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Une double page sur le revival du bijou fantaisie avec LLY Atelier, Gas Bijoux, Manorola, le Fourbi de Capucine et la tendance de la personnalisation dans la maroquinerie avec Le Feuillet, Céline et Louise, Maison Baluchon, Bonnie and Bag etc.

« Arty », un mot un peu trop à la mode ?

De par mes aspirations, il y a un mot devant lequel mes yeux sont tout spécialement rivés, voire presque écarquillés en ce moment, c’est le mot arty.

Arty

En effet, depuis que Prada a fait appel à des artistes pour réaliser ses robes-tableaux, que Céline s’est illustré dans l’art des motifs « coup de pinceau » ou que Chanel a accessoirisé ses mannequins d’un carnet à dessins d’écolière sur un catwalk aux allures de foire d’art contemporain, ce terme a fleuri dans les magazines avec l’arrivée du printemps.

Chanel PE 2014

Evidemment, le concept ne date pas d’aujourd’hui. Jean-Charles de Castelbajac a fait de l’art d’utiliser dessins, peinture et couleurs franches sa marque de fabrique. Mais ces derniers temps, j’ai fait le test en lisant l’essentiel de la presse féminine (Grazia, Elle, Be, Vogue etc.) et je pense que j’ai bien du croiser cette expression trois fois par page.

Emporté par le diktat qu’imposent les défilés des grandes maisons, tout devient « arty » : une traînée de poudre colorée sur une paupière, une coiffure laquée effet « peinture fraîche », une pochette aux motifs « palette du peintre », une chemise aux imprimés figuratifs et même un week-end pop et culturel. Faire de l’art, un art de vivre, une attitude s’inscrit définitivement dans l’air du temps.

Fyodor Golan - Runway: London Fashion Week SS14

Ballerines Repetto Artty

De manière générale, le journalisme de mode utilise les anglicismes à foison, parant ainsi certaines notions de qualités hors norme : c’est trendy, girly, boyish, glossy, sunny. L’anglais a en effet l’avantage d’être très directe conceptuellement parlant. Mais quand je tombe sur « les tendances fortes de l’été mêlent imprimés arty, streetwear ethnique et jupettes girly« , je ne peux m’empêcher de croire que certaines phrases frisent presque le ridicule.

Pour aller un peu plus loin dans ma réflexion sur le mot arty, je suis partie à la recherche de sa définition :

« Se dit de quelque chose (un mouvement, une oeuvre d’art par exemple) ou quelqu’un qui se veut artistique, d’avant-garde, novateur, sans que ces prétentions ne soient forcément justifiées. »

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Cette dernière a le mérite d’être claire et honnête. En effet, il ne suffit pas par exemple d’élaborer un haut fait des lanières de tissus pour s’écrier « Sublime, c’est un Fontana ! »… et je parle en connaissance de cause.

Que la mode s’inspire de l’art, je n’y vois aucun inconvénient bien au contraire. Les exemples réussis font légion – à l’image de l’hommage récent à Magritte de Opening Ceromony – mais ce que je déplore, ce sont les approximations dont fait parfois usage le monde de la mode au sujet de l’art.

Magritte Opening Ceremony

Lorsque je lis « la tendance arty s’adresse à tous les adeptes des tonalités pop et des motifs abstraits » avec pour illustration l’une des robes de Prada qui arbore un visage, je grimpe au plafond. Vous allez me taxer de puriste. Certes. Mais faire la différence entre abstraction et figuration est élémentaire et ne requiert aucune compétence en histoire de l’art.  

De plus, il suffit de s’attarder un peu plus longtemps sur cette nouvelle tendance pour se rendre compte que finalement, n’importe quel vêtement qui arbore imprimés, sequins et aplat de couleurs vives peuvent se réclamer cette saison de la mouvance arty. Comme si la mode avait inévitablement besoin de ce supplément d’âme pour se donner du crédit.
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Une conclusion qui va dans le sens du dernier essai de Gilles Lipovetsky et de Jean Seroyva qui prône « l’esthétisation du monde ». A l’ère de l’hypermodernité, nous serions en effet entré dans un « capitalisme artiste » où se distinguer parmi la surabondance passerait par la production de « beau » (au sens émotionnel et esthétique du terme). Un ouvrage stimulant qui rappelle que si la sensibilité esthétique s’est exacerbée au point de nous transformer tous en « homo aestheticus », l’art contemporain persiste à être l’apanage d’une culture d’élite relativement homogène. Chacun son domaine.

