Je suis une Fille Tout Schuss

Cette année, la neige s’est faite désirer plus que de raison. On a eu beau l’attendre au pied du sapin, elle n’a montré son éclatante blancheur qu’à l’aube de 2016. Quelle déception !

Heureusement, Paulette a pensé à tout et nous en met plein la vue en matière de plaisirs hivernaux. C’est sur, la fois prochaine, on ne nous y reprendra plus sur les pistes ;)

Pour ce numéro 25, je vous invite dans l’univers de Samuel Eckert, artiste-illustrateur de talent. Attention, ce jeune trublion a plus d’un tour dans son sac !

Belle lecture les Paulette !

 

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Agenda Culturel printemps 2014

« Robert Mapplethorpe » , Grand Palais, jusqu’au 13 juillet 2014

C’est la première grande rétrospective en France, consacrée à cet « enfant terrible » de la photographie. Rassemblant plus de 250 clichés, l’exposition jette un regard plutôt timoré sur l’oeuvre subversive de Mapplethorpe de 1970 à sa mort précoce en 1989.

Mapplethorpe

Sexualité et pornographie sont en effet au coeur de sa démarche esthétique et de sa quête effrénée de perfection dans un New-York en pleine libération des moeurs. Les corps sont sculpturaux, puissants, masculinisés à souhait, presque faits de marbre et d’acier. Les fleurs se font à la fois délicates et sulfureuses, rappelant le travail pictural de O’Keefe dans les années 20. « Je cherche la perfection dans la forme. Dans les portraits. Avec les sexes. Avec les fleurs«  disait-il

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Une partie de l’exposition est consacrée à sa muse Patti Smith tandis qu’une pièce interdite aux moins de 18 ans, sorte d’enfer contemporain, dévoile les oeuvres les plus « sexuellement explicites ». Une série de portraits rassemblent enfin les plus grands avec entre autres Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Grace Jones, Cindy Sherman, Deborah Harry, Louise Bourgeois. Saurez-vous les reconnaître ? A l’image de Newton en 2012, cette rétrospective demeure toutefois trop courte et restreinte dans cet espace dénué de toute mise en scène. A regret.

Mapplethorpe

« Henri Cartier-Bresson », Centre Pompidou, jusqu’au 13 juillet 2014

HCB

« Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur. »

Riche de plus de cinq cents œuvres multi-supports (photographies, films, dessins, peintures…), cette exposition événement retrace les travaux du photographe, de ses débuts surréalistes à son épopée chez Magnum, tout en montrant des aspects autres de sa personnalité comme son engagement politique et son expérience du septième art. Dix ans après sa disparation, cette rétrospective a en effet pour vocation de renouveler l’héritage multiple de Henri Cartier-Bresson, génie en matière de captation de l’instant et profond témoin des grands tournants du XXème siècle.

La scénographie manque toutefois d’audace (comme souvent dans les expositions photos) et la densité quasi-encyclopédique de oeuvres présentées étouffe dans l’espace confiné de la galerie 2… Dommage !

Henri Cartier-Bresson

« Papier glacé : un siècle de photographies de mode chez Condé Nast », Palais Galliera, jusqu’au 25 mai 2014

 » I always felt we were selling dreams, not clothes. » Irving Penn

« J’étais intéressé par le sentiment du hasard, je voulais introduire la réalité de la vie dans ce monde artificiel. » Alexandre Liberman.

"Walter Chiari et Monique Chevalier sharing a bottle of Chateau Lafite-Rothschild" Bert Stern (1962)
« Walter Chiari et Monique Chevalier sharing a bottle of Chateau Lafite-Rothschild » Bert Stern (1962)

Plongez dans les archives des plus grands noms de la photographie de mode de 1918 à nos jours : Cecil Beaton, Irving Penn, Bruce Weber, Helmut Newton, Peter Lindberg, Paolo Roversi…! La liste est longue – environ quatre-vingts photographes – mais nous enchante. Une merveilleuse opportunité pour réviser ses classiques et (re)découvrir près de cent-cinquante tirages, sorte de compilation du meilleur de Vogue, Vanity Fair, Glamour et W.

