Pourquoi la mode a-t-elle besoin de critiques ?

Minny Hoche

« I loooove it » « Need it » « I could die for it » « OMG canon !! » : il est plus glamour de s’enthousiasmer sur les dernières collections que de les critiquer. Dans la mode, les commentaires laudatifs sont nombreux, les critiques plus rares. Qui oserait écrire qu’on commence à s’ennuyer avec Phoebe Philo, que le dernier défilé de Jacquemus était quand même plutôt léger, qu’Alexander Wang déçoit de plus en plus chez Balenciaga ou encore que Karl Lagerfeld est capable du meilleur comme du pire ?

Bien souvent, les commentaires des défilés manquent d’audace. Les vêtements sont décrits de manière sommaire, sans parti pris esthétique, et surtout sans expliquer comment ils sont imaginés et construits par les designers, ni comment ils s’inscrivent, d’une manière ou d’une autre, dans une perspective historique, économique et culturelle.

Personne n’a besoin d’être un expert des médias pour comprendre que le système de…

Voir l’article original 1 669 mots de plus

Chloé, 60 ans de création

« Chloé est une perle. Je vous la donne, elle est pure, sans tâche. Alors s’il vous plaît, ne l’abîmez pas…« 

Gaby Aghion

Chloé c’est avant tout une attitude, « un esprit pionnier et audacieux avec de douces ruptures » pour reprendre les mots de Helene Schoumann (Chloé, Editions Assouline).

Chloé Assouline

Fruit des idées novatrices de Gaby Aghion, intellectuelle cultivée venue d’Égypte, Chloé bouscule complètement le secteur de la Haute Couture parisienne d’après-guerre.

Las du vestiaire classique et sur-mesure de la bourgeoise de l’époque, Gaby Aghion introduit un nouveau concept en créant des vêtements disponibles immédiatement et qui se démarquent par leur grande qualité de la confection. Nous sommes en 1952 : le prêt-à-porter de luxe est né.

Gaby Aghion

La créatrice choisit le prénom de son amie Chloé Huysmans pour baptiser sa marque car il évoque par ses sonorités la rondeur et la féminité. La griffe s’affiche alors en rose saumon, embossée sur une étiquette ronde, au fond sable qui rappelle les couleurs du désert de son enfance.

Chloé Logo

Empreinte de liberté, la femme Chloé se définit par sa sensualité, son énergie et sa délicatesse. Il en découle des silhouettes fluides, qui allient légèreté et transparence.

Chloe-PE13

Personnellement, l’univers de Chloé me rappelle par son côté « bohème chic » assez caractéristique, les tenues vaporeuses illustrées par les Préraphaélites à l’image de John William Waterhouse.

ophelia-1889

Et ses jeunes filles délicates et romantiques me font irrésistiblement penser à l’oeuvre de David Hamilton.

David Hamilton

L’arrivée de Karl Lagerfeld en 1966 permet à Chloé de jouir d’une notoriété internationale. La marque s’inscrit alors dans la modernité et les célébrités de l’époque à l’image de Brigitte Bardot, Grace Kelly, Jackie Kennedy se pressent dans la nouvelle boutique du 7ème arrondissement de Paris.

Chloe-by-Karl-Lagerfeld

Après les allers et venues de la tête pensante de Chanel et une période de flottement, la maison entre dans une nouvelle ère en convoquant de jeunes directrices artistiques venues tout droit de Grande-Bretagne. Ces dernières ont le sens des pièces structurées, du tailoring mais savent également par leur désinvolture travailler le flou, jouer sur les mix des matières.

Ainsi, en 1997, la maison accueille Stella Mac Cartney, alors âgée de 25 ans qui insuffle à la marque un esprit très contemporain inspiré de sa mère Linda. C’est un tournant pour la maison qui sous la présidence de Ralph Toledano, est couronnée de succès.

Tee-Shirt Ananas Stella Mac Cartney pour Chloé

Son bras droit Phoebe Philo lui succède en 2001 et apporte sa touche personnelle de féminité, cet esprit « baby-doll » très remarqué lors du défilé de l’été 2006. Elle sera aussi à l’origine du célèbre sac Paddington.

CHLOE by Phoebe Philo Eté 2006

En 2008, Hannah Mac Gibbon prend la suite, après la parenthèse incomprise du suédois Paulo Mellim,
pour enfin passer le flambeau à Clare Waight Keller, actuelle directrice artistique depuis 2011.

