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Une double page sur le revival du bijou fantaisie avec LLY Atelier, Gas Bijoux, Manorola, le Fourbi de Capucine et la tendance de la personnalisation dans la maroquinerie avec Le Feuillet, Céline et Louise, Maison Baluchon, Bonnie and Bag etc.

Je suis une Fille Salopette

Paulette Numéro 23

C’est la rentrée !

Alors pas de question de se décourager ou de faire la tête (la fête ?!)

Dans ce  nouveau numéro, on vous montre à quel point Paulette est une fille qui ne recule devant rien. Loin de se décourager à la moindre difficulté, planter un clou ne lui fait pas peur car oui elle sait se débrouiller seule !

« Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson »

Pour ce numéro très seventies, Paulette est un brin garçonne mais fidèle à ses convictions féministes féminines.

Pour ma part, je vous emmène en Vendée à la rencontre de l’Atelier Bingo, un tandem de choc qui créé du bout de leurs ciseaux magiques.

Atelier Bingo La fabrique des images
Atelier Bingo
La fabrique des images
Atelier Bingo ou l'art du papier découpé
Atelier Bingo ou l’art du papier découpé

Belle lecture !

Le monde se met à l’heure brésilienne

A l’approche de la Coupe du Monde, le Brésil est sous les feux de la rampe. Et pour cause ! C’est un évènement majeur pour cette super-nation où la passion du ballon rond commence au berceau.

A cette occasion, Arte consacre tout au long du mois de juin, une série de documentaires et de reportages sur le Brésil. Au programme : de la gastronomie, de l’évasion, de la découverte mais aussi des éléments de réflexion sur l’avenir économique du pays avec, à la clé, un road-trip animé par Daniel Conhn-Bendit ! Restez donc branchés sur les ondes !

Vogue Gisèle mai 2014

Dans un autre registre, le Magazine Lui et le Vogue Brésil affichent fièrement en couverture Gisèle Bündchen, incarnation par excellence de l’idéal de perfection tandis que les éditions espagnole et américaine du géant de Condé Nast mettent respectivement à l’honneur Cristiano Ronaldo et sa femme dans un duo très sensuel et Adriana Lima et ses condisciples Alessandra Ambrosio, Raquel Zimmermann et Isabeli Fontana dans un shoot très sportif. Pour marquer le coup et montrer que la mode sait aussi sortir de son champ d’appréhension premier, cette « Team Brazil » – qui réunit en son sein les mannequins brésiliennes les plus prometteuses de leur génération – parle de football à découvert. Car ne l’oublions pas, parler football quand on est Brésilien, c’est évoquer son patrimoine culturel et affirmer par extension sa fierté d’être Brésilien.

N’étant, pour ma part, pas une grande spécialiste du ballon rond, je profite cependant de cette actualité brûlante pour évoquer ce pays de cœur sous le spectre de la création.

Toutefois, je ne saurais que trop vous conseiller de voir « O Ano em que meus Pais Saíram De Férias« . Ce film sublime et sensible traite de la dictature des années 70 sous le regard d’un jeune garçon. Passionné de football, il rêve de voir les « Auriverde » triompher pendant la Coupe du Monde et porte un regard innocent sur les circonstances politiques qui touchent sa famille et son pays.

Pays continent où le soleil inonde de sa lumière presque toute l’année, le Brésil étonne par sa diversité et son exubérance. Devenu cinquième puissance au monde, il connaît ces dernières années une croissance fulgurante grâce au développement de sa classe moyenne.

Source de fascination il évoque, par son climat chaud et ses plages paradisiaques, la perfection des corps et le fantasme d’une beauté métissée. Une inspiration qui n’a pas échappé au regard affûté de Sébastien Tellier qui y a planté le décor de son dernier album « L’Aventura ». Chanteur décalé de la scène française aux airs de gourou illuminé, il part ici à la reconquête de son enfance. “Quitte à se réinventer une enfance, autant le faire au Brésil plutôt qu’en Allemagne ! Pour ce projet, il me fallait un pays beau et luxuriant, qui respire la joie de vivre, qui soit lointain. C’est un pays qui me fait rêver. »

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Cliché ou non, cet exotisme inhérent à la culture brésilienne est non seulement vendeur mais surtout très rafraîchissant.