Cette exposition thématique fait entrer en résonance le travail des photographes qui ont contribué à forger l’identité visuelle de ce magma de la presse avec en prime quelques créations de couturiers, magazines consultables sur écran et documentaires. Une jolie surprise, à ne surtout pas manquer que vous soyez un aficionado de photographie ou de mode.

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« Debbie Dickinson & Christie Brinkley » Albert Watson (1977)
 « L’Etat du ciel », Palais de Tokyo, jusqu’au 07 septembre 2014

edc-part1Autour d’une thématique au ton grave et éminemment politique, le Palais de Tokyo nous invite cette saison à réfléchir « aux circonstances physiques, morales et politiques de notre monde » et ce, à travers les propositions d’une dizaine d’artistes, dévoilées en trois volets.

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Le parcours débute avec Histoire de fantômes conçue par Georges Didi-Huberman en hommage à l’Atlas Mnémosyne de l’historien d’art Aby Warburg. Basée sur le thème de la lamentation, cette installation spectaculaire mêle vidéos projetées au sol, alternance de sons à la vocalité troublante et photographies de Arno Gisinger. Multi-sensorielle, elle nous incite à méditer sur notre faible condition au regard de l’Histoire et du nécessaire devoir de mémoire. 
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Une oeuvre qui fait écho au travail remarquable de Angelika Markul, Terre de départ. Avec le film « Bambi à Tchernobyl« , l’artiste nous confronte à une réalité que nous préférerions oublier, celle d’un passé honteux, d’une ville fantôme où la nature a progressivement repris ses droits face à une catastrophe écologique majeure. Par une réflexion globale et philosophique, l’artiste s’interroge ainsi sur la force des éléments et les erreurs de l’homme en inversant le flux des chûtes d’Iguaçu dans une vidéo qu’elle confronte à une installation transposant les conséquences dramatiques des accidents pétroliers et des marées noires. Bouleversant.
Petit bémol pour David Douard, dont la proposition « Mo »swallow » ne m’a pas émue et m’a même légèrement excédée. Protéiforme, cette première monographie entend questionner la toxicité de notre monde contemporain, les « maladies du réel » qui se propagent à la vitesse d’une rumeur. Un propos confus qui se disperse dans des réalisations plastiques  hermétiques et au discours incantatoire pour un visiteur non-averti.
« Alex Katz, 45 Years of Portraits. 1969-2014 », Galerie Thaddaeus-Ropac, jusqu’au 12 juillet 2014

Si vous ne connaissez ni Alex Katz, ni la grande sœur de la rue Debeylleme à Pantin, une double occasion de coup de cœur esthétique s’offre à vous !

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Tout d’abord parce que Alex Katz est un artiste de renom trop peu connu en France, à la peinture graphique qui mêle figuration du sujet sur fond de monochrome en contraste. Et aussi parce qu’avec ses 47 000 m², l’ancienne chaudronnerie reconvertie en temple de l’art est un véritable écrin baigné de lumière, prouvant que Pantin c’est aussi le « Grand Paris » – Chanel et Hermès y ont établi leurs ateliers respectifs, rappelons-le ! Monographie acidulée aux allures de rétrospective, l’exposition regroupera une centaine d’œuvres de 1960 à nos jours. Personnellement, j’ai découvert l’artiste américain à travers sa série sur la danse « Face the Music », et en dehors de ma sensibilité pour cette pratique, j’étais heureuse de voir enfin sur la scène contemporaine de la peinture, de la couleur et de la figuration…  Tout simplement !

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A venir :

Dries Van Noten, Inspiration, au Musée des Arts Décoratifsjusqu’au 31 août 2014

L’Etat du ciel, Partie 2, dès le 25 avril 2014

Lucio Fontana au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, dès le 25 avril 2014

Monumenta 2014, Ilya et Emilia Kabokov, dès le 10 mai 2014

Agenda culturel Hiver 2014

Pour bien commencer l’année et achever l’hiver en beauté, voici quelques expositions pour s’inspirer et se ravir l’esprit.