Pour approfondir sur la thématique art et mode, j’invite mes lecteurs à se référer à mes précédents articles.

L’ère des collaborations artistiques

La fonction de l’art dans l’univers de la mode et du luxe

N’hésitez pas à me faire part de vos points de vue en réagissant dans la partie commentaire.

Contact : pauline.weber@theatredelacreation.com

L’hypersexualisation de la mode

En décembre 2013, le magazine italien NSS mag lança un jeu sous forme de quizz intitulé « Fashion or Porn » qui a fait grand bruit sur les réseaux sociaux. Le principe est simple : des bribes de photos apparaissent à l’écran et il faut déterminer hors contexte s’il s’agit d’une « sage » image de mode ou d’un cliché issu du monde du hard.

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Difficile de battre des records tant certaines poses ou expressions sur les visages jouent sur l’ambigüité. Un constat qui semble révélateur d’un phénomène bien palpable. En effet, la frontière entre publicité de mode et image à caractère sexuel n’a eu de cesse de s’amenuiser avec les années. A tel point que l’on parle aujourd’hui d’hypersexualisation, de « pornification » de la mode pour reprendre le terme anglais.

En 2004, William Endres et Christophe Hug dans leur ouvrage intitulé Publicité et Sexe : Enjeux psychologiques, culturels et éthiques tiraient déjà ces conclusions : « Les images à caractère sexuel sont communes dans la publicité depuis longtemps. Cependant, depuis les dernières décennies, l’imagerie devient plus explicite, plus commune. De nombreuses publicités sont proches de la frontière avec la pornographie. La publicité adopte même parfois ses conventions visuelles et messages.»

picture25201A la même époque, le New York Times allait également dans ce sens en affirmant que « la mode s’est inspirée de l’esthétique porno avant même l’art, la vidéo, la musique et Hollywood. »

La tendance n’est bien évidemment pas nouvelle. On utilisait déjà la nudité pour booster les ventes au début du siècle et l’érotisme dans la photographie de mode a connu son apogée avec des photographes de renom comme Helmut Newton ou Jean-Loup Sieff.

Helmut Newton
Yves Saint-Laurent par Jean-Loup Sieff

Mais si la nudité constitue notre état premier et naturel, il ne faut surtout pas confondre érotisme et pornographie.

Dans le cadre de mes recherches sur le sujet, j’ai interviewé Michel Dorais, sociologue de la sexualité et chercheur à l’université de Laval. Je lui ai demandé la différence qu’il établissait entre les deux notions. Selon lui, « l’érotisme se définit comme l’art subtil de la suggestion alors que la pornographie dévoile tout, tout de suite, sans retenue et en gros plan. Elle ne laisse aucune place à l’imagination, à l’anticipation, qui sont au contraire sollicitées par l’érotisme. »

Cependant, en poussant l’analyse plus loin, on se rend compte que la frontière est parfois mince et qu’elle est aussi une question de point de vue, de sensibilité. Comme le disait si justement André Breton, « la pornographie, c’est l’érotisme des autres », constat que cette photographie de Guy Bourdin illustre avec brio.

Guy Bourdin
Guy Bourdin

« Il y a toujours la possibilité pour celui ou celle qui regarde d’ajouter sa propre lecture, forcément subjective, au scénario érotique ou même pornographique qu’on lui présente » ajoute Michel Dorais.

De plus, on nage aujourd’hui dans une nébuleuse de concepts, à l’image du « porno-chic », du « fétichic » ou encore du « bondage », qui tendent à opacifier la limite entre érotisme et pornographie dans leur représentation respective.

