sont d’accord et dansent sur le même rythme. »

Oeuvres d’art représentant le corps en mouvement et performance dansée se côtoient tout au long de l’exposition rappelant ainsi le rôle inspirationnel de la danse au sein de l’art. On redécouvre sous cet angle nouveau les avant-gardes avec l’expressionnisme allemand de Emil Nolde et Ernst Ludwig Kirschner, les rythmes simultanés de Sonia Delaunay, la danse du Bauhaus de Oskar Schlemmer, le constructivisme russe ou encore le cubisme avec Picabia et Picasso.

Concernant la danse à proprement parlé, je vous conseille de vous arrêter admirer le Sacre du Printemps de Pina Bausch : la scénographie est exceptionnellement bien menée et révèle des corps qui s’épuisent dans une lutte acharnée sur fond de tourbe.

J’ai également vécu un moment assez magique devant « Paper Dance » dans Parades and Changes de Anna Halprin. Le son n’est pas toujours très optimal compte tenu de l’exploitation de l’espace mais si vous vous placez bien en dessous de l’enceinte, vous pourrez entendre les bruits du papier qui rythment cette danse brute et sensuelle. C’est captivant. Et puis, si vous avez de la chance, vous pourrez voir la performance de Felix Gonzalez-Torres avec son fameux Go-Go dancer.

Ce que j’aime dans la danse c’est son aspect terriblement créatif, éminanent esthétique.  C’est peut-être l’expression la plus évidente de l’art car le corps est à la source même de l’oeuvre. Et c’est d’ailleurs dans ce postulat que les anthropométries de Yves Klein prennent tout leur sens. Le corps, tel un pinceau vivant, entre en interaction directe avec la toile. Les performances de Jackson Pollock ou Shiraga avec le mouvement Gutai s’inscrivent dans une logique similaire à la nuance près que ce sont les oscillations du corps qui dictent le tempo au pinceau. Avec le dripping, Pollock a  ainsi instauré une nouvelle forme d’expression artistique consistant à projeter de la peinture sur une toile posée à même le sol : la danse endiablée à laquelle s’adonne l’artiste se traduit par une extase psychotique et créative. Shiraga pour sa part se livre à une danse plus acrobatique consistant à s’élancer dans le vide tenu par une corde avec ses pieds en guise de pinceau.

La danse traduit ici les états du corps du peintre qui utilise la toile comme un simple support. Car au delà de la résultante artistique, ce qui importe c’est le cheminement employé pour y parvenir. L’art se déploie à la manière d’un spectacle vivant et permet une appréhension nouvelle du corps dans sa globalité. Je ne peux malheureusement pas tout développer dans le cadre de ce court article mais si la thématique vous stimule, je vous engage à regarder également le travail de Trisha Brown qui  « déplace son corps comme elle déplacerait le crayon ».

Dans la même lignée, Merce Cunningham a également renouvelé les fonctions d’expressions de la danse en mettant au même plan scénographie, musique et danse. De plus, il ne cessera tout au long de sa carrière de convoquer des artistes tels que Rauschenbergb, Jasper Johns, Frank Stella ou encore Andy Warhol pour concevoir les décors et les costumes. Pour la bande son, il fera longuement appel  à John Cage mais aussi plus récemment à Radiohead et Sigur Ros, bien que la collaboration fut plus limitée.« Il faut adorer danser pour persévérer. La danse ne donne rien en retour, ni manuscrits à garder, ni peintures à mettre au mur ou même à exposer dans des musées, ni poèmes à publier ou à vendre, rien sauf cet instant fugace, unique, où vous vous sentez vivre » dira-t-il. A méditer…

JR « Encrages » – Galerie Perrotin

Jusqu’au 7 janvier 2012

Les affichages sauvages de JR sont des oeuvres éphémères dont la lente dégradation est elle-même hautement créative. Ses photos monumentales sont collées à l’échelle d’un mur, d’une maison, d’un escalier, d’un toit et envahissent des parcelles de villes sous tension : les favelas de Rio, les bidonvilles de Nairobi, les vieux quartiers de Shanghai, la banlieue de Paris.

Celui qui « possède la plus grande galerie du monde à ciel ouvert » bouleverse et fascine le monde de la photo et de l’art contemporain avec ses projets humains et esthétiques. « Je crois que le rôle d’un artiste n’est pas de trouver des solutions mais de soulever des questions ».

