Dans le Paris de Ana Girardot

Je me rends compte que j’oublie très souvent, trop souvent de partager ce que j’écris, à propos de qui, de quoi, dans quel cadre et si parfois, je m’use à m’agiter dans tous les sens, que ça ne marche pas tout de suite pour des raisons X ou Y, il y a aussi de belles surprises, des moments inspirants qui vous emplissent d’énergie et vous poussent à continuer ce métier terriblement humain, que je fais par passion, grande curiosité pour l’autre et goût des mots. Par exemple, dans le Madame Figaro du mois de juillet 2017, j’ai rencontré Ana Girardot en invitée spéciale du cahier Île de France. On parle de son rôle dans le dernier film de Cédric Klapisch « Ce qui nous lie » (actuellement en salles) et de ses petites adresses secrètes parisiennes comme le jardin du Musée de la Vie Romantique ou la boutique Deyrolles 🦋 photo par Louis Teran

Extrait :

« Révélée en 2010 dans Simon Werner a disparu, Ana Girardot n’hésite pas à multiplier les rôles différents et ne rechignerait pas à l’idée de se raser la tête ou de prendre 30kilos pour les besoins d’un film, précisant en bonne épicurienne et non sans humour, qu’elle en profiterait pour « se faire allègrement plaisir ». Aller là où on ne l’attend pas, sortir de sa zone de confort sonnent chez elle comme des leitmotivs. « Quand tu es jeune comédienne, il vaut mieux explorer, se frotter à d’autres univers » explique-t-elle sans l’ombre d’une hésitation. Un principe qui l’a poussé à se confronter au travail de la terre en Bourgogne dans le dernier film de Cédric Klapisch, Ce qui nous lie, actuellement à l’affiche. Résolument urbaine dans la vraie vie, elle se met dans la peau de Juliette, une jeune viticultrice inscrite dans la modernité, désireuse d’affirmer non seulement sa position dans un milieu traditionnellement réservé aux hommes mais aussi dans sa fratrie où elle est prise en étau entre ses deux frères, incarnés à l’écran par Pio Marmaï et François Civil.

« Ca était beaucoup d’observation… et de dégustation ! J’ai énormément travaillé sur la corporalité, sur la manière de parler qui est plus lente, le poids de la réussite. Nous avons également construit un vrai rapport frères-soeurs avec Pio et François. Je me suis vraiment prise au jeu et il s’est tout de suite créé quelque chose de très naturel entre nous. »

Partageant avec le réalisateur un amour profond pour Paris et plus précisément pour le quartier de la rue de la Roquette où Chacun cherche son chat a plus de 20 ans en arrière, planté son décor sans jamais prendre une ride, elle est comme lui inspirée par Brooklyn et s’envole pour l’Espagne dès que la saison chaude reprend ses droits. « Il a marqué mon paysage cinématographique. Le Péril Jeune et la trilogie de l’Auberge Espagnole ont été les symboles de toute ma génération. »

Actuellement en tournage du drame Bonhomme de Marion Vernoux au côté de Nicolas Duvauchelle, Ana sera à la rentrée, au côté d’Omar Sy dans le rôle-titre du célèbre docteur Knock de Lorraine Levy, adapté de la pièce de théâtre de Jules Romains. »

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Bernard Frize, l’expérience de la peinture

S’en tenant à un langage utilitaire plutôt qu’à l’émotion pure, Bernard Frize s’intéresse à l’acte de peindre qu’il explore et épuise sous tous les angles. Travaillant essentiellement en série, son point de départ est simple et récurrent mais les possibilités infinies. Parce que la création est intimement liée à la contrainte, Bernard Frize détermine des règles, des directions, des limites et produit des peintures qui supplantent toutes classifications. Cascades de couleurs ou monochromie s’agencent dans une constellation de formes à la physionomie variée – chutes, volutes, nuages vaporeux, surfaces tissées – qui matérialise son idée de l’art avec une incroyable poésie et un savant mystère. 

L’acte de peindre 

On serait tenté de chercher en vain des explications, d’interpréter plus qu’il n’en faut. Et pourtant, « il n’y a rien derrière mes peintures » admet l’artiste. Loin de toute provocation ou prétendue revendication, son processus artistique appelle au contraire au détachement, à l’humilité face au résultat plastique. « Je n’ai rien contre la beauté mais elle n’est pas le but. Je n’y pense jamais. La beauté est souvent liée aux couleurs et moi, je fais en sorte que les couleurs ne soient pas sollicitées » ajoute-t-il. Car si les couleurs sont omniprésentes dans ses toiles, elles n’en demeurent pas moins secondaires. L’artiste français basé à Berlin les appréhende en effet comme des outils dont « la liste est rouge, bleu, jaune, violet, vert, marron, noir et blanc. Elles servent à appeler les coups de pinceau par des noms différents. »

Bernard Frize aime réfléchir aux mécanismes qui précédent la toile peinte, telle qu’elle existe dans toute sa matérialité. Minimalistes et pures, ses travaux répondent à une exigence de sincérité où il semble peindre pour le plaisir de peindre. Pour lui, la peinture est merveilleux moyen de compléter notre compréhension du monde. « Regarder une peinture, c’est outre le plaisir que l’on en a, mener une enquête quasi policière, chercher des indices, des traces, des signes même si l’on est incapable d’élaborer verbalement ce que l’on regarde. Sans penser qu’une peinture puisse être épuisée par l’explication, je crois que les grandes peintures parlent toujours de la tragédie humaine, de notre condition de mortel, de notre inscription dans le monde. Par notre travail, par notre pensée, par nos œuvres, l’art donne une forme au chaos, non pas parce qu’il s’agit de trouver une signification cachée dans notre vie, dans le monde ou l’histoire, mais parce que nous sommes seuls et que nous cherchons sans aucune garantie extérieure, la signification de notre être. »

 

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Exhibition View, Courtesy Galerie Perrotin

 

Entre hasard et rationalité 

Ne se réclamant d’aucun courant, d’aucune branche de l’art abstrait, il se dit porté par la génération de l’image, son émergence, sa dissolution. D’un tempérament calme et réfléchi, il travaille seul et assidument dans son atelier en respectant une routine de production parfois douloureuse. Tout est rigoureusement pensé à l’avance : il tâtonne, il teste, s’il se trompe, il recommence car tout doit être sur une seule couche. Le geste est unique et le pinceau n’a pas le droit à l’erreur. Bien sur le hasard peut intervenir soit par chance, soit parce qu’il organise secrètement sa venue sinon il ne serait pas artiste « Je trahis dès que possible les règles que je me fixe sous peine de m’ennuyer. Mes peintures naissent du chaos, de la chance. Leurs formes dépendent uniquement de leurs propriétés techniques : fluidité, quantité de peinture, angle de la surface sur laquelle elle s’écoule. Cet aspect, l’expérience visuelle ne le montre pas. En fait, en art, je déteste le formalisme, le design graphique, le mimétisme, les choses sans motivations, juste pour faire joli. J’aime la profondeur, la cohérence, la loyauté. Les images sont indispensables, mais pas celles qui ne représentent qu’elles-mêmes. »

Critique d’art et professeur à la School of the Art Institute of Chicago, Terry Myers ne manqua pas de souligner, avec humour et justesse, que ses peintures sont « la somme de 100 pour cent de désinvolture et de 100 pour cent de calcul ». De quoi écarter toute spéculation à son sujet car si Bernard Frize a commencé la peinture à l’âge de 15 ans, il ne la retrouvera que plus tardivement après plusieurs chemins de traverse et tergiversations qui lui permettront d’en comprendre son essence sacrée.

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Exhibition View, Courtesy Galerie Perrotin

 

Longue vie à la peinture

Bien que certains prédisent depuis des décennies la mort de la peinture, elle reste un espace de travail valable. « Les artistes français, mais plus encore le milieu de l’art français, traumatisé pendant longtemps par la chute de sa domination sur la scène internationale a érigé Marcel Duchamp en père spirituel et s’est interdit pendant longtemps de regarder les peintures, mais c’est probablement le seul pays qui fut aussi dogmatique et qui s’est ainsi isolé du monde. Il y a certainement beaucoup plus de peintres aujourd’hui mais il y a beaucoup plus de tout aujourd’hui aussi. Toutes les formes d’art co-existent » précise-t-il avec justesse.

En 2015, Bernard Frize a gagné le prestigieux Käthe-Kollwitz-Preis signant une double reconnaissance dans sa terre d’adoption : l’Allemagne. Et parce que tout est possible au lever du jour, il expose actuellement à la Galerie Perrotin de New York avec pour leitmotiv Dawn comes up so young, titre tirée d’une chanson de Roy Orbison, dans Zabriskie Point. « L’innocence vient à l’aube, et la chouette de Minerve, apportant culpabilité et remords, vient au couchant » confie-t-il. Il est également à l’honneur dans deux expositions collectives qui explorent respectivement la représentation du volume et l’idée de surface à la Galerie Simon Lee de Hong-Kong et à la Galerie Dirimart Art à Istanbul.

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Exhibition View, Courtesy Galerie Perrotin

 

Pour en savoir plus sur sa pratique, c’est par ici.
Retrouvez Bernard Frize sur les réseaux sociaux 

Instagram @bernardfrize
Facebook @bernardfrizeatelier

Je suis une Fille Spaghetti 

Je ne sais pas vous mais pour ma part, la fin de l’hiver se fait longue et je rêve déjà de mes étés inscouciants entre les Cinque Terre, la Toscane et Venise. Étant Niçoise d’origine (qui est à mon sens la plus italienne des villes françaises), mon cœur bat inlassablement au rythme de l’Italie.

D’ailleurs, quand je pars en vadrouille sur le pourtour méditerranéen,  j’y passe au moins la moitié de mon temps au risque de bouder la Provence… Il faut dire que la pasta (alla vogole) è molto buona, la pizza deliziosa (et à prix décent) et la milanesa à tomber (c’est mal pour la végétarienne contrariée que je suis)… Sans parler de l’art et de la mode. Je ne développerai pas ici sinon je risque de m’egarer.

Tout ça pour vous dire que si vous voulez mettre un soupçon de chaleur et de sauce tomate dans votre cœur, le dernier numéro de Paulette saura vous combler à mille pour-cent. Il faut dire qu’on a mis les bouchées doubles 🍝🍝🍝🍝

Pour ce 27ème numéro, je vous emmène dans la rubrique blabla voir Bettina Rheims à la MEP avec Monica Belluci en sexy mama italiana.


Et je vous invite également à la découverte d’une pratique en plein renouveau emplie de sensualité : la céramique 🤗

Belle lecture les Paulette 🇮🇹🇮🇹🇮🇹🇮🇹



Je suis une Fille Tout Schuss

Cette année, la neige s’est faite désirer plus que de raison. On a eu beau l’attendre au pied du sapin, elle n’a montré son éclatante blancheur qu’à l’aube de 2016. Quelle déception !

Heureusement, Paulette a pensé à tout et nous en met plein la vue en matière de plaisirs hivernaux. C’est sur, la fois prochaine, on ne nous y reprendra plus sur les pistes ;)

Pour ce numéro 25, je vous invite dans l’univers de Samuel Eckert, artiste-illustrateur de talent. Attention, ce jeune trublion a plus d’un tour dans son sac !

Belle lecture les Paulette !

 

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Je suis une Fille Confettis

Dans ce nouveau numéro, notre Paulette affronte la grisaille à coup de paillettes et de confettis. Rien ne l’arrête de jour comme de nuit car la vie est une fête !

Découvrez notre cover-girl tout sourire et couronnée de sa perruque rose barbe-à-papa so Closer.

Au programme, un blabla art pailleté entre John Arlmeder, Tré Resing et Hannah Altman.

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Une rencontre avec Sara Rainoldi, jeune peintre porteña qui lie l’art et de la mode du bout de son pinceau coloré.

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Une enquête dans les arcanes de la fête avec de nombreux témoignages entre la nuit parisienne, le Berghain, Venise, Coachella, Burning Man, le Bal des Princesses… Quand sortir devient un mode de vie : vous n’êtes pas au bout de vos surprises !

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Enfin, je me suis prêtée au jeu de l’interview en ouvrant les portes de mon dressing sous l’oeil de mon frère photographe Julien Weber.

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L’hiver sera coloré ou ne sera pas !

Belle lecture les Paulette <3

Je suis une Fille Salopette

Paulette Numéro 23

C’est la rentrée !

Alors pas de question de se décourager ou de faire la tête (la fête ?!)

Dans ce  nouveau numéro, on vous montre à quel point Paulette est une fille qui ne recule devant rien. Loin de se décourager à la moindre difficulté, planter un clou ne lui fait pas peur car oui elle sait se débrouiller seule !

« Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson »

Pour ce numéro très seventies, Paulette est un brin garçonne mais fidèle à ses convictions féministes féminines.

Pour ma part, je vous emmène en Vendée à la rencontre de l’Atelier Bingo, un tandem de choc qui créé du bout de leurs ciseaux magiques.

Atelier Bingo La fabrique des images
Atelier Bingo
La fabrique des images
Atelier Bingo ou l'art du papier découpé
Atelier Bingo ou l’art du papier découpé

Belle lecture !

Paola Pivi n’a pas peur de la démesure

Paola Pivi, "Ok, you are better than me, so what?" 2013, Photo: Guillaume Ziccarelli, Courtesy Galerie Perrotin
Paola Pivi, « Ok, you are better than me, so what? » 2013, Photo: Guillaume Ziccarelli, Courtesy Galerie Perrotin

De grands ours à plumes colorées, une pizza oversize, un avion à bascule, des performances qui mêlent éléments improbables à l’image d’un léopard traversant une forêt de tasses de capuccino factice ou encore un alligator plongé dans la crème chantilly… difficile de passer à côté du travail de Paola Pivi. Si son nom n’est pas gravé dans votre mémoire, ses œuvres vous parleront certainement, soit parce qu’elles auront incontestablement accroché votre regard, soit parce qu’elles feront tout simplement appel à votre instinct.

Et l’instinct, c’est bien ce qui anime l’artiste, la pousse à produire et à vivre son art pleinement. « Ingénieur de formation et professeur d’aérobic à mes débuts, il n’y a pas eu d’art dans ma vie avant mes 23 ans. Pourtant, c’est quelque chose qui était bien à l’intérieur de moi. »

Paola Pivi,"Pizza" 1998, Courtesy Galerie Perrotin
Paola Pivi, »Pizza » 1998, Courtesy Galerie Perrotin

Loin d’une explication rationnelle du pourquoi du comment à laquelle je m’attache obstinément à percer le mystère en décortiquant ses œuvres, Paola Pivi tend vers un au-delà qui nous rappelle à notre humanité. « Je n’ai pas vraiment de mots pour cela car nous sommes plutôt dans le registre du contemplatif. Bien souvent, mes œuvres sont la résultante d’une vision qui se produit dans mon esprit et que je décide ensuite de produire. J’ai mes idées et je les exécute, ce qui s’avère somme toute très excitant. »

Paola Pivi, "How I Roll" 2012, Photo: Attilio Maranzano, Courtesy Galerie Perrotin
Paola Pivi, « How I Roll » 2012, Photo: Attilio Maranzano, Courtesy Galerie Perrotin

En composant son art avec des animaux, des personnes ou encore des objets de la vie quotidienne a priori banals, Paola Pivi le charge d’une grande poésie visuelle et d’un soupçon énigmatique. Éclectiques, ses œuvres ont la particularité d’éveiller à l’unisson notre curiosité.

Pris aux mains d’interrogations intempestives, nous ne pouvons nous empêcher de dérouler le fil d’une histoire et d’en essaimer les suppositions. Que font ces chevaux juchés sur le 1er étage de la Tour Eiffel ? Comment sont-ils montés jusqu’ici ? Tenté de répondre « par l’ascenseur » tout simplement, l’emblème parisien semble être devenu leur environnement naturel. De cette situation en apparence incongrue, ils en ressortent plutôt sereins voir tout simplement biens, comme plongés au beau milieu d’un terrain de jeu propice à la découverte.

Paola Pivi, "Yee-Haw (horse)" 2015, Photo: Hugo Glendinning, Courtesy Galerie Perrotin
Paola Pivi, « Yee-Haw (horse) » 2015, Photo: Hugo Glendinning, Courtesy Galerie Perrotin

Projet à l’envergure folle, « Yee-Haw » est né d’une rencontre avec Virginie Coupérie-Eiffel, cavalière et championne de France. Pour cette deuxième édition du Longines Paris Eiffel Jumping, l’arrière petite fille de Gustave Eiffel a invité l’artiste italienne à réaliser l’affiche de l ‘événement qui a eu lieu du 3 au 05 juillet dernier. Imaginé sous l’absence sourde des cow-boys, le résultant de la performance est immortalisé par une série de cinq photographies exposées jusqu’ au 1er août prochain dans l’espace Saint-Claude de la Galerie Perrotin. Amateur d’art empli d’amour pour l’univers équestre, vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire !

Paola Pivi,"Yee-Haw" 2015, Photo: Hugo Glendinning, Courtesy Galerie Perrotin
Paola Pivi, »Yee-Haw » 2015, Photo: Hugo Glendinning, Courtesy Galerie Perrotin

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