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Une double page sur le revival du bijou fantaisie avec LLY Atelier, Gas Bijoux, Manorola, le Fourbi de Capucine et la tendance de la personnalisation dans la maroquinerie avec Le Feuillet, Céline et Louise, Maison Baluchon, Bonnie and Bag etc.

Les filles de la « Classe Thomsen » libérées à la Galerie Perrotin

Pour présenter sa nouvelle collection Automne-Hiver 2014-15, Thomsen a choisi l’antre de la Galerie Perrotin et noue un nouveau dialogue à la confluence de la mode et de l’art contemporain.

Pensée comme une véritable visite guidée, les invités sont introduits aux filles de la « Classe Thomsen » qui « libérées par leurs professeurs après plusieurs années d’éducation artistique intensive, jettent un regard innocent et fantasque sur le monde qu’elles découvrent. »

Basés sur un scénario déluré de Arthur Dreyfus, les looks « défilent » sous les yeux intrigués du visiteur qui se promène entre les salles d’exposition et découvre la personnalité de ces filles aux caractères bien différents.

Certaines récitent leurs cours d’histoire de l’art à tue-tête sans s’écouter, d’autres admirent des sculptures d’Ivan Argote à travers une loupe ou une paire de jumelles. Une se complaît dans l’art du tricot derrière son grand manteau jaune tandis que deux de ses camarades s’adonnent aux plaisirs du selfie.  Quand Alexandre aime les mathématiques, Michelle dessine, Marcelle joue avec son poisson rouge ou Raphaëlle s’affaire à créer du beau avec une guirlande. Anne par goût de la transgression, va même jusqu’à feindre de caresser, lécher une des toiles multicolores de Bernard Frize. Tout ce petit monde hétéroclite s’agite à la manière d’un happening sans nous faire oublier l’essentiel : la mode, la mode, la mode.

Reprenant les codes chers « à la marque de chemises conçue pour ses amis », Thomsen flirte avec poésie et légèreté dans l’univers de l’écolière, de l’étudiante arty.

Affranchie, la jeune fille Thomsen se joue des conventions et affiche des coupes droites aux allures masculines : manteau oversize, tailleur pantalon en velours marine, gilet d’homme décliné en robe, caban sans manches à double boutonnage, mocassins.

Mutine, elle aime les imprimés audacieux, les rayures de couleurs contrastées qu’elle marie avec grâce au fluo de ses chaussettes. Elle brave la pluie sous son manteau en toile cirée à motifs, porte son pantalon un peu trop court et boutonne sa chemise jusqu’en haut.

Moderne, elle dévoile avec discrétion sa féminité dans une jupe pencil taille haute portée avec une maille, dans une robe bi-matière ajustée dont le large nœud délicatement greffé dans le dos n’est pas sans rappeler les fourreaux de Vionnet, Yves Saint Laurent et Alexis Mabille.

Bref, Thomsen c’est la classe !!

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Chloé, 60 ans de création

« Chloé est une perle. Je vous la donne, elle est pure, sans tâche. Alors s’il vous plaît, ne l’abîmez pas…« 

Gaby Aghion

Chloé c’est avant tout une attitude, « un esprit pionnier et audacieux avec de douces ruptures » pour reprendre les mots de Helene Schoumann (Chloé, Editions Assouline).

Chloé Assouline

Fruit des idées novatrices de Gaby Aghion, intellectuelle cultivée venue d’Égypte, Chloé bouscule complètement le secteur de la Haute Couture parisienne d’après-guerre.

Las du vestiaire classique et sur-mesure de la bourgeoise de l’époque, Gaby Aghion introduit un nouveau concept en créant des vêtements disponibles immédiatement et qui se démarquent par leur grande qualité de la confection. Nous sommes en 1952 : le prêt-à-porter de luxe est né.

Gaby Aghion

La créatrice choisit le prénom de son amie Chloé Huysmans pour baptiser sa marque car il évoque par ses sonorités la rondeur et la féminité. La griffe s’affiche alors en rose saumon, embossée sur une étiquette ronde, au fond sable qui rappelle les couleurs du désert de son enfance.

Chloé Logo

Empreinte de liberté, la femme Chloé se définit par sa sensualité, son énergie et sa délicatesse. Il en découle des silhouettes fluides, qui allient légèreté et transparence.