C’est aujourd’hui au tour de la Galerie Perrotin d’exposer son oeuvre et de diffuser après Arles, le Centre Pompidou, Jérusalem-Bethlehem et Abu Dhabi, le projet Inside Out, expérience collective autour de la représentation de soi et de sa propagation dans l’espace public. Un photomaton est installé dans la galerie et délivre des portraits sous forme de poster : une initiative audacieuse et interactive. En définitive, JR nous invite par cette mise en scène « légèrement » narcissique, à dévoiler notre vision du monde et ses problématiques contemporaines.

Déjà avec Face2Face, JR avait cristallisé autour du conflit israélo-palestinien en érigeant de part et d’autre du mur de séparation à Bethlehem, des portraits immenses très expressifs. Les plus symboliques étant ceux de l’imam, du rabbin et du curé hilares. Une manière forte et édulcorée d’adoucir les tensions : nous sommes voisins, nous faisons le même métier, nous ne sommes finalement pas si différents.

Avec Women Are Heroes, JR concrétise son projet photographique. Pendant deux ans, il voyage aux quatre coins du monde (Brésil, Kenya, Inde, Sierra Leone, Cambodge…) et nous montre comment il construit ses oeuvres, en nous rappelant la place sacrée et fragile des femmes du tiers-monde. Tout le monde peut s’approprier l’oeuvre et participer au projet en l’améliorant, comme ces gamins qui ont proposé de tirer leurs portraits avec des bâches imperméables en vinyle pour recouvrir les toits de Kibera. Qu’elles soient conservées, découpées, dégradées par la pluie ou autre, les oeuvres de JR vivent et continuent même de s’exprimer dans la destruction.

Le street-art a inévitablement le vent en poupe mais cela ne remet aucunement en cause la spontanéité et  l’honnêteté intellectuelle de ce « photograffeur », « artiviste » de talent que Fabrice Bousteau, directeur en chef de Beaux-Arts Magazine -que je rêve de rencontrer- qualifie de « Cartier-Bresson du XXIème siècle ».

« Quand je fais des photos, on m’appelle photographe, quand je monte des affiches, on me dit plasticien et quand je fais des films, je deviens réalisateur. Je pense que cela s’englobe très bien dans le rôle d’un artiste, d’utiliser au pluriel les médias, d’utiliser toutes les formes possibles. Je pense que ma génération est née dans une période d’accès à l’image et de son partage. On ne peut pas se priver de cela car c’est une grande force ».

JR sur les quais de l’IFM

Biennale de Lyon : Une terrible beauté est née

Jusqu’au 31 décembre 2011.

Cette année, la Biennale de Lyon fait la part belle aux artistes sud-américains et c’est un aspect auquel j’ai été très sensible. Et pour cause, Victoria Noorthoorn, argentine d’origine, forte de son expérience à la Biennale du Mercosul, au Brésil, a été invitée par Thierry Raspail, directeur du MAC Lyon, pour mettre en scène cette édition 2011.

Placée sous le signe des paradoxes du monde contemporain, cette Biennale soulève des problématiques liées à l’histoire, à l’anthropologie et laisse ainsi une large part à l’interprétation. Inspiré par un poème de Yeats, « une terrible beauté est née » entend toucher chaque spectateur et le mettre face aux contradictions du monde actuel et de l’art.

« Nous habitons un monde terrible mais par sa force, l’art permet la réunion du terrible et du beau. En fait, ces mots ne s’opposent qu’en apparence : la beauté dénuée d’une certaine dose de terreur reste mièvre. » Victoria Noorthoorn

La Biennale de Lyon, qui se revendique depuis ses débuts comme une « Biennale d’auteur », présente cette année, des artistes pour la plupart méconnus en France mais respectés dans leur pays d’origine, ce qui donne lieu à la découverte mais aussi à l’imagination.

Pour ma part, je me suis concentrée, faute de temps, sur les deux principaux lieux de la Biennale à savoir:

La Sucrière : un lieu que j’aime pour sa fantastique impression d’espace. Cela donne un aspect spectaculaire aux oeuvres qui s’intègrent avec tact aux héritages industriels de cette ancienne usine.