Déjà en 2013, le Brésil a fait l’objet d’une opération très réussie au Bon Marché, qui mettait en avant la mode, le design et l’art de vivre brésilien. Monoprix surfe aujourd’hui sur cette vague en proposant toute une série de vêtements et objets pensée par cinq artistes femmes venues des quatre coins du Brésil.

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De manière générale, je trouve ces initiatives hautes en couleurs pleines de bonnes intentions mais attention tout de même à ne pas abuser de certains codes au risque de classer la mode brésilienne en une accumulation folklorique de signes dérivés d’un imprimé Desigual, ce qui à mon sens n’est pas très flatteur. La marque originaire de Barcelone n’a d’ailleurs pas hésité à faire appel à Adriana Lima dans sa dernière campagne pour réaffirmer son identité « latine ».

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Pays très fortement inégalitaire, le Brésil se vit aussi sur le mode des contrastes et du culte de l’apparence.

Les courbes idéales des tops modèles brésiliens sont en effet devenues la carte de visite de la « Brasilidade » dans le monde de la mode et de la beauté. Elles sont source d’identification pour les Brésiliens qui, obsédés par leur physique, battent tous les records de dépenses pour atteindre la perfection : sport, chirurgie esthétique et consommation de produits cosmétiques en tout genre. Troisième marché mondial de la cosmétique avec une consommation moyenne annuelle par habitant de 160 euros, le Brésil compte en effet plus de chirurgiens plastiques que dans toute l’Europe réunie.

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De plus, le Brésil se caractérise par un climat tropical et est bordé de plus de 8 000 kms de côtes et de littoral marin. La plage est omniprésente dans le paysage local renforçant l’attention portée au corps comme c’est le cas dans la ville de Rio de Janeiro. « La mer, la plage sont les éléments les plus importants de la vie d’une Carioca. La plage, c’est tout, c’est l’endroit de toutes les rencontres. Elle appartient à tout le monde. Ici, pas de plage privée. Ainsi, la beauté est permise à tous, sans discernement. Les gens sont toujours pratiquement nus. Ils montrent leurs corps. Comment faire autrement qu’être belle ? »  rappelle Ivo Pitanguy, célèbre chirurgien plasticien brésilien. La constatation est la même dans une interview de Lenny Niemeyer du magazine Be, où la journaliste demande pourquoi les Cariocas sont-elles tant obsédées par leur corps : « A Rio, les filles vont à la plage depuis qu’elles sont bébé : leur corps a toujours été exposé aux yeux des autres. A Sao Paulo, d’où je viens c’est différent […]. A Rio, où les jeunes se rencontrent souvent sur la plage, les garçons te voient en Bikini dès le premier jour. »

Révélateur du rapport au corps, le bikini est le vêtement qui caractérise le plus l’âme du pays. Caractérisé par ses dimensions réduites à l’origine de sa réputation sulfureuse mais aussi par la diversité de ses imprimés, c’est une véritable institution au Brésil. Pour celles qui en recherchent en France, je vous conseille le site Brazilian Bikini Shop qui propose de nombreuses marques de bikinis brésiliens : Blue Man, Salinas, Rio de Sol, Agua de Coco.

Pour ceux qui ressentent une vraie « saudade » de arroz e feijão, je vous recommande de passer la porte de Leblon. Fraîchement installé à Paris (à Saint Ambroise, à 2mn du Marais et de Bastille), ce restaurant revisite tous les classiques de la gastronomie brésilienne avec goût et raffinement :  Acarajé, Pao de Queijao, Picanha, Feijoada, Moqueca. De quoi contenter toutes les papilles. Testé et approuvé par mes soins ! Aproveitem !

