Je Suis une Fille Bleu Océan

Paulette n°20

Numéro spécial Bleu

Je suis fière de partager avec vous ma dernière contribution pour le magazine Paulette, un joli féminin sincère et pas prise de tête.

Agenda culturel Printemps 2015

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Rubrique lecture 

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Portfolio : Interview Heike Weber

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Belle lecture !

Sébastien Schuller surfe sur la vague

« Mes trois albums sont véritablement miroirs par rapport aux périodes qui ont scandé ma vie. »

Sébastien Schuller est un musicien pur et dur.

Il débute son apprentissage musical à l’âge de raison, en se formant à la percussion classique au conservatoire. Mais c’est à 20 ans qu’il commence véritablement à composer avec son synthétiseur tout en travaillant en parallèle à la FNAC pour arrondir ses fins de mois. Une façon d’être entouré, mine de rien, par ce qu’il préfère dans ce bas monde : les disques. « Pendant 7-8 ans, je n’ai composé que des couplets et des refrains, sans écrire de véritables morceaux. » Mais Sébastien Schuller a su s’armer de patience et de persévérance, essentiels pour vivre de sa passion et ça s’est avéré payant. « J’ai commencé à vivre de ma musique à l’âge 30 ans, somme toute assez tardivement. J’ai signé un premier vinyle avec l’éditeur Warner Chapell et j’ai sorti le 4 titres de Weeping Willow avec EMI en 2002. »

Sébastien Schuller écrit en anglais par héritage familial et culturel – il vit depuis 7 ans à Philadelphie – mais aussi pour le mystère poétique que l’on peut créer avec une langue étrangère. Il vient de sortir son troisième album Heat Wave et sera en concert à Paris le 21 octobre prochain au Pan Piper.

Sébastien Schuller, Photo : Tonje Thilesen
Sébastien Schuller, Photo : Tonje Thilesen

Retour sur ses trois albums, trois influences, trois tranches de vie

Happiness doit son nom à son histoire. Un nom qui contrecarre avec les événements malheureux qui ont accompagné sa concrétisation : les échos d’un deuil familial en filigrane mais aussi une vie sentimentale qui prend soudainement le large. Car un premier album, ce sont plusieurs années de travail où l’on se cherche une identité et une cohérence musicales.

« J’étais face à un paradoxe, pris entre le bonheur que j’avais de sortir ce premier disque et ma vie personnelle qui me faisait défaut. J’ai eu alors envie de parler de manière ironique de la vie. Ce nom Happiness  était aussi une manière pour moi de relativiser et de donner mon analyse de cette époque là. »

Sébastien Schuller nous transmet en effet par ses mélodies une vision du bonheur ponctuée de réalisme et de douce mélancolie tout en nous transportant dans les sonorités de son enfance : Neil Young, Supertramp mais aussi Radiohead.

Evenfall est à l’image des premières années que le musicien a passées à Philadelphie quand il enregistrait, sous les toits de son appartement, rythmé par les craquements du parquet. « J’ai commencé à être influencé par d’autres groupes à l’image de Sufjan Stevens, Beirut ou encore Animal Collective. J’ai eu envie de faire quelque chose de beaucoup plus orchestré. J’ai travaillé avec des cuivres, des clarinettes et j’ai aussi acheté un premier piano. De plus, c’est à cette époque que j’ai décidé de me séparer de mon label. »

Aujourd’hui, Sébastien Schuller peut en effet se targuer de se produire seul. Son dernier opus, Heat Wave, est d’ailleurs directement en vente sur son site (en CD et téléchargement) et retranscrit la quintessence de son expérience américaine : Philadelphie bien entendu mais aussi l’influence déterminante d’un voyage à Miami. « J’ai retrouvé une architecture commune entre ces deux villes : les immeubles Art Déco, ces lumières mauves qui s’y réfléchissaient. Cette ambiance néon m’a beaucoup inspiré. »

Heat Wave

Heat Wave nous emporte dans cette atmosphère estivale caractéristique de la Côte Est américaine où le temps plombé par la chaleur assommante, est ponctué de tempêtes tropicales. Pour la couverture du disque, Sébastien Schuller a choisi une image qui lui rappelle étrangement l’emblématique concert de Dépêche Mode donné au stade Rose Bowl de Pasadena en 1988. Et quel symbole ! « A travers cet album, je suis revenu en quelque sorte à la musique de mon adolescence, le new wave et les années 80. Je me suis enfin permis des clins d’œil de cette époque. Ce sont des musiques qui m’ont accompagné mais il faut un certain temps avant de les digérer, de les faire siennes. Aujourd’hui, j’arrive mieux à les maitriser et à les interpréter. »

Dans l’introduction de Endless Summer, on retrouve ainsi des sonorités très pop qui ne sont pas sans rappeler Electricity de OMD ou Fade To Grey de Visage. La tonalité mélancolique demeure mais s’avère énergisante.

Pour Night Life que Sébastien Schuller considère comme la pierre angulaire de son disque, Emily Kai Bocke signe un clip vidéo très réussi. En digne héritière d’un Harmony Korine, elle sublime avec brio le leitmotiv de cette ballade onirique : « croire qu’on peut échapper à ses problèmes dans la nuit alors qu’ils resurgissent au petit matin. » On suit ainsi deux jeunes filles aller au bout de leur nuit au détour d’un night-club, d’un hôtel ou d’un bord de plage dans les profondeurs de Miami Beach.

« Il n’y a pas d’histoires réelles. On ne sait pas bien ce qu’il se passe et c’est ce que j’aime par dessus tout car cela laisse place à l’interprétation.  Il y a quelque chose d’assez cinématographique dans ma musique. Elle est à la fois mélodique et mélancolique. »

Et pour cause ! Quand il compose, Sébastien Schuller travaille avec des images qu’il découpe dans des magazines et assemble sur des boards. « Bien souvent, je laisse la télévision allumée et le hasard fait que certaines mélodies sont en raccord avec les plans qui défilent. » Rien de bien étonnant pour ce passionné de cinéma qui a déjà réalisé plusieurs bandes originales de films : Toi et Moi, Notre Univers Impitoyable et plus récemment Le Beau Monde.

Tel un peintre de l’avant-garde moderne, la musique de Sébastien Schuller est très expressionniste et nous emmène sur un terrain introspectif qui n’est pas sans nous déplaire !

Le monde se met à l’heure brésilienne

A l’approche de la Coupe du Monde, le Brésil est sous les feux de la rampe. Et pour cause ! C’est un évènement majeur pour cette super-nation où la passion du ballon rond commence au berceau.

A cette occasion, Arte consacre tout au long du mois de juin, une série de documentaires et de reportages sur le Brésil. Au programme : de la gastronomie, de l’évasion, de la découverte mais aussi des éléments de réflexion sur l’avenir économique du pays avec, à la clé, un road-trip animé par Daniel Conhn-Bendit ! Restez donc branchés sur les ondes !

Vogue Gisèle mai 2014

Dans un autre registre, le Magazine Lui et le Vogue Brésil affichent fièrement en couverture Gisèle Bündchen, incarnation par excellence de l’idéal de perfection tandis que les éditions espagnole et américaine du géant de Condé Nast mettent respectivement à l’honneur Cristiano Ronaldo et sa femme dans un duo très sensuel et Adriana Lima et ses condisciples Alessandra Ambrosio, Raquel Zimmermann et Isabeli Fontana dans un shoot très sportif. Pour marquer le coup et montrer que la mode sait aussi sortir de son champ d’appréhension premier, cette « Team Brazil » – qui réunit en son sein les mannequins brésiliennes les plus prometteuses de leur génération – parle de football à découvert. Car ne l’oublions pas, parler football quand on est Brésilien, c’est évoquer son patrimoine culturel et affirmer par extension sa fierté d’être Brésilien.

N’étant, pour ma part, pas une grande spécialiste du ballon rond, je profite cependant de cette actualité brûlante pour évoquer ce pays de cœur sous le spectre de la création.

Toutefois, je ne saurais que trop vous conseiller de voir « O Ano em que meus Pais Saíram De Férias« . Ce film sublime et sensible traite de la dictature des années 70 sous le regard d’un jeune garçon. Passionné de football, il rêve de voir les « Auriverde » triompher pendant la Coupe du Monde et porte un regard innocent sur les circonstances politiques qui touchent sa famille et son pays.

Pays continent où le soleil inonde de sa lumière presque toute l’année, le Brésil étonne par sa diversité et son exubérance. Devenu cinquième puissance au monde, il connaît ces dernières années une croissance fulgurante grâce au développement de sa classe moyenne.

Source de fascination il évoque, par son climat chaud et ses plages paradisiaques, la perfection des corps et le fantasme d’une beauté métissée. Une inspiration qui n’a pas échappé au regard affûté de Sébastien Tellier qui y a planté le décor de son dernier album « L’Aventura ». Chanteur décalé de la scène française aux airs de gourou illuminé, il part ici à la reconquête de son enfance. “Quitte à se réinventer une enfance, autant le faire au Brésil plutôt qu’en Allemagne ! Pour ce projet, il me fallait un pays beau et luxuriant, qui respire la joie de vivre, qui soit lointain. C’est un pays qui me fait rêver. »

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Cliché ou non, cet exotisme inhérent à la culture brésilienne est non seulement vendeur mais surtout très rafraîchissant.

Déjà en 2013, le Brésil a fait l’objet d’une opération très réussie au Bon Marché, qui mettait en avant la mode, le design et l’art de vivre brésilien. Monoprix surfe aujourd’hui sur cette vague en proposant toute une série de vêtements et objets pensée par cinq artistes femmes venues des quatre coins du Brésil.

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De manière générale, je trouve ces initiatives hautes en couleurs pleines de bonnes intentions mais attention tout de même à ne pas abuser de certains codes au risque de classer la mode brésilienne en une accumulation folklorique de signes dérivés d’un imprimé Desigual, ce qui à mon sens n’est pas très flatteur. La marque originaire de Barcelone n’a d’ailleurs pas hésité à faire appel à Adriana Lima dans sa dernière campagne pour réaffirmer son identité « latine ».

Hélvio Romero

Pays très fortement inégalitaire, le Brésil se vit aussi sur le mode des contrastes et du culte de l’apparence.

Les courbes idéales des tops modèles brésiliens sont en effet devenues la carte de visite de la « Brasilidade » dans le monde de la mode et de la beauté. Elles sont source d’identification pour les Brésiliens qui, obsédés par leur physique, battent tous les records de dépenses pour atteindre la perfection : sport, chirurgie esthétique et consommation de produits cosmétiques en tout genre. Troisième marché mondial de la cosmétique avec une consommation moyenne annuelle par habitant de 160 euros, le Brésil compte en effet plus de chirurgiens plastiques que dans toute l’Europe réunie.

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De plus, le Brésil se caractérise par un climat tropical et est bordé de plus de 8 000 kms de côtes et de littoral marin. La plage est omniprésente dans le paysage local renforçant l’attention portée au corps comme c’est le cas dans la ville de Rio de Janeiro. « La mer, la plage sont les éléments les plus importants de la vie d’une Carioca. La plage, c’est tout, c’est l’endroit de toutes les rencontres. Elle appartient à tout le monde. Ici, pas de plage privée. Ainsi, la beauté est permise à tous, sans discernement. Les gens sont toujours pratiquement nus. Ils montrent leurs corps. Comment faire autrement qu’être belle ? »  rappelle Ivo Pitanguy, célèbre chirurgien plasticien brésilien. La constatation est la même dans une interview de Lenny Niemeyer du magazine Be, où la journaliste demande pourquoi les Cariocas sont-elles tant obsédées par leur corps : « A Rio, les filles vont à la plage depuis qu’elles sont bébé : leur corps a toujours été exposé aux yeux des autres. A Sao Paulo, d’où je viens c’est différent […]. A Rio, où les jeunes se rencontrent souvent sur la plage, les garçons te voient en Bikini dès le premier jour. »

Révélateur du rapport au corps, le bikini est le vêtement qui caractérise le plus l’âme du pays. Caractérisé par ses dimensions réduites à l’origine de sa réputation sulfureuse mais aussi par la diversité de ses imprimés, c’est une véritable institution au Brésil. Pour celles qui en recherchent en France, je vous conseille le site Brazilian Bikini Shop qui propose de nombreuses marques de bikinis brésiliens : Blue Man, Salinas, Rio de Sol, Agua de Coco.

Pour ceux qui ressentent une vraie « saudade » de arroz e feijão, je vous recommande de passer la porte de Leblon. Fraîchement installé à Paris (à Saint Ambroise, à 2mn du Marais et de Bastille), ce restaurant revisite tous les classiques de la gastronomie brésilienne avec goût et raffinement :  Acarajé, Pao de Queijao, Picanha, Feijoada, Moqueca. De quoi contenter toutes les papilles. Testé et approuvé par mes soins ! Aproveitem !

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contact : pauline.weber@theatredelacreation.com

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Musica Do Brasil

Voilà, c’est décidé, je pars au Brésil pour une poignée de jours et me voici à nouveau bercée par les « clichés » que je ne peux m’empêcher de m’imaginer en pensant à Rio (où j’ai déjà eu la chance d’aller) et au Brésil en général.
L’occasion de poster ici quelques unes de mes chansons favorites que certains brésiliens taxent de « musique de vieux » ;-) ce que je comprends tout à fait. C’est la même chose pour nous avec Gainsbourg, Brassens. Mais entendons-nous bien, ce sont des intemporels et la Bossa Nova en fait partie. En même temps, la chanson qui suit date de 2005, même si son auteur Gilberto Gil, je vous l’accorde, n’est plus tout jeune enfin vous m’avez compris, ce sont des incontournables. Et puis moi, je ne suis pas brésilienne alors je laisse libre cours à mon imagination.

Vamos !!!

Sans oublier bien entendu l’une des premières chansons en portugais que j’ai entendu (sans compter la Lamabada), que je connais par coeur biensur… et là c’est plus contemporain on va dire : Lembrança do México !!

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