« The Happy Show », La Gaïté Lyrique, jusqu’au 9 mars 2014

Happy Show

Stefan Sagmeister, graphiste de formation, nous invite à explorer le bonheur à travers une exposition ludique et multisensorielle. Films d’animation, maximes recopiées sur les murs de type « s’inquiéter ne résout rien », installations en tout genre : vélo à énergie lumineuse, distributeur de chewing gums à choisir en fonction de son degré de happiness, défis à accomplir et autres expériences interactives sont au rendez-vous. Petit bémol néanmoins, la partie mettant en lumière les théories socio-économiques du bonheur (pyramide de Maslow, lien avec l’amour, l’argent, la drogue etc.) est à mon sens un peu simpliste voir parfois franchement caricaturale. Si « cette exposition ne vous rendra pas plus heureux » – mise en garde de l’artiste – pensez cependant à réserver vos places le week-end. Des nocturnes sont prévues pour les quatre derniers jours de l’exposition.

« Alex Katz, 45 ans de portraits, 1969-2014 », Galerie Thaddaeus Ropac, du 02 mars au 12 juilet 2014

Katz travaillant sur l'une de ses toiles

Si vous ne connaissez ni Alex Katz, ni la grande sœur de la rue Debeylleme à Pantin, une double occasion de coup de cœur esthétique s’offre à vous ! Tout d’abord parce que Alex Katz est un artiste de renom trop peu connu en France, à la peinture graphique qui mêle figuration du sujet sur fond de monochrome en contraste. Et aussi parce qu’avec ses 47 000 m², l’ancienne chaudronnerie reconvertie en temple de l’art est un véritable écrin baigné de lumière, prouvant que Pantin c’est aussi le « Grand Paris » – Chanel et Hermès y ont établi leurs ateliers respectifs, rappelons-le ! Monographie acidulée aux allures de rétrospective, l’exposition regroupera une centaine d’œuvres de 1960 à nos jours. Personnellement, j’ai découvert l’artiste américain à travers sa série sur la danse « Face the Music », et en dehors de ma sensibilité pour cette pratique, j’étais heureuse de voir enfin sur la scène contemporaine de la peinture, de la couleur et de la figuration…  Tout simplement ! Vernissage le 02 mars de midi à 17h.

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« Papier glacé : un siècle de photographies de mode chez Condé Nast », Palais Gallieradu 1er mars au 25 mai 2014

Papier Glacé, Galliera

Plongez dans les archives des plus grands noms de la photographie de mode de 1918 à nos jours : Cecil Beaton, Irving Penn, Bruce Weber, Helmut Newton, Peter Lindberg, Paolo Roversi…! La liste est longue, environ quatre-vingts photographes, mais nous enchante. Une merveilleuse opportunité pour réviser ses classiques et (re)découvrir près de cent-cinquante tirages, sorte de compilation du meilleur de Vogue, Vanity Fair, Glamour et W entre autres. Cette exposition thématique fait entrer en résonance le travail des photographes qui ont contribué à forger l’identité visuelle de ce magma de la presse avec en prime quelques créations de couturiers, magazines consultables sur écran et documentaires.

Alber Watson Vogue US 1977

 

« Henri Cartier-Bresson »Centre Pompidoujusqu’au 9 juin 2014 

HCB

« Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur. »

Riche de plus de cinq cents œuvres multi-supports (photographies, films, dessins, peintures…), cette exposition événement retrace les travaux du photographe, de ses débuts surréalistes à son épopée chez Magnum, tout en montrant des œuvres plus inédites et méconnues. Dix ans après sa disparation, cette rétrospective a en effet pour vocation de renouveler l’héritage multiple de Henri Cartier-Bresson, génie en matière de captation de l’instant et profond témoin des grands tournants du XXème siècle.

Henri Cartier-Bresson

 

Pierre Huyghe et Philippe Parreno : étranges étrangetés

Le Centre Pompidou et le Palais de Tokyo leur ont récemment consacré deux expositions. L’occasion de confronter leurs travaux respectifs, dont les fondements se font irrésistiblement écho.

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Quoi de commun en effet entre ces deux artistes ?

Tout d’abord, ils sont issus de la même génération et ont collaboré ensemble à travers Ann Lee, personnage de manga qu’ils ont racheté à une banque d’images pour lui redonner vie en 3D avec No Ghost just a shell.

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De plus, par leur approche radicalement nouvelle d’appréhender l’oeuvre d’art et sa mise en scène, ils ont revitalisé l’art contemporain, offrant un second souffle à cet univers parfois hermétique et saturé de concepts.
En endossant la posture de scénographe, ils appréhendent ainsi l’exposition comme un acte créatif, son montage faisant partie intégrante de l’oeuvre.