Le MAC Lyon : un incontournable qui a, entre autres, accueilli Keith Haring et Ben ces dernières années, et qui a été pour l’occasion divisé en deux, pour offrir au visiteur un parcours originalement segmenté en cinq plateaux.

Je vous fait par ici de quelques photos de ma visite, « un voyage à la fois sensoriel et intellectuel dont la destination finale est incertaine ou inconnue’.

FIAC 2011

Exit la Cour Carrée du Louvre. Cette année, la FIAC s’est concentrée sous la verrière du Grand Palais pour les grandes galeries et au premier étage pour les galeries émergentes. 168 exposants ont été réunis : la sélection fut drastique.

Deux jours après la fin de cette 38ème édition, l’heure est au bilan. Certains s’exclament déjà, à l’instar de Lorenzo Rudolf- qui a pendant longtemps été directeur de la Art Basel- que l’édition 2011 fut « l’une des plus belles FIAC depuis très longtemps ». Certes.

Personnellement, c’est la 4ème année consécutive que je visite la FIAC ce qui me permet d’avoir un certain recul pour juger de la qualité d’une telle manifestation. En tant que simple amatrice d’art moderne et contemporain (et non, je n’ai malheureusement pas encore le statut de collectionneur), je reprocherais à cette édition d’avoir un peu trop été l’apanage des grandes galeries (Perrotin, Gagosian, Continua, Applicat-Prazan, David Zwirner, Cheim & Read, Thaddaeus-Ropac etc.) qui se sont pour la plupart focalisées sur des valeurs sures et des artistes que l’on connaît déjà (Will Delvoye, Xavier Veilhan, Murakami, Anish Kapoor, JR, Hirst, Basquiat pour n’en citer que certains). Les ventes ont été bonnes pour eux mais pas de surprise et peu de place à mon sens pour la découverte de nouveaux talents. Et je ne suis pas en train de dire que je n’apprécie pas ces artistes. Mais mon oeil a besoin de voir autre chose qu’un mini-Warhol ou un énième Richard Prince.

L’Art Contemporain est souvent assez mal perçu et je suis la première à déplorer mes manques en la matière donc je me montre facilement « blasée » surtout lorsque je découvre toujours les mêmes avant-gardes, les mêmes classiques (cf. Hantaï chez Zlotowski ou Dubuffet, Nicolas de Staël, Soulages chez Applicat-Prazan). Après c’est une question d’attente. Je suis d’une manière générale très portée sur la sculpture et la peinture contemporaine et parfois moins portée sur l’installation ou la vidéo, plus conceptuelle. J’ai donc été heureuse de voir par exemple des sculptures de Tony Cragg, Shapiro, Anthony Gormley (chez Thaddaeus Roppac et ailleurs) ou encore cette poupée grandeur nature colorée de Yayoi Kusama (chez Victoria Miro). J’ai également repéré dans une galerie allemande (Contemporary Fine Arts) un peintre qui me plaît beaucoup et qui s’appelle Marcel Eichner. Affaire à suivre :-)

Et, je ne saurais l’oublier, gros coup de coeur pour Ida Tursic & Wilfried Mille (ou I&W) représentés par les galeries Almine Rech et Pietro Sparta, que j’ai découvert il y a 2 ans par l’ouvrage « Qu’est-ce que la peinture aujourd’hui ? » (Beaux Arts Editions).

Ce fut donc une FIAC de qualité par le contenu mais assez inégale, pas toujours cohérente, ni très originale.

Un point sur lequel j’ai bien entendu été sensible c’est l’internationalisation accrue des galeries avec la présence de plusieurs exposants sud-américains (Brésil avec Vermelho, Luisa Strina, Mexique avec Kurimanzutto etc.) et sud africain (Goodman Gallery).

Par ailleurs, je doute malheureusement que la majorité des visiteurs se soient aventurés au 1er étage pour voir les galeries émergentes… Enfin, c’est une grande manifestation dont il est difficile de capter un regard exhaustif. Je passe moi-même systématiquement à côté des certains œuvres ou artistes et ce n’est pas par manque de volonté.

Je m’arrête volontairement ici dans l’analyse  car ce n’est pas le propos de mon article et vous livre quelques photos de ma visite personnelle.

Rendez-vous à Bâle en juin (si mon emploi du temps le permet) !  I hope so :-)

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