Pour son dernier défilé automne-hiver 2013-2014, la femme Chloé s’affranchit des codes traditionnels de la féminité et s’aventure dans la jungle urbaine sous des airs d’étudiante rebelle en soif d’aventure.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=6VZw2M2N8QU&w=560&h=315]

Vêtue de cape et de grand manteau en guise d’armure protectrice, elle arpente le podium, besace sous le bras et mocassins au pied. L’esprit collège transparait par la dominance du bleu marine et du blanc. Salopettes, bermudas et pantalons amples s’affirment et donnent aux silhouettes une démarche non-chalente que la présence de cols sages tempère. Plus tout à fait innocente, légèrement influençable, la jeune fille Chloé a soif d’indépendance. Armée de grosses bagues et d’une agrafe sur le lobe de l’oreille, elle porte des jupes à bretelles telles des harnais, de larges ceintures et des robes chasubles ornées de bijoux cloutés. Prête à affronter les nuits froides, elle s’emmitoufle de matières chaudes et arbore une jupe en fourrure, rassurante comme un ours en peluche.

Dans cette atmosphère gangster sur fond de hip-hop, la jeune fille Chloé garde aussi de sa fraîcheur. Le mélange audacieux des matières joue sur la transparence et adoucit son côté « bad-girl ». Elle se montre à la fois précieuse en arborant une robe grillagée tout en bijoux et délicate vêtue d’une longue robe en plissé de soie d’inspiration antique. Le défilé se clôt sur deux pièces fortes : des jupes en plumetis déstructurées et asymétriques, en version noire et blanche. Tel le cygne de Tchaikovsky, la femme Chloé a deux facettes, elle est à la fois mystérieuse et douce.

Défilé Chanel Métiers d’Art Paris-Edimbourg 2012

Depuis 2002, Karl Lagerfeld consacre un défilé aux Métiers d’Art.
Ce dernier met à l’honneur le savoir faire artisanal traditionnel des neufs ateliers rachetés par Chanel depuis 1985 : Desrues (parurier), Lesage (brodeur), Michel (modiste), Massaro (bottier), Goosens (orfèvre et joaillier), Lemarié (plumassier), Guillet (parurier floral), Montex (brodeur au crochet acquis en 2011) et Barrie Knitwear (fabricant d’articles en cachemire basé en Ecosse depuis 140 ans que la maison Chanel vient de racheter).

Paris-Shanghai

Chaque année, Chanel nous fait voyager à l’occasion de ce rendez-vous inhabituel qui se tient en dehors du calendrier conventionnel des collections de Haute-Couture et de Prêt-à-Porter : Tokyo (2005), Los Angeles (2006), Londres (2007), Moscou (2008), Shanghai (2009), Byzance (2010) et Bombay (2011).

Paris Byzance

Présentées initialement comme des pré-collections de la saison Automne-Hhiver, les créations des Métiers d’Art ont atteint un tel niveau de complexité et de perfection qu’elles sont devenues au fur à mesure comparables à des collections de Haute-Couture.

Paris-Bombay

Le 04 décembre dernier, Chanel nous a emporté pour cette onzième édition, à Edimbourg. L’occasion de mettre en avant le savoir-faire lainier de Barrie Knitwear mais aussi de rappeler l’attachement affectif de Mademoiselle Chanel pour l’Ecosse. C’est là-bas qu’elle a en effet découvert grâce au Duc de Westimenter la veste en tweed, le cardigan et le tricot en maille, éléments qu’elle a emprunté au vestiaire masculin pour donner à la silhouette féminine confort et élégance.

Paris-Edimbourg

Le défilé s’est tenu dans le Palais Linlithgow, ancienne résidence royale des Stuarts, où Mary Queen of Scots, future reine de France et d’Écosse est née en 1542. Composé de 78 silhouettes dont plusieurs masculines, il fait la part belle au tweed, à la maille et au tartan.

Paris-Edimbourg

L’ambiance  est sombre, moyen-ageuse, avec des faux-airs de châteaux hantés. Pour braver le froid, les mannequins sont de vêtus de longs manteaux, de pulls XXL et d’imposantes écharpes. Les imprimés écossais côtoient couleurs sombres à l’image du bordeaux, du vert profond, le drap de laine et le cachemire font légion.

Paris-Edimbourg

La petite veste en tweed revisitée et le noeud lavallière orné d’une broche-bijou éclairent les tenues, les manches sont bouffantes et le motif argyle fidèle au tricot jacquard s’improvise sur les jambes. L’allure se veut précieuse, la maitrise des volumes est parfaite et l’ambiance oscille entre costume de la Renaissance et influence néo-punk à la Vivienne Westwood. La fin du défilé s’illumine de blanc éclatant et les silhouettes se font plus douces et romantiques sous l’influence de la soie, des perles et des plumes.

Autre détail étonnant, les bottes recouvertes de fourrure : « C’est une collection anti-talons aiguilles« , explique Karl Lagerfeld. « J’aime la facilité des chaussures plates avec une tenue sophistiquée. »

Gatsby le Magnifique : un roman, un film, une inspiration mode

Personnage emblématique de la « Génération perdue » désenchantée par la Grande guerre, Francis Scott Fitzgerald est l’un des auteurs américains les plus célèbres de son époque tant pour son œuvre que par sa vie qu’il consumera trop vite. « Il écrivait pour la même raison qu’il buvait: parce qu’il était trop sensible pour mener une vie normale » dixit Frédéric Beigbeder dans un registre légèrement décalé, mais criant de vérité.