A ce titre, au Palais de Tokyo, avec « Anywhere, Anywhere, Out of the World »Philippe Parreno a entièrement revu l’espace  -22 000 mètres carrés- à son image.  Il a investi les lieux, les a fait siens en créant un parcours intégralement rythmé par la transcription à quatre mains pour piano de Petrouchka de Stravinski. Dès la porte d’entrée -elle-même couronnée d’un auvent lumineux- le ton est donné : la billetterie incandescente, aveugle le visiteur, les fenêtres recouvertes d’un film opaque, le confronte à une appréhension biaisée de l’extérieur, l’éclairage clignotant par intermittence, mette ses sens en alerte. Véritable expérience multisensorielle , Philippe Parreno mêle avec précision, les sons, les images, les objets, à travers des installations qui nous invitent à repenser sans cesse notre perception de l’espace. On ressort de l’exposition comme d’un voyage imaginaire.

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Même constat chez Huyghe où la Galerie Sud du Centre Pompidou a été repensée par l’artiste qui l’a à la fois agrandi, en empiétant sur l’extérieur et en se jouant des contraintes de sécurité, mais aussi adapté, en gardant la trace des expositions précédentes (présence de cartels, couches de peintures successives révélées etc.). L’espace est ainsi au service des œuvres qui entrent en résonance, se répondent et se complètent.

En mouvement perpétuel, le statut de l’oeuvre est de plus interrogé et appréhendé à la manière d’un organisme vivant. A ce titre, dans le cadre de la Documenta 13 à Kassel, Pierre Huyghe a investi le compost du parc baroque de Karlsaue, où il a placé des éléments disparates comportant entre autres, une sculpture des années 30 à la tête dissimulée par un essaim d’abeilles et Human une chienne blanche à l’intrigante patte teintée de rose. Par cette démarche où la nature joue un rôle central, Pierre Huyghe se plaît à recréer des environnements, des écosystèmes dans lesquels il en observe les évolutions sans totalement les maîtriser.

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De la même façon, pour « The Host and the Clound », Pierre Huyghe a fixé le cadre -15 acteurs soumis à des situations en direct dans l’ancien Musée des arts et traditions populaires- et a laissé place à l’improvisation. Filmée sur trois jours précis, la Toussaint, la Saint Valentin et la Fête du travail, cette intense et sublime expérience, condense en deux heures tous les fantasmes et obsessions de l’artiste. Sorte de rêve éveillée, d’immersion dans l’inconscient, ce film se situe à la limite du réel mêlant en son sein, rapport de séduction, de pouvoir et de soumission. Enchevêtrement de saynètes aux ramifications à la fois indépendantes et liées, « The Host and the Clound » est à mon sens, un véritable chef d’oeuvre. Si vous avez l’opportunité de le voir, sautez sur l’occasion. Personnellement, je suis retournée voir l’exposition à plusieurs reprises pour venir à bout de ces 120 minutes difficilement synthétisables en quelques mots.

133302_pierre_huyghe (1)En définitive, la force de Pierre Huyghe et de Phillippe Parenno réside dans cette capacité à hanter, à poursuivre le visiteur alors même qu’il a quitté l’exposition, le poussant sans cesse à découvrir de nouvelles grilles de lectures, à enclencher de nouvelles sources de réflexion.

Une belle rentrée culturelle

L’été s’est achevé, la mélancolie automnale commence à poindre. Pour éviter le contre-coup de la rentrée, rien de tel qu’un programme culturel riche et varié.

Petite sélection :

– L’impressionnisme et la Mode, Musée d’Orsay, jusqu’au 20 janvier 2013


« Il faut bien comprendre que dans le mot « mode », on perçoit en filigrane le sens du « modernisme ».
 C’est une exposition riche et multi-supports que Robert Carsen, scénographe de l’événement, nous livre. Comme l’a écrit Baudelaire, chaque art était moderne à son époque et c’est à l’aune de l’impressionnisme que la mode est ici observée. Si certains impressionnistes n’étaient pas particulièrement intéressés par la mode, il n’en demeure pas moins les témoins prévilégiés des évolutions vestimentaires et des attitudes de leur temps. Une exposition qui rappelle à quel point l’art et la mode sont historiquement liés.