Le porno-chic « s’inspire de la pornographie dans ses scènes les plus crues, tout en aspirant, comme si c’était de l’érotisme, à faire de l’art » précise Michel Dorais. Initié à l’aube des années 2000, le porno-chic a été popularisé par Carine Roitfeld, ancienne rédactrice en chef du magazine Vogue qui a multiplié les couvertures et éditos de mode provocants sous l’influence du photographe de mode Mario Testino et du designer Tom Ford.

Daria Werbowy par Mario Testino
Daria Werbowy par Mario Testino

Tom Ford for Men

Caractéristique d’une époque en besoin croissant de s’exhiber, le porno-chic est aussi reflet d’un renversement d’un certain nombre de tabous. En commercialisant son canard vibro-massant affublé de rayures multicolores dans le sous-sol de sa boutique de Saint Germain des Prés, Sonia Rykiel s’est montré précurseur en la matière, se faisant ainsi le symbole d’une évolution majeure des mœurs dans l’appréhension de la sexualité et du plaisir féminin.

Avec son défilé prêt-à-porter automne-hiver 2011-2012, Marc Jacobs signe l’avènement du « fétichic » dans une esthétique rappelant Charlotte Rampling dans Portier de Nuit. En se réclamant davantage de l’érotisme et du fantasme avec un vestiaire sombre arborant buste corseté, talons aiguilles, cuir et bas nylon, le « fétichic » entend ainsi dépasser la provocation caricaturale et inhérente au porno-chic et se pose en digne héritier d’un Claude Montana ou d’un Jean-Paul Gaultier.

Charlotte Rampling Portier de Nuit

Qu’il s’exprime de manière plus ou moins explicite, l’imaginaire autour du sexe fait vendre et se pose comme une source inépuisable d’inspiration pour l’industrie créative. La dérive majeure tient aujourd’hui à sa surenchère inexorable,   symptomatique de l’hypersexualisation de la mode et de la société dans son ensemble.

Dans un article paru en novembre 2013, Caryn Franklyn, présentatrice britannique, s’insurge contre une mode devenue « une branche à part entière de l’industrie pornographique. » Cette dérive est due selon elle à deux facteurs : la diffusion de plus en plus massive de la pornographie via Internet et l’augmentation des retouches photos. « Réduire les femmes à une paire de seins, à des parties génitales et à une mine boudeuse est devenue aujourd’hui une véritable identité artistique. Ce n’est pas vendre de la mode. Ce n’est rien vendre si ce n’est du sexe.»

On a peut-être tiré des conclusions trop hâtives en clamant que le porno-chic à la David Lachapelle était mort ou qu’il renaîtrait de ses cendres dans une version adoucie. Il est aujourd’hui à l’origine de ces multiples survivances plus radicales dont Terry Richardson se fait aujourd’hui le porte-parole privilégié et qui n’est pas du goût de tout le monde.
Paris Hilton par David Lachapelle
Paris Hilton par David Lachapelle

« La publicité de mode d’aujourd’hui est envahie par les photographes et les réalisateurs du genre du très dénigré photographe millionnaire Terry Richardson, dont l’esthétique entière repose sur l’objectification pornographique de la femme » commente Kate Hakala, journaliste du site Nerve, « centre culturel en ligne pour le sexe, l’amour et la culture ».

Terry Richardson utilise en effet les procédés de la photographie amateur. Par l’utilisation exacerbée du flash, il confirme l’existence d’un genre à part entière et semble parfois filtrer avec le vulgaire. Car ne l’oublions pas, entre l’érotisme et la pornographie, il n’y a qu’un pas… comme entre le bon et le mauvais goût. Il ne lésine pas sur les gros plans : la chair est à vif dans sa plus simple expression, sans écran et avec un réalisme cru qui rappelle les peintures de Lucian Freud. On aperçoit une cicatrice, des poils. Personne n’est épargné. Je choisis volontairement de ne pas montrer les clichés en question mais il suffit de taper son nom sur Google images pour les voir apparaître.

Lara Stone par Terry Richardson
Lara Stone par Terry Richardson

Ce style sans précédent qui le caractérise permet à certains de ses défenseurs de dire que ses clichés ne relèvent pas de la pornographie.

Pour Gavin McInnes du magazine new-yorkais Vice, « l’une des choses les photos touchantes dans les photos de Terry, ce sont les imperfections. » Pour Olivier Zahm, éditeur du magazine Purple, « il photographie la beauté féminine du point de vue masculin. » Il renchérit : « En fait, Terry œuvre contre la pornographie, puisqu’il réintroduit le désir, la sexualité, le sexe ludique dans la réalité et en direct avec le studio. Il photographie la sexualité comme une connivence entre lui et son modèle. Il ne joue pas le jeu de la domination et de la dépendance sexuelles de la pornographie. Il s’investit personnellement. Nous voyons son bras et sa montre, sa main, son corps, quelque fois son pénis etc. »

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A vous de juger. Personnellement, je trouve cette dernière assertion complètement grotesque. Non pas que je remette totalement en question le travail de Terry Richardson mais il est normal de se poser quelques questions face à ses réalisations, à l’image du clip où Miley Cyrus s’exhibe nue et s’adonne aux plaisirs du léchage de marteau. Le photographe de mode a d’ailleurs été accusé à plusieurs reprises d’agressions sexuelles par des mannequins dont la dernière en date est celle de Charlotte Waters qui a dans une lettre anonyme publiée le 4 mars dernier relate que ce dernier lui aurait ordonné de pratiquer une fellation lors d’un shooting à New-York en 2009. Une pétition « No more Terry » a même été crée afin de désinciter les grandes marques à faire appel à ses services.

Et ce n’est pas forcément une mauvaise chose. En effet, certaines conclusions laissent sans voix quant au pouvoir manipulateur des images de mode et du luxe qui loge dans notre inconscient.

Une étude réalisée auprès de 87 étudiants par Kate Waldman et Kathleen Vohs et publiée en novembre 2013 dans le journal Psychological Science, révèle que le seuil de tolérance des femmes face à l’objectisation du corps et la mise en scène de sa sexualité dans la publicité s’accroit plus le produit vendu est un produit de luxe. « Les femmes trouvent les images sexuelles déplaisantes lorsqu’elles mettent en avant un produit bas de gamme, mais cette réaction à l’imagerie sexuelle était mitigée quand le produit mettait en avant un produit au prix élevé. Ce phénomène n’a pas été observé parmi les hommes. » Les chercheurs expliquent ce phénomène par la théorie économique du sexe qui considère les relations hétérosexuelles comme un marché et le sexe comme un bien marchandisable : « les hommes cherchent à acquérir du sexe de la part des femmes en leur offrant d’autres ressources en échange. »

La Crème de la crème

Une théorie sur laquelle Kim Chapiron s’est en partie basée pour monter le scénario de son dernier film baptisé « La Crème de la crème »  où il met en scène trois étudiants d’une école de commerce prestigieuse qui montent un réseau de prostitution. Loin d’éviter les clichés et de soulever de vraies questions quant à la gravité du sujet abordé, le film entend toutefois mettre en garde « une génération qui connaît les gang-bang avant même de savoir embrasser » et qui tend ainsi à banaliser la pornographie en oubliant l’essentiel : l’amour.

Dans son ouvrage intitulé « la Sexualité spectacle », Michel Dorais parle d’une nouvelle révolution sexuelle, celle de la génération 2.0 qui entend « tout voir, tout montrer ». A ce titre, « le mot d’extimité a même été inventé pour caractériser cette nouvelle forme de dévoilement continu et presque obligé de l’intimité. »

La sexualité spectacle

« Le web et les réseaux sociaux permettent d’avoir accès à une infinité d’images et de contacts virtuels, ce qui donne l’impression que la sexualité est plus accessible que jamais ; or, je ne vois pas d’avancées significatives sur le plan de la connaissance de soi, de sa propre sexualité et même de celle des autres. Il y a là un étrange paradoxe, d’où mon appel au développement d’un sens critique et d’une réflexion sur la sexualité qui ne nous condamnent pas à retourner à la censure ou à la pudibonderie d’antan, mais plutôt à un questionnement sur ce qu’est l’intimité, et même l’identité qui en découle » argumente-t-il.

Parce que la mode est le témoin privilégié des changements sociétaux, il est important de garder son sens critique face à ce phénomène qui s’avère beaucoup plus pernicieux que l’on ne le croit. Et je me permets ici de soulever ce point car je suis moi-même généralement assez bon public et plutôt friande de ce type d’esthétique dont j’en ai bien souvent oublié les dérives potentielles, prise aux mains du processus de séduction irrésistible de cette machine à rêves.

Thylane Blondeau Jalouse

Pour conclure cette article, je finirai par la couverture du dernier Jalouse qui met en scène Thylane Blondeau, fille de Veronika Loubry, presque vierge de tout artifice, mais avec toutefois une maille Dior… comme toutes ses camarades de classe. Je laisse volontairement la question ouverte en rappelant toutefois qu’avec ses allures de lolita, la baby mannequin avait fait scandale en décembre 2010 en posant pour une série de photos orchestrées par Tom Ford où elle apparaissait maquillée et couverte de bijoux à l’âge de 10 ans. Avec ses poses suggestives, elle rappelait étrangement Brookes Shields dans sa baignoire sous l’objectif de Richard Prince… Le processus créatif, cet éternel recommencement.

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Pour me contacter : weber.pauline@gmail.com

Primark se lance sur le marché parisien

La France, pays du luxe par excellence, est-elle prête à accueillir la chaîne irlandaise de vêtements à bas prix, Primark ?

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Une toute nouvelle boutique a ouvert vendredi dernier à Aulnay Sous-Bois provoquant un succès immédiat.

Mais passé l’effet de la nouveauté, la marque peut-elle vraiment décoller et perdurer sur le long terme ?

C’est dans ce contexte que j’ai été interviewé par Catherine Clifford, journaliste chez France 24, pour apporter mon regard sur l’évènement.

Vous trouverez ci-dessous la vidéo du reportage ainsi qu’une synthèse de notre interview.

« How would you sum up French women’s buying habits and style?

French women generally use to mix high quality or very fashionable pieces with basic things from the fast-fashion industry as H&M or Zara. It’s something that we commonly do.

Would you say it’s true they favour buying good quality garments to last over the sort of throw-away fashion culture which is popular in the UK?

Yes for sure, in the UK, people give more the priority to quantities. English girls have a more colorful and daring style so they prefer buy cheaper and change their clothes each season.

In France, people think more on the durability. First, we are more classical than in the UK, especially in Paris. Besides, we are really sensitive on the qualities of the garment, on the “made in”. For example, if we buy a luxury brand, we don’t accept to buy it expansive if it made in China. Marc Jacobs does it a lot and it’s something that we don’t really appreciate evenly it’s fashionable. We are not ready for that.

Would you say the economic crisis has caused more French people to turn to stores like H&M?

Not necessary. If you are really sensitive to the fashion industry, you can manage to have strong pieces at lower prices, in going at private sales or press sales for instance.

It’s crazy but sometimes, it’s not a question of money. In France, the 15/25 years old spend on average 625 euros per year. In this way, there are the first consumers of clothes in term of budget because there are really concern by fashion.

Do you think Primark will take off in France in the same way it has in the UK? (i.e. very popular amongst young fashion conscious people, with stores on most high streets) Why/Why not?

Do you think many « stylish Parisians » will be willing to cross the periferique to shop in Primark? 

I think Primark have a really potential to take off in France because French people know about this store and when they travel in the UK, they use to go there as they use to go to Topshop but it’s clearly cheaper ! The main challenge for Primark is all about its localization. At the beginning, « stylish Parisians » will cross the periferique to shop in Primark because it’s new but at the long terme, if Primark want to carry on, it gonna be necessary to be on Rivoli like Forever 21or in the Departement Stores district in Opéra.