Gatsby le Magnifique est son œuvre phare, le roman de sa vie dans lequel il a tout investi, pour conquérir le monde et satisfaire les désirs matériels de sa femme Zelda. Paru en 1925, l’ouvrage n’a malheureusement pas reçu le succès escompté. Pourtant, l’influence de ce roman est aujourd’hui sans précédent, que ce soit au regard de la littérature, du cinéma ou de la mode.

L’histoire a lieu à l’époque où Fitzgerald l’écrit: celle des années folles, où danser sa vie est un leitmotiv absolu. La fête bat son plein à Paris comme à New York. Les femmes s’animent dans des robes à franges audacieusement courtes et arborent des coupes à la garçonne. Cette ambiance particulière, Fitzgerald la décrit avec légèreté et précision à travers Nick Carraway, narrateur et voisin de Jay Gatsby. Ce dernier est un jeune milliardaire inconnu qui organise dans sa villa de Long Island d’opulentes réceptions mais dont l’intime espoir est de retrouver son amour adolescent Daisy, elle-même cousine de Nick. « Il y avait de la musique qui s’échappait de chez mon voisin, les soirs d’été. Dans ses jardins bleus, des hommes et des femmes allaient et venaient comme des papillons de nuit, parmi les chuchotements, le champagne et les étoiles ».

Si vous souhaitez vous plonger dans ce roman, sachez que la plume de Fitzgerald a posé certains problèmes de traduction et qu’aucune des versions faites autour de « Great Gatsby » ne fait  aujourd’hui l’unanimité. Fitzgerald n’est cependant pas un cas isolé : Hemingway, pour citer quelqu’un dont il était proche, a lui aussi donné lieu à de nombreux débats à propos des traductions de ses romans. Le meilleur moyen de ne pas se torturer afin de choisir entre Gatsby le Magnifique traduit en 1946 par Victor Liona, Gatsby le Magnifique traduit en 1976 par Jacques Tournier ou toute autre traduction est probablement de le lire dans sa langue originale, l’anglais…

La dernière traduction en date est celle de Julie Wolkenstein (sortie janvier 2011) qui l’a rebaptisé « Gatsby »… tout simplement. L’œuvre étant désormais libre de droits, la romancière, pas du tout traductrice à la base, s’est aventurée dans cet exercice périlleux pour des raisons affectives, presque vitales  : « J‘avais la certitude, intime mais jamais vérifiée, que ce roman faisait partie de moi, de ma vie, qu’il avait touché chez moi, une fois pour toutes, une corde essentielle. » Cette traduction fut somme toute assez critiquée car trop sujette à interprétations et celle de Jacques Tournier me parait plus fidèle au texte original.

Par ailleurs, si l’œuvre de Fitzgerald a été l’objet de nombreux remaniements, les adaptations cinématographiques furent également multiples. La première version date de 1926, la seconde de 1949 mais c’est celle de 1973 de Jack Clayton qui a le plus marquée les esprits. Le scénario a été entièrement réécrit par Francis Ford Coppola, après le rejet de celui de Truman Capote et certaines scènes ont même été revues par Vladimir Nabokov. Le film met en action Robert Redford dans le rôle de Jay Gatzby et Mia Farrow dans celui de Daisy Bucchanan. Une beauté solaire se dégage de ce film où luxe ostentatoire et impitoyable pauvreté se côtoient. En définitive, passés les conventions sociales, le rêve et l’artificialité de la nuit festive, c’est le souffle d’un amour illusoire qui se dégage de cette Amérique de la Prohibition. Ce sont toujours les plus corrompus qui gagnent car le monde est trop étroit pour laisser place aux sentiments et à la sensibilité. Cette amertume presque insolente se fait écho dans les mots de l’auteur quand il avoue sans peine: « Je suis un romantique. Un sentimental croit que les choses vont durer, un romantique espère en dépit de tout qu’elles ne dureront pas. »

Une nouvelle adaptation cinématographique est attendue pour la fin de l’année 2012 avec Leonardo Di Caprio pour le rôle de Gatsby et Carrey Mulligan dans celui de Daisy.

Au delà des mots et de la bande-son peuplée d’images, l’œuvre de Fitzgerald est un formidable laboratoire d’analyse sur la mode et le costume. Les Années Folles sont frappantes de ce point de vue là et on ne se lasse pas d’observer l’élégance irréelle du vestiaire masculin ou des robes de l’époque, dans leur façon magique et éblouissante de se mouvoir.

