Paulette n°33 : Double je(u)

Lorsque nous avons commencé à travailler sur ce nouveau numéro gorgé de soleil, j’étais au Brésil en plein reportage à courir partout sans avoir le temps de mettre un seul pied à la plage. C’était stressant mais grisant, vraiment.

D’ailleurs, mon moodboard sur la femme-enfant, je l’ai écrit dans l’avion qui me ramena de São Paulo à Paris. J’adore écrire dans ce que j’appelle les « espaces intermédiaires »… comprendre les halls de gare, les aéroports, les arrêts de bus, les wagons, les aires d’autoroute ou que sais-je encore.  Ce texte me semblait presque prédestiné, sans arrières-pensées, moi la petite soeur qui veut tout et son contraire.

« Qui suis-je ? Nez retroussé, teint rose tendre et bouche ourlée, je ne jure que par mes lunettes rouge-coeur et je m’amuse loin des jupons de ma mère. Oui, vous avez bien deviné ! Préparez-vous à m’affronter, moi, la Lolita des temps modernes.  »

À la frontière du pudique et du charnel, je ne suis plus une petite fille, je ne suis pas encore une femme, je suis un entre-deux, je suis une jeune fille en fleur. Le monde des adultes m’attire autant qu’il me fait peur, je le déteste autant qu’il m’aime, il m’inspire, il m’aspire. Quand l’enfant-femme devient la femme-enfant…

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LA FEMME-ENFANT

« Candide et nostalgique, j’ai grandi trop vite. Mais je ne veux pas grandir, plongée à mes heures perdues dans les contes de mon enfance et mes cahiers d’école, que j’avais pourtant remisés au placard. Mutine, un brin espiègle, je suis comme Sophie Marceau dans la Boum, Kirsten Dunst dans Virgin Suicides ou Natalie Portman dans Léon : je n’ai pas encore des attitudes de femme mais je ne suis pas complètement innocente avec mon air malicieux qui en dit long.

Sucette à l’anis, socquettes aux pieds, je suis à certains égards, tout droit sortie du roman de Nabokov, en plus urbaine. Joues rondes et longue chevelure dans les yeux, mon allure de poupée brosse une esthétique à la fois douce et graphique, à la Jacquemus. Coupes oversize et contrastes de couleurs sont à l’honneur et invitent à l’amusement au bruit de la récréation sonnante et trébuchante.

Un brin rebelle, démesurément libre, je fais fi du qu’en dira-t-on et des critiques. Dès les beaux jours venus, je me balade en petite culotte et frôle l’herbe fraîche au son des cigales, telle une héroïne d’un film de Rohmer. Vêtue de ma jupe plissée et de mon tee-shirt à message, je me rafraîchis avec un diabolo menthe et je m’amuse à ramasser marguerites et coquelicots  Coquette, j’aime les coquillettes et les pâtes alphabet, plats régressifs par excellence, et je rêve de plonger mon corps de sirène dans un bain de céréales colorées.

Teintée d’une candeur pas si sage, je parais naïve et fragile, mais je possède au contraire une véritable force de caractère, une personnalité à part entière. Rêveuse à n’en plus finir, j’aime imaginer un monde plus doux et plus fou, allongée sur l’asphalte d’un terrain de basket, les doigts de pieds en éventail et les yeux regardant le ciel. D’une touche de magie, j’habille l’air de bulles de savon et je le couvre de paillettes pour enchanter cette réalité qui me pique parfois bien trop les yeux. D’ailleurs, si ça ne tenait qu’à moi, je l’effacerais d’un coup de gomme ou le façonnerais avec de la pâte à modeler. Ça serait bien trop facile, c’est vrai, mais si drôle ! »

J’ai aussi interviewé Can Dagarslani, jeune photographe istanbuliote passionné d’architecture.

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Et relater mon voyage en Algrave, cette région du Portugal qui ne connait pas de lendemains sans soleil.

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Paulette n°31 : nouvelle formule !

Il y a un an, je vous parlais dans le Paulette « Nouveau Souffle » de Lina Scheynius , une photographe suédoise dont on peine à croire les 36 printemps.  Elle a fait du récit de sa vie et de son intimité sa marque de fabrique… Inspirant, non ?

Morceaux choisis : « L’œil vif et l’eau à la bouche , on entend des bruits s’éveiller au calme clair d’une ville plongée entre chien et loup. De fleurs délicates et fragiles émane le parfum d’antan quand la tentation d’effleurer ces morceaux de porcelaine mis à nu et pris à la volée, se révèle bien trop grande…

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Je suis une Fille Tout Schuss

Cette année, la neige s’est faite désirer plus que de raison. On a eu beau l’attendre au pied du sapin, elle n’a montré son éclatante blancheur qu’à l’aube de 2016. Quelle déception !

Heureusement, Paulette a pensé à tout et nous en met plein la vue en matière de plaisirs hivernaux. C’est sur, la fois prochaine, on ne nous y reprendra plus sur les pistes ;)

Pour ce numéro 25, je vous invite dans l’univers de Samuel Eckert, artiste-illustrateur de talent. Attention, ce jeune trublion a plus d’un tour dans son sac !

Belle lecture les Paulette !

 

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Je suis une Fille Confettis

Dans ce nouveau numéro, notre Paulette affronte la grisaille à coup de paillettes et de confettis. Rien ne l’arrête de jour comme de nuit car la vie est une fête !

Découvrez notre cover-girl tout sourire et couronnée de sa perruque rose barbe-à-papa so Closer.

Au programme, un blabla art pailleté entre John Arlmeder, Tré Resing et Hannah Altman.

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Une rencontre avec Sara Rainoldi, jeune peintre porteña qui lie l’art et de la mode du bout de son pinceau coloré.

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Une enquête dans les arcanes de la fête avec de nombreux témoignages entre la nuit parisienne, le Berghain, Venise, Coachella, Burning Man, le Bal des Princesses… Quand sortir devient un mode de vie : vous n’êtes pas au bout de vos surprises !

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Enfin, je me suis prêtée au jeu de l’interview en ouvrant les portes de mon dressing sous l’oeil de mon frère photographe Julien Weber.

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L’hiver sera coloré ou ne sera pas !

Belle lecture les Paulette <3

Je suis une Fille Salopette

Paulette Numéro 23

C’est la rentrée !

Alors pas de question de se décourager ou de faire la tête (la fête ?!)

Dans ce  nouveau numéro, on vous montre à quel point Paulette est une fille qui ne recule devant rien. Loin de se décourager à la moindre difficulté, planter un clou ne lui fait pas peur car oui elle sait se débrouiller seule !

« Je n’ai besoin de personne en Harley Davidson »

Pour ce numéro très seventies, Paulette est un brin garçonne mais fidèle à ses convictions féministes féminines.

Pour ma part, je vous emmène en Vendée à la rencontre de l’Atelier Bingo, un tandem de choc qui créé du bout de leurs ciseaux magiques.

Atelier Bingo La fabrique des images
Atelier Bingo
La fabrique des images
Atelier Bingo ou l'art du papier découpé
Atelier Bingo ou l’art du papier découpé

Belle lecture !

Julien David, créateur postmoderne

Dans le cadre d’un projet de groupe à l’IFM, j’ai eu la chance de découvrir le travail remarquable d’un jeune créateur : Julien David.

Parisien d’origine, Julien David a fait ses mains chez Narciso Rodriguez et Ralph Lauren après des études concluantes à la Parsons School of Design à New York. Fort de ces deux expériences, il s’envole découvrir le Japon et décide de créer sa propre marque en 2008 : une première collection de foulards en sergé de soie voit le jour. Un brin arty, ses foulards graphiques et pop sont devenus aujourd’hui sa signature. Ce style unique, à la fois streetwear et couture, puise son inspiration dans les codes de la génération 80 : le hip-hop, le skate, la rue, les jeux vidéo. Un choix créatif, une démarche personnelle dont la force se manifeste par cette capacité à créer un univers, loin des codes traditionnels de la mode et du luxe.

Le premier défilé IN de Julien David a eu lieu le 8 mars 2011 à la Semaine de la Mode de Paris. Dans cette collection intitulée « Transformation, Confusion », les mannequins ont défilé avec un carré de soi sur le visag, ce qui leur donne à leur visage un aspect flouté et pixélisé. On retrouve ici l’influence des jeux vidéo comme « Mario Bros » ou « Space Invaders », symboles de la génération 80. Les vingt-deux silhouettes proposent un univers à la fois street et classique dominé par le noir, avec des pointes de couleurs. Ce vestiaire conceptuel et élégant est à la croisée des genres, de l’héritage du Japon et de la France et s’exprime par une maîtrise original des volumes.

Dans son deuxième défilé IN du 27 septembre 2011, Julien David a su montrer un juste équilibre entre les influences du streetwear, du luxe et une féminité assumée. Les vingt-quatre looks présentés mêlent sensibilité bohémienne et style urbain engagé. Les mannequins sont maquillées d’une larme sur la joue en référence aux gangs dont les membres ont pour coutume de se tatouer lorsque qu’ils tuent ou qu’ils vont en prison. En dehors de cet aspect, la larme dessinée donne une allure romantique et vulnérable. On ressent véritablement l’influence du tsunami dans cette dernière collection : un fort sentiment de protection ressort de ses créations. De plus, les matières sont douces mais les coupes affirmées. Julien David aime mélanger des silhouettes très contrastées : des coupes féminines, des volumes masculins. Un top en soie délicatement associé à un bermuda très sport, très bad boy.

Les deux robes présentées en bout de défilé sont la quintessence du style Julien David : du pop décontracté par les motifs et une allure résolument féminine par l’utilisation du tulle. La taille est marquée, ce qui fait ressortir le volume de cette robe de mariée contemporaine (cf.photo ci dessous).

Véritable consécration, Julien David a vu sa côte de popularité s’envoler. On le cite partout (Vogue, Express Style ou encore Elle) et on dit de lui qu’il s’agit du « créateur à suivre ». À cela, le créateur répond : «tout s’est fait progressivement, il n’y a pas eu de succès immédiat, je me bats à chaque saison pour paraître au bon endroit et pour vendre mes pièces tout en transmettant un message à mes clients afin qu’ils soient sensibles à mes créations et qu’ils comprennent ma vision, ma constance».

À suivre !

Julien David est en vente chez Colette.

Paul Smith, Gentleman Designer

Paul Smith a révolutionné la mode britannique et le vestiaire masculin à la manière de Ralph Lauren aux Etats-Unis.

A l’occasion de la sortie du documentaire Paul Smith, Gentleman Designer, j’ai pu connaître de plus près l’histoire  de ce créateur « so british », un poil décalé et non dénué d’humour.

A 17 ans, Paul rêve de devenir cycliste professionnel mais un grave accident va changer son destin. Contraint à une hospitalisation de plusieurs mois, il rencontre à son terme un groupe d’étudiants en histoire de l’art qui lui parle avant-garde, art contemporain, rockers. Paul n’y connaît strictement rien à l’époque mais c’est une révélation.

Encouragée par Pauline Denyer, sa future femme, à l’époque jeune styliste diplomée du Royal College of Arts, il ouvre en 1970  sa première boutique dans une ancienne librairie et se lance dans la mode. Il apprend ainsi l’art du tailoring via des cours du soir et bientôt, il crée ses modèles. Comme il le dit si bien, il a appris sur le tas « learn by doing it ». Ayant peu de moyens pour se procurer des tissus colorés, il ornemente ses chemises blanches de détails qui font la différence : des boutons originaux, une surpiqûre rouge ou des imprimés (carreaux, rayures, fleurs), devenus aujourd’hui sa véritable marque de fabrique.

Peu à peu, Paul Smith n’est plus qu’un simple commerçant et se revendique couturier. L’inauguration en 1979 de sa boutique de Convent Garden, concept store où vêtements et objets divers se côtoient, va véritablement ancrer Paul Smith dans la mode londonienne. Ses créations sont à son image : à la croisée du tailoring traditionnel britannique et d’une modernité intensément colorée et légèrement excentrique.

Aujourd’hui, il ne se passe pas une journée sans que le créateur ne chine des vêtements sur un marché, ne prenne des photos qui l’inspirent, ne note une citation, une bribe de texte sur un coin de page ou n’accumule toutes sortes d’objets dans son atelier. Cet univers, le documentaire de Stéphane Carrel nous le dévoile avec brio et nous permet d’approcher Paul Smith dans sa plus belle intimité.

Documentaire (52 mn), diffusion le 22 novembre 2011 sur Arte à 22h30.

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