It’s strategical. It depends on your target but if you want to attract “Parisians”, you have to open a store on the most high streets. I give you a example, when Uniqlo open in 2009, it was a big big event because Fast Retailing made a huge campaign of teasing but I can tell you that a lot of people including me, ignored at this time that another shop already existed in the Paris area. Why ? Because it’s located in La Défense… »

La résurgence de la danse classique dans l’univers de la création

Article illustré par une conversation avec Dorothée Blacher,  responsable du Département Danse au sein de la maison Repetto

Des danseurs sont allongés sur du papier froissé et bougent au rythme du flash et des instructions du photographe. La préparation d’un reportage sur les coulisses d’un ballet ? Pas exactement.

JR, célèbre pour ses photomatons géants disséminés à travers le monde, a initié cet hiver un vaste projet dans le cadre des Arts Series du New York City Ballet. Le résultat, une installation grandeur nature, un œil témoin de notre temps, qui retranscrit avec force, la beauté des corps de quatre-vingts danseurs au rythme d’une chorégraphie immobile. Une collaboration plus qu’étonnante quand on pense à l’identité artistique de JR qui se réclame du Street Art, courant plus radicale dans ses fondements que la danse classique. L’expérience a été si fructueuse que ce dernier s’est même improvisé chorégraphe pour un ballet qui sera présenté en avril et mai prochain au Lincoln Center.

JR NYC Ballet

La preuve que la danse classique inspire bien au delà de son domaine de prédilection.

Et pour cause, elle est devenue aujourd’hui un véritable support de communication. De nombreuses marques et pas seulement de mode, puisent dans son univers pour donner du sens à leur discours et construire des histoires autour de leurs offres respectives.

Dans cette optique, le Club Med a présenté récemment une nouvelle campagne intitulée « Le Ballet ». Réalisée par l’équipe créative de Saatchi & Saatchi, cette dernière met en scène un couple de danseurs suivi par une troupe de ballerines qui réinterprètent en mouvement la fameuse chanson « Darla Diladada » des Bronzés. Une façon subtile pour le célèbre club de vacances de réaffirmer sa volonté de monter en gamme avec humour et décontraction. Créatrice d’identité, la danse classique valorise en effet tout ce qu’elle touche. Art de l’exigence par excellence, elle incarne à la perfection les valeurs du luxe.

L’engouement suscité par Black Swan en 2011 n’est pas anodin. Le film a en effet largement contribué à redonner à la danse classique ses lettres de noblesse. En tant que consultant chorégraphe pour le film, Benjamin Millepied a d’ailleurs beaucoup œuvré dans ce sens, provoquant ainsi les convoitises de nombreuses marques. On repense en effet à la campagne publicitaire d’Air France « l’Envol » où il danse avec sa partenaire sur une chorégraphie de Prejlocaj, choisie pour symboliser avec poésie l’invitation au voyage par les sentiments amoureux. Mais aussi au parfum « L’Homme Libre » de Yves Saint Laurent pour lequel il a été choisi comme égérie et où on le découvre en pleine rue danseur des temps modernes. Une démarche à son image puisqu’il pense lui-même que « la danse est partout » et qu’elle doit être au cœur des projets artistiques.

Source d’inspiration, l’esthétique du ballet jouit de plus d’une grande force de représentation. Ainsi, pour présenter sa collection printemps-été 2014, la jeune créatrice Alix Thomsen a choisi de faire appel à des danseurs de l’Opéra de Paris. A travers « l’histoire de trois sœurs et d’un voyageur », les vêtements sont mis en scène, bougent et se muent au rythme des rebondissements du scénario. Sur le lookbook, l’une des danseuses, Juliette Gernez, pose à plusieurs reprises montée sur pointes ou avec son tutu.

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Basé sur l’imaginaire du corps en mouvement, du geste parfait et de la féminité, la danse classique détient ce pouvoir inouï de créer du beau tout en faisant appel à un langage universel.

« Les ballets reflètent l’histoire de la vie, de la jeune fille en quête d’amour » comme le rappelle si justement, Dorothée Blacher, responsable du Département Danse au sein de la maison Repetto.