Chloe-PE13

Personnellement, l’univers de Chloé me rappelle par son côté « bohème chic » assez caractéristique, les tenues vaporeuses illustrées par les Préraphaélites à l’image de John William Waterhouse.

ophelia-1889

Et ses jeunes filles délicates et romantiques me font irrésistiblement penser à l’oeuvre de David Hamilton.

David Hamilton

L’arrivée de Karl Lagerfeld en 1966 permet à Chloé de jouir d’une notoriété internationale. La marque s’inscrit alors dans la modernité et les célébrités de l’époque à l’image de Brigitte Bardot, Grace Kelly, Jackie Kennedy se pressent dans la nouvelle boutique du 7ème arrondissement de Paris.

Chloe-by-Karl-Lagerfeld

Après les allers et venues de la tête pensante de Chanel et une période de flottement, la maison entre dans une nouvelle ère en convoquant de jeunes directrices artistiques venues tout droit de Grande-Bretagne. Ces dernières ont le sens des pièces structurées, du tailoring mais savent également par leur désinvolture travailler le flou, jouer sur les mix des matières.

Ainsi, en 1997, la maison accueille Stella Mac Cartney, alors âgée de 25 ans qui insuffle à la marque un esprit très contemporain inspiré de sa mère Linda. C’est un tournant pour la maison qui sous la présidence de Ralph Toledano, est couronnée de succès.

Tee-Shirt Ananas Stella Mac Cartney pour Chloé

Son bras droit Phoebe Philo lui succède en 2001 et apporte sa touche personnelle de féminité, cet esprit « baby-doll » très remarqué lors du défilé de l’été 2006. Elle sera aussi à l’origine du célèbre sac Paddington.

CHLOE by Phoebe Philo Eté 2006

En 2008, Hannah Mac Gibbon prend la suite, après la parenthèse incomprise du suédois Paulo Mellim,
pour enfin passer le flambeau à Clare Waight Keller, actuelle directrice artistique depuis 2011.

Pour son dernier défilé automne-hiver 2013-2014, la femme Chloé s’affranchit des codes traditionnels de la féminité et s’aventure dans la jungle urbaine sous des airs d’étudiante rebelle en soif d’aventure.

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Vêtue de cape et de grand manteau en guise d’armure protectrice, elle arpente le podium, besace sous le bras et mocassins au pied. L’esprit collège transparait par la dominance du bleu marine et du blanc. Salopettes, bermudas et pantalons amples s’affirment et donnent aux silhouettes une démarche non-chalente que la présence de cols sages tempère. Plus tout à fait innocente, légèrement influençable, la jeune fille Chloé a soif d’indépendance. Armée de grosses bagues et d’une agrafe sur le lobe de l’oreille, elle porte des jupes à bretelles telles des harnais, de larges ceintures et des robes chasubles ornées de bijoux cloutés. Prête à affronter les nuits froides, elle s’emmitoufle de matières chaudes et arbore une jupe en fourrure, rassurante comme un ours en peluche.

Dans cette atmosphère gangster sur fond de hip-hop, la jeune fille Chloé garde aussi de sa fraîcheur. Le mélange audacieux des matières joue sur la transparence et adoucit son côté « bad-girl ». Elle se montre à la fois précieuse en arborant une robe grillagée tout en bijoux et délicate vêtue d’une longue robe en plissé de soie d’inspiration antique. Le défilé se clôt sur deux pièces fortes : des jupes en plumetis déstructurées et asymétriques, en version noire et blanche. Tel le cygne de Tchaikovsky, la femme Chloé a deux facettes, elle est à la fois mystérieuse et douce.

Fashion Week PE 12 : Marc Jacobs pour Louis Vuitton

Voici probablement le dernier défilé de Marc Jacobs pour Louis Vuitton, qui s’est tenu le 05 octobre dernier à Paris dans la Cour carrée du Louvre. Ce dernier semble même dans sa collection nous donner un avant-goût de son présumé passage chez Dior: un carrousel grandeur nature, des robes en dentelle et organza ornées d’ombrelles romantiques et Kate Moss en invité spécial. La vidéo est courte mais donne le ton. Une belle inspiration !

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