Raphaël, les dernières années, Musée du Louvre, jusqu’au 14 janvier 2013

Organisée en partenariat avec le Musée du Prado détenteur avec le Louvre de la plus belle collection d’oeuvres de Raphaël, cette exposition entend montrer l’achèvement stylistique de l’artiste romain  sous le spectre des sept dernières années de sa vie. A l’ombre de ses maîtres comme le Pérugin et Michel-Ange, Raphaël compose avec un atelier d’une cinquantaine de personnes. Tableaux, portraits et dessins sont réunis afin de mettre en exergue la grâce et la douceur de ses réalisations ultimes.

Edward Hopper, Grand Palais, jusqu’au 28 janvier 2013

Artiste iconoclaste, Hopper dresse un portrait saisissant de l’Amérique de son époque. Entre modernité et réalisme, ses oeuvres inspirent une foule de sentiments à l’image de la solitude ou de la mélancolie. Toujours traité avec une certaine douceur dans le geste, ses peintures confrontent des personnages qui ne se regardent pas, qui semblent n’être que l’ombre d’eux-mêmes. Une première grande rétrospective parisienne consacrée à l’artiste américain.

Chloé Attitudes, Palais de Tokyo, jusqu’au 18 novembre 2012

A l’occasion des 60 ans de la maison française, la femme Chloé s’expose au Palais de Tokyo. Au programme : 70 pièces sélectionnées au sein des archives (de Gérard Pipart à Clare Waight Keller en passant par Phoebe Philo ou Stella Mc Carney pour ne citer qu’eux, tant les changements successifs de directeurs artistiques font partie de l’histoire de la marque), croquis de Karl Lagarfeld datant de 1972 ou encore photographies de Helmut Newton, Guy Bourdin, Jean Loup Sieff. Chloé Attitude inaugure un cycle d’expositions intitulé « Fashion Program » mis en place au Palais de Tokyo afin de mettre en lumière les temps forts de la création en matière de mode. Une belle initiative de Jean de Loisy et une occasion de redécouvrir la naissance du prêt-porter de luxe sous la vision novatrice de sa fondatrice : Gaby Aghion.

Les frères Campana -Barrocco, Rococò, les Arts décoratifs, jusqu’au 24 février 2013

Ambassadeurs incontestés du nouveau design brésilien, Fernando et Humberto Campana ont révolutionné l’art du design par leurs réalisations insolites et écologistes qui détournent les objets afin de leur donner une seconde vie, un nouvel usage à la fois ornemental et fonctionnel. Des créations exhubérantes et colorées qui dévoilent en filigrane l’âme riche et sensuelle de la culture brésilienne.

Et surtout n’oubliez pas la FIAC qui se tiendra sous la verrière du Grand Palais (as usual) du 18 au 21 octobre 2012. 218 galeries au rendez-vous et de nombreux événements hors les murs. Pour plus d’infos.

Agenda culturel Eté 2012 (Seconde Partie)

Une sélection des expositions incontournables et autres événements culturels à ne pas rater cet été

Art Basel 2012

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Rendez-vous annuel du marché de l’art et passage obligé des collectionneurs et amateurs, Art Basel 2012 s’est tenu du 14 au 17 juin. Cette année, il fallait se frayer un chemin entre les travaux de la Messeplatz, pour découvrir les 300 galeries triées sur le volet pour l’évènement. Venues de 36 pays dans le monde entier, elles représentaient plus de 2 500 artistes.

Pour ma part, cette 43ème édition était une grande première. Outre l’émotion d’avoir passé plus de 5h à m’émerveiller entre les white cubes et malgré un soleil affichant fièrement des allures azuréennes à l’extérieur, j’ai eu la chance de suivre une visite guidée, de découvrir des jeunes talents à Art Statements et de flirter avec la démesure à Art Unlimited. Dans cette espace dédiée aux installations monumentales, une sculpture rose bonbon de Frank West baptisé « Gekröse » dévoilait ses courbes organiques.

Satisfaite mais pas tout à fait rassasiée, j’ai achevé ma visite à la sublime Fondation Beyeler où une rétrospective sur Jeff Koons trônait dignement aux côtés de Philippe Parreno, chorégraphe du son et des images.

Les Rencontres d’Arles jusqu’au 23 septembre 2012 

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Cette 43 ème édition « Une école française » est consacrée aux 30 ans de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie (ENSP). Elle réunit 60 expositions de photos venues du monde entier et d’une grande diversité dans la démarche. Jeunes talents et découvertes sont à l’honneur avec en prime une exposition du musée Galliera intitulé « Mannequin, le Corps de la Mode ».

La Collection Lambert en Avignon jusqu’au 18 novembre 2012

Une collection d’exception qui rassemble les chefs d’oeuvres de la donation Yvon Lambert. Les grandes tendances de l’art contemporain depuis les années 60 sont présentes : art minimal, art conceptuel, land art, peinture figurative, nouvelle photographie, installations et vidéos avec des artistes phares comme Cy Twombly, Basquiat, Anselm Kieffer, Sol Lewitt, Christian Boltanski, Nan Goldin.

Klein, Byars, Kapoor au MAMAC à Nice jusqu’au 16 décembre 2012

A l’occasion des 50 ans de la disparition de l’artiste niçois Yves Klein, le MAMAC a décidé de lui rendre hommage en confrontant son travail de la monochromie à celui de l’artiste américian Byars et de l’indien Kapoor. Une exposition en bleu, blanc, rouge qui réunit installations et performances dans un parcours sensoriel et poétique.

Extra Large, Oeuvres monumentales du Centre Pompidou au Grimaldi Forum à Monaco, jusqu’au 09 septembre 2012

Découvrer ou redécouvrer les grands noms de l’art moderne et contemporain en version XXL: Xavier Veilhan, Daniel Buren, Jean Dubuffet, Anish Kapoor, Pierre Soulages, Sol Lewitt. »Une approche monumentale de l’art dans un pays étiqueté comme le second plus petit Etat du monde « 

Le monde comme volonté et comme papier peint, au Consortium à DIjon jusqu’au 02 septembre 2012

Ou comment tenter de retranscrire l’univers de Jed Martin, personnage houellebecquien de la Carte et le Territoire et son flot de considérations sur la fin de la Modernité.

Damien Hirst à la Tate Modern à Londres  jusqu’au 04 septembre 2012

2012 est une année fructueuse pour le chef de file des Young British Artists. Après le « Complete Spot Paintings » relayé par les onze Gagosian Gallery disséminés entre Paris, Londres, New-York, Hong-Kong, Los Angeles, Genève, Rome, Athènes, c’est au tour de la Tate Modern de lui consacrer une rétrospective digne de ce nom. L’occasion de revenir sur ses œuvres phares qui traitent pour la plupart du rapport entre l’Art et la Mort mais aussi d’Amour, de Désir et d’Argent : cadavres d’animaux dans du formol, papillons naturalisés sur toile, cendriers géants, armoires à pharmacie, spots and spins paintings et diamants par milliers. Vous découvrirez même en prime une pièce avec des papillons en liberté, la quintessence de la beauté et de la fragilité de la vie selon Hirst.

Documenta (13) à Cassel en Allemagne, jusqu’au 16 septembre 2012

La Documenta est LE rendez-vous d’art contemporain qui a lieu tous les cinq ans à Cassel au coeur de l’Allemagne. Crée en 1955 en réponse à la guerre, elle dure 100 jours et entend penser le monde sous le spectre de l’art. Ici rien n’est à vendre. Ce n’est pas une foire comme ArtBasel mais plutût un lieu de réflexion sur le monde contemporain, ses fractures sociales et politiques. Cette 13ème édition s’inscrit dans la lignée de la Documenta 11, politique et engagé et s’articule autour du thème central « Collapse and Recovery ». La manifestation présente cette année 193 artistes et fait la part belle aux questions écologiques, à la guerre, au féminisme, au savoir universel… Tout un programme.

Agenda culturel Eté 2012 (Première Partie)

  • Gerhard Richter, « Panorama » au Centre Pompidou, jusqu’au 24 septembre 2012 

Cette rétrospective est l’événement culturel de la saison !