En septembre dernier, le défilé Ralph Lauren Printemps-Eté 2012 a fait souffler un vent de légèreté et de couleurs douces sur New York, nous rappelant le charme suranné de l’Amérique des années 20.

Un grand bol de fraicheur se dégage de cette collection teintée de vert anis, de bleu pastel, de rose poudré, de jaune éclatant mais aussi de blanc tout simplement. Le fluidité des coupes et le travail des volumes donnent, par effet de transparence, une allure aérienne aux silhouettes. De plus, un jeu subtil entre mat et brillant est opéré grâce à l’utilisation de la mousseline de soie et du satin coupé en biais. Les mannequins défilent avec un chapeau cloche sur la tête, des perles autour du cou et affichent des imprimés floraux très tendres mais également une attitude plus garçonne en costumes d’hommes revisités. Un cocktail tout simplement vivifiant. Ici, Ralph Lauren renoue avec ses premiers amours, ceux du temps où sa toute jeune marque avait habillé Robert Redford, dans Gatsby justement…

Julien David, créateur postmoderne

Dans le cadre d’un projet de groupe à l’IFM, j’ai eu la chance de découvrir le travail remarquable d’un jeune créateur : Julien David.

Parisien d’origine, Julien David a fait ses mains chez Narciso Rodriguez et Ralph Lauren après des études concluantes à la Parsons School of Design à New York. Fort de ces deux expériences, il s’envole découvrir le Japon et décide de créer sa propre marque en 2008 : une première collection de foulards en sergé de soie voit le jour. Un brin arty, ses foulards graphiques et pop sont devenus aujourd’hui sa signature. Ce style unique, à la fois streetwear et couture, puise son inspiration dans les codes de la génération 80 : le hip-hop, le skate, la rue, les jeux vidéo. Un choix créatif, une démarche personnelle dont la force se manifeste par cette capacité à créer un univers, loin des codes traditionnels de la mode et du luxe.

Le premier défilé IN de Julien David a eu lieu le 8 mars 2011 à la Semaine de la Mode de Paris. Dans cette collection intitulée « Transformation, Confusion », les mannequins ont défilé avec un carré de soi sur le visag, ce qui leur donne à leur visage un aspect flouté et pixélisé. On retrouve ici l’influence des jeux vidéo comme « Mario Bros » ou « Space Invaders », symboles de la génération 80. Les vingt-deux silhouettes proposent un univers à la fois street et classique dominé par le noir, avec des pointes de couleurs. Ce vestiaire conceptuel et élégant est à la croisée des genres, de l’héritage du Japon et de la France et s’exprime par une maîtrise original des volumes.

Dans son deuxième défilé IN du 27 septembre 2011, Julien David a su montrer un juste équilibre entre les influences du streetwear, du luxe et une féminité assumée. Les vingt-quatre looks présentés mêlent sensibilité bohémienne et style urbain engagé. Les mannequins sont maquillées d’une larme sur la joue en référence aux gangs dont les membres ont pour coutume de se tatouer lorsque qu’ils tuent ou qu’ils vont en prison. En dehors de cet aspect, la larme dessinée donne une allure romantique et vulnérable. On ressent véritablement l’influence du tsunami dans cette dernière collection : un fort sentiment de protection ressort de ses créations. De plus, les matières sont douces mais les coupes affirmées. Julien David aime mélanger des silhouettes très contrastées : des coupes féminines, des volumes masculins. Un top en soie délicatement associé à un bermuda très sport, très bad boy.

Les deux robes présentées en bout de défilé sont la quintessence du style Julien David : du pop décontracté par les motifs et une allure résolument féminine par l’utilisation du tulle. La taille est marquée, ce qui fait ressortir le volume de cette robe de mariée contemporaine (cf.photo ci dessous).

Véritable consécration, Julien David a vu sa côte de popularité s’envoler. On le cite partout (Vogue, Express Style ou encore Elle) et on dit de lui qu’il s’agit du « créateur à suivre ». À cela, le créateur répond : «tout s’est fait progressivement, il n’y a pas eu de succès immédiat, je me bats à chaque saison pour paraître au bon endroit et pour vendre mes pièces tout en transmettant un message à mes clients afin qu’ils soient sensibles à mes créations et qu’ils comprennent ma vision, ma constance».

À suivre !

Julien David est en vente chez Colette.

Fashion Week PE 12 : Marc Jacobs pour Louis Vuitton

Voici probablement le dernier défilé de Marc Jacobs pour Louis Vuitton, qui s’est tenu le 05 octobre dernier à Paris dans la Cour carrée du Louvre. Ce dernier semble même dans sa collection nous donner un avant-goût de son présumé passage chez Dior: un carrousel grandeur nature, des robes en dentelle et organza ornées d’ombrelles romantiques et Kate Moss en invité spécial. La vidéo est courte mais donne le ton. Une belle inspiration !

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :