Magazine Who’s Next

Une double page sur le revival du bijou fantaisie avec LLY Atelier, Gas Bijoux, Manorola, le Fourbi de Capucine et la tendance de la personnalisation dans la maroquinerie avec Le Feuillet, Céline et Louise, Maison Baluchon, Bonnie and Bag etc.

Qu’est-ce qu’être blogueuse mode en 2016 ? Pub vs analyse : deux stratégies de « personal branding »

Minny Hoche

LFW SS2015 day 1, London Fashionweek, camille charrière Pernille Teisbaek LFW SS2015 Camille Charrière & Pernille Teisbaek – http://aloveisblind.com/tag/camille-charriere/

Dans le métier de blogueuse d’aujourd’hui, il faut bien distinguer deux choses différentes : il y a des filles qui font un travail qui relève de la pub et il y a celles qui font un travail journalistique et qui ne sont pas rémunérées ou peu, comme l’expliquait récemment Caroline de Maigret, dans un article des Inrocks (ici). A cette dernière de poursuivre : « Betty Autier est une mannequin-internet […]. Elle s’est brandée elle-même, alors que moi quand j’ai commencé en tant que mannequin, je dépendais de médias et d’agences. Betty est sa propre agence de mannequin, elle est sa propre paparazzi. » A cette catégorie de blogueuses, appartiennent Jeanne Damas, Camille Charrière, Pernille Teisbaek ou encore la star du milieu Chiara Ferragni. Les deux premières sont françaises. Camille Charrière compte 410k d’abonnés sur sa page Instagram, presque autant que…

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Je suis une Fille Confettis

Dans ce nouveau numéro, notre Paulette affronte la grisaille à coup de paillettes et de confettis. Rien ne l’arrête de jour comme de nuit car la vie est une fête !

Découvrez notre cover-girl tout sourire et couronnée de sa perruque rose barbe-à-papa so Closer.

Au programme, un blabla art pailleté entre John Arlmeder, Tré Resing et Hannah Altman.

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Une rencontre avec Sara Rainoldi, jeune peintre porteña qui lie l’art et de la mode du bout de son pinceau coloré.

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Une enquête dans les arcanes de la fête avec de nombreux témoignages entre la nuit parisienne, le Berghain, Venise, Coachella, Burning Man, le Bal des Princesses… Quand sortir devient un mode de vie : vous n’êtes pas au bout de vos surprises !

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Enfin, je me suis prêtée au jeu de l’interview en ouvrant les portes de mon dressing sous l’oeil de mon frère photographe Julien Weber.

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L’hiver sera coloré ou ne sera pas !

Belle lecture les Paulette <3

La mode est morte, vive la mode !

Minny Hoche

Li Edelkoort est une figure éminente de la mode. En 2003, le Time Magazine l’a sacrée comme l’une des vingt-cinq personnes les plus influentes dans la mode et l’année suivante elle a été désignée comme l’une des quarante personnes les plus actives dans le design par Icon Magazine. La chasseuse de tendances vient de publier un manifeste en dix points pour expliquer pourquoi la mode telle qu’on la connue n’existe plus. Cette mode qui poussait à la différence, qui permettait d’adopter une silhouette nouvelle, de changer d’allure, de marcher et se tenir autrement. Azzedine Alaïa serait le dernier grand couturier. Tout le monde se serait mis à faire des vêtements et non de la mode, essentiellement pour des raisons commerciales et techniques. Il a fallu aller plus vite, vendre plus de sacs que de prêt-à-porter, multiplier les collections. Li Edelkoort s’élève aussi contre le designer diva, à l’égo sur-dimensionné, encouragé dans ses excès…

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Pourquoi la mode a-t-elle besoin de critiques ?

Minny Hoche

« I loooove it » « Need it » « I could die for it » « OMG canon !! » : il est plus glamour de s’enthousiasmer sur les dernières collections que de les critiquer. Dans la mode, les commentaires laudatifs sont nombreux, les critiques plus rares. Qui oserait écrire qu’on commence à s’ennuyer avec Phoebe Philo, que le dernier défilé de Jacquemus était quand même plutôt léger, qu’Alexander Wang déçoit de plus en plus chez Balenciaga ou encore que Karl Lagerfeld est capable du meilleur comme du pire ?

Bien souvent, les commentaires des défilés manquent d’audace. Les vêtements sont décrits de manière sommaire, sans parti pris esthétique, et surtout sans expliquer comment ils sont imaginés et construits par les designers, ni comment ils s’inscrivent, d’une manière ou d’une autre, dans une perspective historique, économique et culturelle.

Personne n’a besoin d’être un expert des médias pour comprendre que le système de…

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Fashion Week Homme Printemps-Eté 2015

Morceaux choisis : Compte-rendu des défilés Julien David, Balmain et Wooyoungmi.

Décontraction et androgynie, les maîtres mots de la saison.

Julien David

On connaît le goût de Julien David pour le streetwear, dont les codes qu’il se plaît à revisiter en version luxe sont sa marque de fabrique. Enfant de la génération 80, il a grandi aux côtés de Mario Bros, du hip-hop et sur deux planches : le skate et le surf. C’est donc tout naturellement que le créateur primé de l’ANDAM en 2012 signe cette saison le début d’une collaboration de trois ans avec l’équipementier américain Quiksilver.

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Crédit photo : Shoji Fujii

Le résultat ? 

Des garçons fraîchement sortis de l’adolescence qui affichent des allures de néo-surfeurs, cheveux longs lâchés, casquettes à l’envers et nœuds papillon impertinemment noués autour du cou. Un brin hipster avec la moustache naissante pour certains, leurs silhouettes filiformes et graciles se faufilent entre les allées, aux rythmes des accords de jazz d’un orchestre dont on devine les ombres derrière un paravent.

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Crédit photo : Shoji Fujii

Parkas à carreaux façon queue de pie, imprimés pop, ensembles en maille portés avec l’insolence d’un jogging et baskets type Vans, composent le vestiaire de ce garçonnet qui pousse à son paroxysme la confusion des genres. Posée sur les épaules, la veste se porte ample et les bermudas juste au dessus du genou rappelant le volume d’un sweat de skateur et la longueur d’un maillot de surf.

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Crédit photo : Shoji Fujii

Non dénué d’humour, le défilé se clos sur deux combinaisons en néoprène dont l’imprimé smoking en trompe de l’œil permet d’être chic à la mer et protégé des intempéries pour une garden party soudainement tombée à l’eau…

Balmain 

 « Je vous présente ma nouvelle armée » annonce Olivier Rousteing, jeune directeur artistique de la maison Balmain, en dévoilant ses dernières créations pour l’homme. Une collection très sport qui twiste la rigueur d’apparence militaire de certaines coupes et allie mixité des genres et des ethnies.

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Les références graphiques au cyclisme, à la course automobile et au ski alpin des années 70 ne manquent pas. Les vestes à double boutonnage, les pulls à badge brodé et les joggings revisités sont alternativement bicolores, tricolores dans une palette qui oscille du bleu, blanc, rouge au noir avec des touches de orange et de jaune. 

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Les rayures façonnent la silhouette de cet homme urbain qui porte le perfecto en cuir avec la souplesse d’un pilote de F1. Dévoilant malicieusement les doigts de pieds, les bottes à lacets sont une référence aux chaussures de montagne et signe une allure à la croisée du streetwear et du tailoring parisien.

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Tels des armures, vestes de costumes et sweats à capuches se portent avec un sac à dos en cuir ajusté sur les épaules. Mention spéciale pour les ponchos d’inspiration Navajo, entièrement brodés de perles de verre et de bois, qui rappellent tout le savoir-faire artisanal des ateliers Balmain.

Wooyoungmi 

Ecorchés vifs, insouciants et rêveurs, les garçons de Wooyougmi dévoilent cette saison une attitude plus qu’un simple vestiaire. Affranchis des contraintes infligées par les codes vestimentaires et les bleus de travail, ils coulent une existence paisible, chapeau cloche sur la tête, baluchon de cuir porté négligemment sur l’épaule et sandales à mi chemin entre les Crocs et les Pataugas aux pieds.

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Briseurs de cœurs à leur insu, ils aiment les débardeurs à large décolleté, portent les chemises déboutonnées ou remontées aux manches avec une ceinture dévoilée asymétriquement sur la hanche. Une grande fluidité se dégage de cette collection qui fait la part belle à la légèreté du coton de soie, du lin ou encore de l’agneau plongé. La maille est audacieuse et laisse dévoiler les corps à travers ses larges cotes en résille.

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Détails abstraits et imprimés inspirés par les motifs à pois de Lichtenstein complètent une palette chromatique composée principalement de couleurs sages avec une déclinaison délicate de gris, de bleus, de beiges accentuée par quelques touches de jaune.

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La fin du défilé est couronnée par une référence au travail de Cruz-Diez, un des principaux acteurs de l’art optique, donnant aux regards avertis la possibilité de redécouvrir chaque silhouette scandée par les rythmes phosphorescents d’une boite à lumière grandeur nature.

Le monde se met à l’heure brésilienne

A l’approche de la Coupe du Monde, le Brésil est sous les feux de la rampe. Et pour cause ! C’est un évènement majeur pour cette super-nation où la passion du ballon rond commence au berceau.

A cette occasion, Arte consacre tout au long du mois de juin, une série de documentaires et de reportages sur le Brésil. Au programme : de la gastronomie, de l’évasion, de la découverte mais aussi des éléments de réflexion sur l’avenir économique du pays avec, à la clé, un road-trip animé par Daniel Conhn-Bendit ! Restez donc branchés sur les ondes !

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Dans un autre registre, le Magazine Lui et le Vogue Brésil affichent fièrement en couverture Gisèle Bündchen, incarnation par excellence de l’idéal de perfection tandis que les éditions espagnole et américaine du géant de Condé Nast mettent respectivement à l’honneur Cristiano Ronaldo et sa femme dans un duo très sensuel et Adriana Lima et ses condisciples Alessandra Ambrosio, Raquel Zimmermann et Isabeli Fontana dans un shoot très sportif. Pour marquer le coup et montrer que la mode sait aussi sortir de son champ d’appréhension premier, cette « Team Brazil » – qui réunit en son sein les mannequins brésiliennes les plus prometteuses de leur génération – parle de football à découvert. Car ne l’oublions pas, parler football quand on est Brésilien, c’est évoquer son patrimoine culturel et affirmer par extension sa fierté d’être Brésilien.

N’étant, pour ma part, pas une grande spécialiste du ballon rond, je profite cependant de cette actualité brûlante pour évoquer ce pays de cœur sous le spectre de la création.

Toutefois, je ne saurais que trop vous conseiller de voir « O Ano em que meus Pais Saíram De Férias« . Ce film sublime et sensible traite de la dictature des années 70 sous le regard d’un jeune garçon. Passionné de football, il rêve de voir les « Auriverde » triompher pendant la Coupe du Monde et porte un regard innocent sur les circonstances politiques qui touchent sa famille et son pays.

Pays continent où le soleil inonde de sa lumière presque toute l’année, le Brésil étonne par sa diversité et son exubérance. Devenu cinquième puissance au monde, il connaît ces dernières années une croissance fulgurante grâce au développement de sa classe moyenne.

Source de fascination il évoque, par son climat chaud et ses plages paradisiaques, la perfection des corps et le fantasme d’une beauté métissée. Une inspiration qui n’a pas échappé au regard affûté de Sébastien Tellier qui y a planté le décor de son dernier album « L’Aventura ». Chanteur décalé de la scène française aux airs de gourou illuminé, il part ici à la reconquête de son enfance. “Quitte à se réinventer une enfance, autant le faire au Brésil plutôt qu’en Allemagne ! Pour ce projet, il me fallait un pays beau et luxuriant, qui respire la joie de vivre, qui soit lointain. C’est un pays qui me fait rêver. »

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Cliché ou non, cet exotisme inhérent à la culture brésilienne est non seulement vendeur mais surtout très rafraîchissant.

Déjà en 2013, le Brésil a fait l’objet d’une opération très réussie au Bon Marché, qui mettait en avant la mode, le design et l’art de vivre brésilien. Monoprix surfe aujourd’hui sur cette vague en proposant toute une série de vêtements et objets pensée par cinq artistes femmes venues des quatre coins du Brésil.

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De manière générale, je trouve ces initiatives hautes en couleurs pleines de bonnes intentions mais attention tout de même à ne pas abuser de certains codes au risque de classer la mode brésilienne en une accumulation folklorique de signes dérivés d’un imprimé Desigual, ce qui à mon sens n’est pas très flatteur. La marque originaire de Barcelone n’a d’ailleurs pas hésité à faire appel à Adriana Lima dans sa dernière campagne pour réaffirmer son identité « latine ».

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Pays très fortement inégalitaire, le Brésil se vit aussi sur le mode des contrastes et du culte de l’apparence.

Les courbes idéales des tops modèles brésiliens sont en effet devenues la carte de visite de la « Brasilidade » dans le monde de la mode et de la beauté. Elles sont source d’identification pour les Brésiliens qui, obsédés par leur physique, battent tous les records de dépenses pour atteindre la perfection : sport, chirurgie esthétique et consommation de produits cosmétiques en tout genre. Troisième marché mondial de la cosmétique avec une consommation moyenne annuelle par habitant de 160 euros, le Brésil compte en effet plus de chirurgiens plastiques que dans toute l’Europe réunie.

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De plus, le Brésil se caractérise par un climat tropical et est bordé de plus de 8 000 kms de côtes et de littoral marin. La plage est omniprésente dans le paysage local renforçant l’attention portée au corps comme c’est le cas dans la ville de Rio de Janeiro. « La mer, la plage sont les éléments les plus importants de la vie d’une Carioca. La plage, c’est tout, c’est l’endroit de toutes les rencontres. Elle appartient à tout le monde. Ici, pas de plage privée. Ainsi, la beauté est permise à tous, sans discernement. Les gens sont toujours pratiquement nus. Ils montrent leurs corps. Comment faire autrement qu’être belle ? »  rappelle Ivo Pitanguy, célèbre chirurgien plasticien brésilien. La constatation est la même dans une interview de Lenny Niemeyer du magazine Be, où la journaliste demande pourquoi les Cariocas sont-elles tant obsédées par leur corps : « A Rio, les filles vont à la plage depuis qu’elles sont bébé : leur corps a toujours été exposé aux yeux des autres. A Sao Paulo, d’où je viens c’est différent […]. A Rio, où les jeunes se rencontrent souvent sur la plage, les garçons te voient en Bikini dès le premier jour. »

Révélateur du rapport au corps, le bikini est le vêtement qui caractérise le plus l’âme du pays. Caractérisé par ses dimensions réduites à l’origine de sa réputation sulfureuse mais aussi par la diversité de ses imprimés, c’est une véritable institution au Brésil. Pour celles qui en recherchent en France, je vous conseille le site Brazilian Bikini Shop qui propose de nombreuses marques de bikinis brésiliens : Blue Man, Salinas, Rio de Sol, Agua de Coco.

Pour ceux qui ressentent une vraie « saudade » de arroz e feijão, je vous recommande de passer la porte de Leblon. Fraîchement installé à Paris (à Saint Ambroise, à 2mn du Marais et de Bastille), ce restaurant revisite tous les classiques de la gastronomie brésilienne avec goût et raffinement :  Acarajé, Pao de Queijao, Picanha, Feijoada, Moqueca. De quoi contenter toutes les papilles. Testé et approuvé par mes soins ! Aproveitem !

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contact : pauline.weber@theatredelacreation.com

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« Arty », un mot un peu trop à la mode ?

De par mes aspirations, il y a un mot devant lequel mes yeux sont tout spécialement rivés, voire presque écarquillés en ce moment, c’est le mot arty.

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En effet, depuis que Prada a fait appel à des artistes pour réaliser ses robes-tableaux, que Céline s’est illustré dans l’art des motifs « coup de pinceau » ou que Chanel a accessoirisé ses mannequins d’un carnet à dessins d’écolière sur un catwalk aux allures de foire d’art contemporain, ce terme a fleuri dans les magazines avec l’arrivée du printemps.

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Evidemment, le concept ne date pas d’aujourd’hui. Jean-Charles de Castelbajac a fait de l’art d’utiliser dessins, peinture et couleurs franches sa marque de fabrique. Mais ces derniers temps, j’ai fait le test en lisant l’essentiel de la presse féminine (Grazia, Elle, Be, Vogue etc.) et je pense que j’ai bien du croiser cette expression trois fois par page.

Emporté par le diktat qu’imposent les défilés des grandes maisons, tout devient « arty » : une traînée de poudre colorée sur une paupière, une coiffure laquée effet « peinture fraîche », une pochette aux motifs « palette du peintre », une chemise aux imprimés figuratifs et même un week-end pop et culturel. Faire de l’art, un art de vivre, une attitude s’inscrit définitivement dans l’air du temps.

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De manière générale, le journalisme de mode utilise les anglicismes à foison, parant ainsi certaines notions de qualités hors norme : c’est trendy, girly, boyish, glossy, sunny. L’anglais a en effet l’avantage d’être très directe conceptuellement parlant. Mais quand je tombe sur « les tendances fortes de l’été mêlent imprimés arty, streetwear ethnique et jupettes girly« , je ne peux m’empêcher de croire que certaines phrases frisent presque le ridicule.

Pour aller un peu plus loin dans ma réflexion sur le mot arty, je suis partie à la recherche de sa définition :

« Se dit de quelque chose (un mouvement, une oeuvre d’art par exemple) ou quelqu’un qui se veut artistique, d’avant-garde, novateur, sans que ces prétentions ne soient forcément justifiées. »

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Cette dernière a le mérite d’être claire et honnête. En effet, il ne suffit pas par exemple d’élaborer un haut fait des lanières de tissus pour s’écrier « Sublime, c’est un Fontana ! »… et je parle en connaissance de cause.

Que la mode s’inspire de l’art, je n’y vois aucun inconvénient bien au contraire. Les exemples réussis font légion – à l’image de l’hommage récent à Magritte de Opening Ceromony – mais ce que je déplore, ce sont les approximations dont fait parfois usage le monde de la mode au sujet de l’art.

Magritte Opening Ceremony

Lorsque je lis « la tendance arty s’adresse à tous les adeptes des tonalités pop et des motifs abstraits » avec pour illustration l’une des robes de Prada qui arbore un visage, je grimpe au plafond. Vous allez me taxer de puriste. Certes. Mais faire la différence entre abstraction et figuration est élémentaire et ne requiert aucune compétence en histoire de l’art.  

De plus, il suffit de s’attarder un peu plus longtemps sur cette nouvelle tendance pour se rendre compte que finalement, n’importe quel vêtement qui arbore imprimés, sequins et aplat de couleurs vives peuvent se réclamer cette saison de la mouvance arty. Comme si la mode avait inévitablement besoin de ce supplément d’âme pour se donner du crédit.
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Une conclusion qui va dans le sens du dernier essai de Gilles Lipovetsky et de Jean Seroyva qui prône « l’esthétisation du monde ». A l’ère de l’hypermodernité, nous serions en effet entré dans un « capitalisme artiste » où se distinguer parmi la surabondance passerait par la production de « beau » (au sens émotionnel et esthétique du terme). Un ouvrage stimulant qui rappelle que si la sensibilité esthétique s’est exacerbée au point de nous transformer tous en « homo aestheticus », l’art contemporain persiste à être l’apanage d’une culture d’élite relativement homogène. Chacun son domaine.

Pour approfondir sur la thématique art et mode, j’invite mes lecteurs à se référer à mes précédents articles.

L’ère des collaborations artistiques

La fonction de l’art dans l’univers de la mode et du luxe

N’hésitez pas à me faire part de vos points de vue en réagissant dans la partie commentaire.

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