Après la Tate Modern de Londres et la Nationalgalerie de Berlin, c’est le Centre Pompidou qui accueille Gerhard Richter, figure majeure de la peinture contemporaine. Une exposition à la fois chronologique et thématique qui dévoile le travail éclectique de l’artiste, entre abstraction et figuration à la limite de l’hyperréalisme.

« Beaucoup de gens estiment que d’autres techniques sont plus séduisantes : mettez un écran dans un musée, et plus personne ne regarde les tableaux. Mais ma profession, c’est la peinture. C’est ce qui m’a depuis toujours le plus intéressé. J’ai maintenant atteint un certain âge et je viens d’une tradition différente. De toute façon, je ne sais rien faire d’autre. Je reste cependant persuadé que la peinture fait partie des aptitudes humaines les plus fondamentales, comme la danse ou le chant, qui ont un sens, qui demeurent en nous, comme quelque chose d’humain. » 

  • Wim Delvoye, « Au Louvre« , jusqu’au 17 septembre 2012

Comme Tony Cragg, Wim Delvoye est invité à déssiminer ses productions dans différents lieux du musée. Il a à ce titre conçue une immense sculpture, une flèche gothique en acier torsadé, délicatement intitulée « Suppo ». Les oeuvres exposées retranscrivent non sans ironie, l’obsession de l’artiste belge  pour le détournement des styles du passé.

  • Christopher Wool, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, jusqu’au 19 août 2012

C’est l’un des artistes peintres américains contemporains les plus connus. Il est aujourd’hui mis avant au regard du public français au MAMVP dans une exposition qui montre les oeuvres récentes de l’artiste (entre 2001 et aujourd’hui).

  • Cristóbal Balenciaga « Collectionneur de modes » et Comme des Garçons « White Drama », Cité de la Mode et du Design, jusqu’au 17 septembre 2012

Ce deux expositions inaugurent la Cité de la Mode et du Design, belle endormie dont on espère un réveil en couleurs. Cristobal Balenciaga et Rei Kawakubo, créateurs majeurs qui ont marqué leur temps, font partie du programme « hors les murs » du Musée Galliera.

  • Toujours à l’affiche cet été : La Triennale au Palais de Tokyo, Louis Vuitton aux Arts Déco et Helmut Newton au Grand Palais.

Pour plus d’infos, voir mes précédents billets : Culture-Mode / Art Contemporain

Bientôt, mes impressions sur Art Basel 43, Jeff Koons à la Fondation Beyeler et Robert Combas au MAC Lyon.

Art Contemporain Paris : Monumenta 2012 et la Triennale

Monumenta 2012, Daniel Buren, Excentrique(s) Travail in situ, Grand Palais, jusqu’au 21 juin 2012

Monumenta est une initiative du Ministère de la Culture et de la Communication qui a pour but de rapprocher le grand public de l’Art Contemporain, cette frange de l’Art qui a souvent la réputation d’être hermétique et plus difficile à appréhender. Le principe est simple : pendant 5 semaines, un artiste est invité à  concevoir une œuvre éphémère et magistrale dans la Nef du Grand Palais.

Cette année, c’est Daniel Buren qui est à l’honneur avec une approche qui tranche volontairement avec l’édition 2011 orchestrée par Anish Kapoor dont la sculpture organique, gonflée à son paroxysme, occupait l’espace de façon notable. L’artiste de la bande rayée de 8,7 cm nous présente à l’inverse une œuvre beaucoup plus basse, à notre échelle, pour nous apprendre en quelque sorte à redécouvrir cet espace majestueux, à le voir d’un autre œil. Personnellement, il m’est apparu beaucoup plus petit qu’à l’accoutumée surtout lorsque je l’ai imaginé dans mes souvenirs, colonisé par les galeries lors de la FIAC.

Des « ombrelles » dont l’agencement a été réalisé d’après une formule mathématique perse, scandent le parcours sur fond de quadrichromie. Ici, j’emploie le terme de quadrichromie dans son sens le plus large possible puisqu’il est normalement usité pour désigner les quatre couleurs primaires que sont le bleu cyan, le rouge magenta, le jaune et le noir et qui sont à la base d’une image. Dans le cas de Buren, si le choix s’est arrêté sur du jaune, du bleu, du vert et du orange, c’est tout simplement parce que le matériel utilisé, du plastique PVC n’existait que dans ces quatre couleurs. Concevoir cette œuvre pour Monumenta résulte donc d’un ensemble de contraintes à la fois techniques et spatio-temporelles : l’artiste n’ayant que 7 jours pour mettre en place son oeuvre in situ. 