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contact : pauline.weber@theatredelacreation.com

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La résurgence de la danse classique dans l’univers de la création

Article illustré par une conversation avec Dorothée Blacher,  responsable du Département Danse au sein de la maison Repetto

Des danseurs sont allongés sur du papier froissé et bougent au rythme du flash et des instructions du photographe. La préparation d’un reportage sur les coulisses d’un ballet ? Pas exactement.

JR, célèbre pour ses photomatons géants disséminés à travers le monde, a initié cet hiver un vaste projet dans le cadre des Arts Series du New York City Ballet. Le résultat, une installation grandeur nature, un œil témoin de notre temps, qui retranscrit avec force, la beauté des corps de quatre-vingts danseurs au rythme d’une chorégraphie immobile. Une collaboration plus qu’étonnante quand on pense à l’identité artistique de JR qui se réclame du Street Art, courant plus radicale dans ses fondements que la danse classique. L’expérience a été si fructueuse que ce dernier s’est même improvisé chorégraphe pour un ballet qui sera présenté en avril et mai prochain au Lincoln Center.

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La preuve que la danse classique inspire bien au delà de son domaine de prédilection.

Et pour cause, elle est devenue aujourd’hui un véritable support de communication. De nombreuses marques et pas seulement de mode, puisent dans son univers pour donner du sens à leur discours et construire des histoires autour de leurs offres respectives.

Dans cette optique, le Club Med a présenté récemment une nouvelle campagne intitulée « Le Ballet ». Réalisée par l’équipe créative de Saatchi & Saatchi, cette dernière met en scène un couple de danseurs suivi par une troupe de ballerines qui réinterprètent en mouvement la fameuse chanson « Darla Diladada » des Bronzés. Une façon subtile pour le célèbre club de vacances de réaffirmer sa volonté de monter en gamme avec humour et décontraction. Créatrice d’identité, la danse classique valorise en effet tout ce qu’elle touche. Art de l’exigence par excellence, elle incarne à la perfection les valeurs du luxe.

L’engouement suscité par Black Swan en 2011 n’est pas anodin. Le film a en effet largement contribué à redonner à la danse classique ses lettres de noblesse. En tant que consultant chorégraphe pour le film, Benjamin Millepied a d’ailleurs beaucoup œuvré dans ce sens, provoquant ainsi les convoitises de nombreuses marques. On repense en effet à la campagne publicitaire d’Air France « l’Envol » où il danse avec sa partenaire sur une chorégraphie de Prejlocaj, choisie pour symboliser avec poésie l’invitation au voyage par les sentiments amoureux. Mais aussi au parfum « L’Homme Libre » de Yves Saint Laurent pour lequel il a été choisi comme égérie et où on le découvre en pleine rue danseur des temps modernes. Une démarche à son image puisqu’il pense lui-même que « la danse est partout » et qu’elle doit être au cœur des projets artistiques.

Source d’inspiration, l’esthétique du ballet jouit de plus d’une grande force de représentation. Ainsi, pour présenter sa collection printemps-été 2014, la jeune créatrice Alix Thomsen a choisi de faire appel à des danseurs de l’Opéra de Paris. A travers « l’histoire de trois sœurs et d’un voyageur », les vêtements sont mis en scène, bougent et se muent au rythme des rebondissements du scénario. Sur le lookbook, l’une des danseuses, Juliette Gernez, pose à plusieurs reprises montée sur pointes ou avec son tutu.

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Basé sur l’imaginaire du corps en mouvement, du geste parfait et de la féminité, la danse classique détient ce pouvoir inouï de créer du beau tout en faisant appel à un langage universel.

« Les ballets reflètent l’histoire de la vie, de la jeune fille en quête d’amour » comme le rappelle si justement, Dorothée Blacher, responsable du Département Danse au sein de la maison Repetto.

Voilà pourquoi la danse classique et la mode n’ont eu de cesse d’entretenir un puissant dialogue créatif, faisant collaborer designers, chorégraphes et artistes. Déjà dans les années 20, Gabrielle Chanel avait uni ses talents à ceux de Jean Cocteau et Picasso, en réalisant les costumes de plage du Train Bleu, un des célèbres ballets russes de Serge Diaghilev. D’autres rencontres de ce type ont également marqué les esprits par la suite à l’image de Gianni Versace et Béjard ou de Christian Lacroix pour l’Opéra National de Paris.

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Par ailleurs Chloé, dont l’univers esthétique s’inscrit dans la fraicheur et la délicatesse de la jeune fille, a également trouvé tout naturellement son inspiration dans le monde du classique. En 2011, Hannah Mac Gibbon a proposé à cet effet un défilé entièrement tourné sur l’univers de la ballerine. Fluidité et transparence sont les maitres mots de cette collection Eté qui rassemble en son sein les codes chers à la marque : plissés en mousseline de soie, jupons en tulle et pantalons amples déclinés sur une palette de couleurs nudes sont associés à des justes-aux-corps qui subliment avec grâce la féminité. Une vidéo diffusée sur Internet et mettant en scène Janie Taylor, danseuse au New York City Ballet, dans les créations de la maison, a de plus été pensée pour marquer l’événement.

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Dans le domaine de la danse contemporaine, digne héritière du ballet, les exemples font aussi légion : Rei Kawakubo et ses costumes « bosses » pour Merce Cunningham, Jean Paul Gaultier et Régine Chopinot ou encore Dries van Notten pour Anna Theresa de Keersmaecker. A la fois sublimé et acteur d’une recherche conceptuelle aboutie au service de la chorégraphie, le costume de danse trouve alors son sens le plus profond tant d’un point de vue artistique qu’intellectuel.

Plus récemment en 2013, Azzedine Alaia, sculpteur du corps par excellence et déjà précurseur en la matière avec sa contribution pour Carolyn Carlson, a conçu les costumes pour La Nuit de Prejlocaj et Les Noces de Figaro à Los Angeles.

D’autre part, Riccardo Tisci, directeur artistique de la maison Givenchy, pourtant friand d’une esthétique plus sombre, a signé à la même époque « des combinaisons seconde peau de couleur nude en tulle rebrodé de dentelle ivoire formant un squelette » pour le Boléro de Ravel. A croire que d’un extrême à l’autre, il n’y a qu’un pas. « Ce qui intéresse à mon sens les créateurs, c’est que de quelque chose de très strict, on parvient à travailler l’opposé. La danse classique c’est aussi ce goût de la transgression que l’histoire du lac des cygnes relate à la perfection » précise Dorothée Blacher.

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Par l’union du tissu et du corps en mouvement, les liens entre danse classique et la mode ne tarissent pas et au contraire, s’autogénèrent.

A ce titre Repetto, marque qui a fait sa renommée après la seconde guerre mondiale grâce à ses chaussons aux coutures retournées et ses vêtements dédiés à la danse, est un cas d’école. Car tout en conservant son territoire d’origine, elle a su pénétrer l’univers de la mode et du luxe. Une histoire qui commence en 1956 avec la création des ballerines rouges Cendrillon, immortalisées par Brigitte Bardot dans « Et Dieu créa la femme » et que Serge Gainsbourg a perpétué dans les années 70 en adoptant en ambassadeur officiel les fameuses Zizi.

Après une période de flottement, la marque est véritablement revenue sur le devant de la scène en 1999 sous l’impulsion de son nouveau directeur Jean-Marc Gaucher. Les collaborations avec les designers japonais, Issey Miyake, Yohji Yamamoto ou Comme des Garçons participent à ce renouveau. En lançant sa collection de prêt-à-porter en 2012 et son parfum en 2013, la maison Repetto a pris un nouveau tournant.

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Comme l’explique Dorothée Blacher, « l’objectif est de parler de la silhouette de la danseuse en tant que femme active et contemporaine. En diversifiant notre offre produits, nous avons voulu incarner tout ce que la femme Repetto représente aujourd’hui, à savoir une femme en mouvement qui de son cours de danse ou de yoga, part travailler ses ballerines de ville aux pieds et sort le soir surélevée sur des talons qui lui rappellent la cambrure obtenue par les pointes. Repetto c’est avant tout un art de vivre, une attitude. On ne propose pas simplement des produits mais une silhouette, une fonction. Repetto apporte à la femme la grâce de la danseuse. »

Enfin, si la danse classique s’inscrit dans l’air du temps et inspire la création contemporaine, c’est aussi parce qu’elle jouit aujourd’hui d’un regain d’intérêt très fort. Les mannequins ne cessent de vanter ses louanges pour la silhouette et l’on a même vu de nouvelles pratiques sportives s’en inspirant, à l’image du « Body Ballet », apparaître.

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Ce phénomène semble aller de pair avec notre époque contemporaine dont la rigueur et l’autorité contrecarrent avec le bling-bling dépassé des années 2000. De plus, dans une société effrénée et avide de résultats rapides, la danse classique fait à l’inverse l’éloge de la patience et de la modestie. Maitrise du corps et apprentissage de la frustration, sont les maîtres-mots de cette discipline.

C’est une sorte de retour aux fondamentaux, « back to basics »

« La danse classique c’est la base, le point de départ d’un large éventail de mouvements, d’une grande liberté de création. Grâce à elle, on apprend à positionner son corps et à mieux se connaître. C’est l’école de la concentration, de la perfection, de la grâce. Et ce sont là de vraies valeurs. » ajoute Dorothée Blacher.

Et puis, si elle continue à attirer tant d’adeptes, toutes générations confondues et ce malgré les difficultés qu’elle représente, c’est qu’elle incarne « le rêve ultime de toutes les petites filles mais aussi des femmes » spécifie t-elle. « Car ne l’oublions pas que la danse c’est avant tout l’instant premier.»

 

Carven et Petit Bateau se rencontrent dans l’univers de l’enfance

Save the date !

La collection Capsule Petit Bateau + Carven sera disponible à partir du 4 décembre 2012 dans les boutiques Petit Bateau et dès le 3 décembre en avant-première sur le site Internet.

Déjà en vente depuis le 05 novembre 2012 chez Colette, cette nouvelle collaboration s’est imposée comme une évidence pour Guillaume Henry, directeur artistique de la maison Carven.

« Nos collaborations étaient jusqu’à maintenant associées à une collection et à un récit spécifique, mais la ligne que nous avons développée avec Petit Bateau va plus loin. Ce n’est plus une histoire liée à la collection, c’est une histoire de valeurs partagées. Il y a une sorte de simplicité joyeuse dans ce qu’ils font. Quand je pense à Petit Bateau, je pense à la fraîcheur. » explique t-il.

Pour l’occasion, ce dernier a crée neufs silhouettes (femmes et enfants) qui reprennent les codes communs aux deux marques : l’univers de l’enfance et un côté femme-enfant, preppy très assumé.

« Nous avons essayé de définir la garde-robe Carven à l’aide de quelques volumes emblématiques. Il s’agit toujours d’un mélange de séduction et de discrétion. » ajoute Guillaume Henry.

Le style Carven d’aujourd’hui joue en effet sur l’alternance de jupes courtes ou shorts bouffants accompagnés d’un haut plus strict comme une chemise boutonnée jusqu’au cou.

Guillaume Henry établit dans ses collections des contrastes « à la frontière du pudique et du charnel ». Ici, cette robe rouge est courte et moulante mais ornée d’un col sage qui adoucit l’ensemble. Chez Carven, tout est dans la nuance et la subtilité. La pose est lascive, un brin suggestive.

La fille Carven est spontanée : « Elle joue la femme mais c’est encore une petite fille qui essaie les vêtements de sa mère et qui n’est toujours à l’aise avec des talons hauts, mais je veux qu’elle reste comme ça. »(Conférence IFM)

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Les inspirations de Guillaume Henry sont surtout cinématographiques à l’image de Charlotte Gainsbourg dans La Petite Voleuse ou l’Effronté. Ce qu’il aime chez elle, c’est son côté « chic adolescent« , « Ce n’est pas une fille, ce n’est pas encore une femme, elle est entre-deux. Elle porte le même pull depuis 3 ans » mais elle ne sait pas à quel point elle est craquante car c’est « le charme de ce qui n’est pas décidé ». Audrey Hepburn fait également partie de son univers.

Gatsby le Magnifique : un roman, un film, une inspiration mode

Personnage emblématique de la « Génération perdue » désenchantée par la Grande guerre, Francis Scott Fitzgerald est l’un des auteurs américains les plus célèbres de son époque tant pour son œuvre que par sa vie qu’il consumera trop vite. « Il écrivait pour la même raison qu’il buvait: parce qu’il était trop sensible pour mener une vie normale » dixit Frédéric Beigbeder dans un registre légèrement décalé, mais criant de vérité.

Gatsby le Magnifique est son œuvre phare, le roman de sa vie dans lequel il a tout investi, pour conquérir le monde et satisfaire les désirs matériels de sa femme Zelda. Paru en 1925, l’ouvrage n’a malheureusement pas reçu le succès escompté. Pourtant, l’influence de ce roman est aujourd’hui sans précédent, que ce soit au regard de la littérature, du cinéma ou de la mode.

L’histoire a lieu à l’époque où Fitzgerald l’écrit: celle des années folles, où danser sa vie est un leitmotiv absolu. La fête bat son plein à Paris comme à New York. Les femmes s’animent dans des robes à franges audacieusement courtes et arborent des coupes à la garçonne. Cette ambiance particulière, Fitzgerald la décrit avec légèreté et précision à travers Nick Carraway, narrateur et voisin de Jay Gatsby. Ce dernier est un jeune milliardaire inconnu qui organise dans sa villa de Long Island d’opulentes réceptions mais dont l’intime espoir est de retrouver son amour adolescent Daisy, elle-même cousine de Nick. « Il y avait de la musique qui s’échappait de chez mon voisin, les soirs d’été. Dans ses jardins bleus, des hommes et des femmes allaient et venaient comme des papillons de nuit, parmi les chuchotements, le champagne et les étoiles ».

Si vous souhaitez vous plonger dans ce roman, sachez que la plume de Fitzgerald a posé certains problèmes de traduction et qu’aucune des versions faites autour de « Great Gatsby » ne fait  aujourd’hui l’unanimité. Fitzgerald n’est cependant pas un cas isolé : Hemingway, pour citer quelqu’un dont il était proche, a lui aussi donné lieu à de nombreux débats à propos des traductions de ses romans. Le meilleur moyen de ne pas se torturer afin de choisir entre Gatsby le Magnifique traduit en 1946 par Victor Liona, Gatsby le Magnifique traduit en 1976 par Jacques Tournier ou toute autre traduction est probablement de le lire dans sa langue originale, l’anglais…

La dernière traduction en date est celle de Julie Wolkenstein (sortie janvier 2011) qui l’a rebaptisé « Gatsby »… tout simplement. L’œuvre étant désormais libre de droits, la romancière, pas du tout traductrice à la base, s’est aventurée dans cet exercice périlleux pour des raisons affectives, presque vitales  : « J‘avais la certitude, intime mais jamais vérifiée, que ce roman faisait partie de moi, de ma vie, qu’il avait touché chez moi, une fois pour toutes, une corde essentielle. » Cette traduction fut somme toute assez critiquée car trop sujette à interprétations et celle de Jacques Tournier me parait plus fidèle au texte original.

Par ailleurs, si l’œuvre de Fitzgerald a été l’objet de nombreux remaniements, les adaptations cinématographiques furent également multiples. La première version date de 1926, la seconde de 1949 mais c’est celle de 1973 de Jack Clayton qui a le plus marquée les esprits. Le scénario a été entièrement réécrit par Francis Ford Coppola, après le rejet de celui de Truman Capote et certaines scènes ont même été revues par Vladimir Nabokov. Le film met en action Robert Redford dans le rôle de Jay Gatzby et Mia Farrow dans celui de Daisy Bucchanan. Une beauté solaire se dégage de ce film où luxe ostentatoire et impitoyable pauvreté se côtoient. En définitive, passés les conventions sociales, le rêve et l’artificialité de la nuit festive, c’est le souffle d’un amour illusoire qui se dégage de cette Amérique de la Prohibition. Ce sont toujours les plus corrompus qui gagnent car le monde est trop étroit pour laisser place aux sentiments et à la sensibilité. Cette amertume presque insolente se fait écho dans les mots de l’auteur quand il avoue sans peine: « Je suis un romantique. Un sentimental croit que les choses vont durer, un romantique espère en dépit de tout qu’elles ne dureront pas. »

Une nouvelle adaptation cinématographique est attendue pour la fin de l’année 2012 avec Leonardo Di Caprio pour le rôle de Gatsby et Carrey Mulligan dans celui de Daisy.

Au delà des mots et de la bande-son peuplée d’images, l’œuvre de Fitzgerald est un formidable laboratoire d’analyse sur la mode et le costume. Les Années Folles sont frappantes de ce point de vue là et on ne se lasse pas d’observer l’élégance irréelle du vestiaire masculin ou des robes de l’époque, dans leur façon magique et éblouissante de se mouvoir.

En septembre dernier, le défilé Ralph Lauren Printemps-Eté 2012 a fait souffler un vent de légèreté et de couleurs douces sur New York, nous rappelant le charme suranné de l’Amérique des années 20.

Un grand bol de fraicheur se dégage de cette collection teintée de vert anis, de bleu pastel, de rose poudré, de jaune éclatant mais aussi de blanc tout simplement. Le fluidité des coupes et le travail des volumes donnent, par effet de transparence, une allure aérienne aux silhouettes. De plus, un jeu subtil entre mat et brillant est opéré grâce à l’utilisation de la mousseline de soie et du satin coupé en biais. Les mannequins défilent avec un chapeau cloche sur la tête, des perles autour du cou et affichent des imprimés floraux très tendres mais également une attitude plus garçonne en costumes d’hommes revisités. Un cocktail tout simplement vivifiant. Ici, Ralph Lauren renoue avec ses premiers amours, ceux du temps où sa toute jeune marque avait habillé Robert Redford, dans Gatsby justement…

Le LabStore, générateur d’expériences culinaires

Niché à deux pas de la cour d’honneur du Palais Royal et des colonnes de Buren, le LabStore est un lieu différent, encore peu connu des Parisiens. Ce concept original me permet aujourd’hui de vous parler cuisine et gastronomie, un thème cher à mes yeux, que j’ai tendance à délaisser, faute de temps.

Le LabStore a ouvert ses portes mi-septembre à Paris et se divise en deux sections : la boutique à l’entrée et le bar à dégustation au sous-sol, baptisé FoodLab. Incubateur de curiosités, cet espace propice à la relaxation et à la méditation, propose des créations culinaires innovantes et étonnantes, placées sous le signe de l’art, du design et de la science.

Ces créations sont proposées par le biais des « expériences » : déjeuner, dessert, café, cocktail.

Les expériences déjeuner, dessert et cocktail offrent la possibilité de tester la « bouteille consommable », concept conçu par le designer François Azambourg, le scientifique David Edwards et le chef Thierry Marx. L’idée c’est que contenu et contenant sont comestibles. On boit dans une bouteille tout en la mangeant.

Je vous laisse découvrir en images :

– Ici l’entrée de l’expérience déjeuner : un velouté de potiron emprisonné dans une membrane aux pousses d’épinards avec une écrasée de châtaignes.

– Ici l’expérience dessert accompagnée d’une coupe de champagne : une membrane à l’amande contenant un coulis de poires avec de la glace maison et des spéculos émiettés.

Pour le dessert, il est possible de percer la « bouteille » et de boire son contenu, qui à la différence de la soupe, est frais. L’expérience prend ainsi tout son sens et permet d’appréhender de plus près le concept.

Par ailleurs, l’expérience café vous fera découvrir Aladdin, un curieux objet de design qui n’est pas sans rappeler la lampe magique du génie. A chaque frottement, on inhale des arômes de chocolat qui se déclinent en huit saveurs à deviner : coco, gingembre, noisette, cannelle, cerise, orange, mandarine et citron. Bref, un rendez-vous pour les papilles et de la gourmandise sans les calories !

Pour continuer l’expérience, direction la boutique avec le Whif au chocolat ou au thé vert et  l’Aéroshot, un concentré de pure énergie au citron.

À voir également, l’expérience cocktail avec dégustation de champagne sur le principe de la bouteille consommable et découverte du Whaf. Basé sur la cuisine aérienne, le Whaf transforme n’importe quel liquide en un nuage de saveurs que l’on aspire avec une paille. Un concept révolutionnaire, bientôt en vente au grand public.

Le FoodLab, une invitation au voyage et aux plaisirs sensoriels, une bulle de calme coupé du monde, qui nous fait oublier, le temps d’une expérience, la torpeur parisienne.

Toutes les expériences sont à 10€. Expérience cocktail à 15€ (nocturne le vendredi soir, sur réservation la veille)

The LabStore

4 rue du Bouloi

Paris 1er 

Cindy Sherman, « égérie » pour la marque MAC

Voici, une collaboration étonnante et frappante que j’ai récemment découvert dans les boutiques MAC : Cindy Sherman, artiste américaine célébre pour ses séries d’autoportraits subversifs, prête son image à la marque américaine de maquillage professionnel et lance trois looks pour l’automne : Midnight Blue, Angel Fame et Wild Colours.

Adepte du travestissement et de la mise en scène, cette photographe post-moderne a marqué les trois dernières décennies en questionnant la place et l’image de la femme dans la société. Elle est aujourd’hui la photographe la plus chère du marché, une de ses oeuvres Untitle n°96 ayant été adjugée à 3,89 millions de dollars en mai 2011 chez Christie’s.

On peut donc s’étonner qu’une marque de maquillage, qui part nature prône la beauté et l’embellissement, utilise comme vecteur de communication, Cindy Sherman qui justement la détourne. Personnellement, je ne l’ai pas du tout vu comme ça et j’ai trouvé l’initiative plutôt audacieuse et cohérente.

MAC joue beaucoup sur l’idée que le maquillage est un art à part entière, avis que je partage totalement tant la technicité et les gammes coloristiques rejoignent à mon sens la palette du peintre. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le maquillage professionnel tire ses origines dans les arts du spectacle : c’est un maquillage de scène qui tient et qui se voit comme celui que l’artiste américaine utilise dans ses clichés.

Jeff Koons relooke les flacons de crème Khiel’s

Voilà une initiative que je ne peux que saluer tant je suis en permanence à la recherche des ponts d’ancrage qui lient les champs créatifs. Je fus donc étonnée mais agréablement surprise, de découvrir que Jeff Koons, star de l’art contemporain, a investi l’univers de la beauté en signant à son effigie des produits Khiel’s.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’artiste collabore avec la célèbre marque américaine de cosmétiques, puisqu’il avait participé dans le cadre du Earth Day 2010 au design du « Açai spray » avec Julianne Moore, Pharrell Williams et la surfeuse Malia Jones. Une occasion pour les artistes comme pour la marque de montrer leur engagement écologique.

Pour cette édition spéciale, Jeff Koons rhabille ainsi « Crème de Corps », le best-seller de la marque, en l’affublant d’un bouchon doré et d’une reproduction de sa Ballon Flower, cette imposante fleur de métal qui était dans la cour d’honneur du château de Versailles lors de l’exposition en 2008-2009, et qui s’est vendue en juin 2008 dans sa version magenta à 23 millions de dollars chez Christie’s à Londres. Un record pour un artiste vivant.

L’intégralité des bénéfices de la vente sera reversée en faveur de son association « The Koons Family Institute » qui lutte contre l’exploitation et la disparition d’enfants, l’artiste étant lui-même le père d’un enfant kidnappé Ludwig, qui a à ce jour ne lui a toujours pas été rendu.

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