Pour ce projet « Ex-centrique », Daniel Buren a également revisité la verrière du Grand Palais en la colorant alternativement de bleu turquoise pour former un effet de damier étonnant qui accentue les rythmes concentriques de la verrière et renverse notre perception du centre de gravité. Perception qui se trouve d’autant plus troublée lorsqu’elle est le produit du reflet de miroirs, que Daniel Buren a installé au centre de son installation. Arrondis, ces miroirs font écho aux ombrelles, à la coupole et à la structure générale du Grand Palais qui comme le rappelle l’artiste est dans ses moindres détails en courbe et tourne autour de la figure du cercle.

Pour ma part, je trouve le résultat final joyeux et lumineux, surtout si le soleil est au RDV car cela permet aux couleurs de se refléter tout en rondeur sur le sol : l’idée étant de vivre une véritable expérience esthétique et chromatique.

« Dans une relation étroite avec l’architecture exceptionnelle de la nef, il propose au visiteur de traverser une forêt coiffée d’une canopée de disques colorés. Jeu de lumière savant qui évolue au fil des heures de la journée, rappelant les vitraux d’église autant que la géométrie des tapis persans, le travail de Daniel Buren, une fois de plus, s’attache à bousculer nos perceptions, dans la démesure« .

Éditorial de Frédécric Mitterand

La Triennale : Intense Proximité, Palais de Tokyo, jusqu’au 26 août 2012

Une grande ambition, celle de succéder à une formule un peu dépassée, baptisée lors des deux précédentes éditions « La Force de l’Art » dont l’objectif était de mettre avant l’Art Contemporain Français. Cette année, le concept a été revisité pour fonder une « Triennale » qui ne se cantonnerait pas à un patriotisme un brin malvenu. Selon les intentions de Okwui Enwezor et de ses quatre commissaires associés, la notion d' »Art Français » est par essence creuse dans notre monde contemporain où l’idée de transversalité prime.

De plus, cette troisième édition ne se tient plus dans la Nef du Grand Palais mais au Palais de Tokyo qui après d’importants travaux a vu sa surface d’exposition tripler et dans six autres lieux.

Baptisée « Intense Proximité », la « Triennale » entend autour d’un fil rouge, celui de l’ethnographie faire un « état des lieux de l’art contemporain au confluent de la scène française et des foyers de création internationaux ». Un ouvrage clé est au cœur de la réflexion : Tristes Tropiques de Claude Lévi-Strauss, texte relativiste qui questionne la place de la civilisation Occidentale en la confrontant à des cultures dites « primitives » à l’image des Indiens du Brésil (ci-dessous, tirage d’Alfredo Jaar)

Les supports sont divers : peintures, sculptures, installations, performance, concerts, dessins, films etc. bien que la vidéo reste le medium majoritaire. 120 « participants » ont été réunis et mêlent artistes, chercheurs, théoriciens, anthropologues, cinéastes etc.

L’espace est brut, les murs sont imparfaits ce qui a la particularité de donner une âme singulière à ce lieu où « l’égalité » entre artistes internationaux (Daniel Buren,Chris Ofili ci-desous, Annette Messager etc.) et artistes émergents est un principe fort.

Personnellement, j’ai été marquée par : (liste non-exhaustive)

-les photographies de Thomas Strut qui nous plongent véritablement dans une nature exubérante

– les peintures teintées de noir de Victor Man

– les compositions faites de laine, de rubans et de caoutchouc de Nicholas Hlbo

J’ai également apprécié les « Bâtons » colorés de Seulgi Lee

– le « Palm Sign » de Yto Barrada

– et l’installation Motion/Emotion de Annette Messager.

En revanche, si je devais retenir une seule œuvre ce serait sans aucun doute celle de Aneta Grzeszykowska, artiste polonaise dont le film poignant Headache explore le rapport que l’on entretient avec son propre corps : proximité, éloignement, attraction, répulsion, tous ces mots qui sont au cœur de l’intention de la Triennale parlent d’eux-même dans cette vidéo.

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