Voilà pourquoi la danse classique et la mode n’ont eu de cesse d’entretenir un puissant dialogue créatif, faisant collaborer designers, chorégraphes et artistes. Déjà dans les années 20, Gabrielle Chanel avait uni ses talents à ceux de Jean Cocteau et Picasso, en réalisant les costumes de plage du Train Bleu, un des célèbres ballets russes de Serge Diaghilev. D’autres rencontres de ce type ont également marqué les esprits par la suite à l’image de Gianni Versace et Béjard ou de Christian Lacroix pour l’Opéra National de Paris.

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Par ailleurs Chloé, dont l’univers esthétique s’inscrit dans la fraicheur et la délicatesse de la jeune fille, a également trouvé tout naturellement son inspiration dans le monde du classique. En 2011, Hannah Mac Gibbon a proposé à cet effet un défilé entièrement tourné sur l’univers de la ballerine. Fluidité et transparence sont les maitres mots de cette collection Eté qui rassemble en son sein les codes chers à la marque : plissés en mousseline de soie, jupons en tulle et pantalons amples déclinés sur une palette de couleurs nudes sont associés à des justes-aux-corps qui subliment avec grâce la féminité. Une vidéo diffusée sur Internet et mettant en scène Janie Taylor, danseuse au New York City Ballet, dans les créations de la maison, a de plus été pensée pour marquer l’événement.

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Dans le domaine de la danse contemporaine, digne héritière du ballet, les exemples font aussi légion : Rei Kawakubo et ses costumes « bosses » pour Merce Cunningham, Jean Paul Gaultier et Régine Chopinot ou encore Dries van Notten pour Anna Theresa de Keersmaecker. A la fois sublimé et acteur d’une recherche conceptuelle aboutie au service de la chorégraphie, le costume de danse trouve alors son sens le plus profond tant d’un point de vue artistique qu’intellectuel.

Plus récemment en 2013, Azzedine Alaia, sculpteur du corps par excellence et déjà précurseur en la matière avec sa contribution pour Carolyn Carlson, a conçu les costumes pour La Nuit de Prejlocaj et Les Noces de Figaro à Los Angeles.

D’autre part, Riccardo Tisci, directeur artistique de la maison Givenchy, pourtant friand d’une esthétique plus sombre, a signé à la même époque « des combinaisons seconde peau de couleur nude en tulle rebrodé de dentelle ivoire formant un squelette » pour le Boléro de Ravel. A croire que d’un extrême à l’autre, il n’y a qu’un pas. « Ce qui intéresse à mon sens les créateurs, c’est que de quelque chose de très strict, on parvient à travailler l’opposé. La danse classique c’est aussi ce goût de la transgression que l’histoire du lac des cygnes relate à la perfection » précise Dorothée Blacher.

Riccardo Tisci

Par l’union du tissu et du corps en mouvement, les liens entre danse classique et la mode ne tarissent pas et au contraire, s’autogénèrent.

A ce titre Repetto, marque qui a fait sa renommée après la seconde guerre mondiale grâce à ses chaussons aux coutures retournées et ses vêtements dédiés à la danse, est un cas d’école. Car tout en conservant son territoire d’origine, elle a su pénétrer l’univers de la mode et du luxe. Une histoire qui commence en 1956 avec la création des ballerines rouges Cendrillon, immortalisées par Brigitte Bardot dans « Et Dieu créa la femme » et que Serge Gainsbourg a perpétué dans les années 70 en adoptant en ambassadeur officiel les fameuses Zizi.

Après une période de flottement, la marque est véritablement revenue sur le devant de la scène en 1999 sous l’impulsion de son nouveau directeur Jean-Marc Gaucher. Les collaborations avec les designers japonais, Issey Miyake, Yohji Yamamoto ou Comme des Garçons participent à ce renouveau. En lançant sa collection de prêt-à-porter en 2012 et son parfum en 2013, la maison Repetto a pris un nouveau tournant.

Repetto Garde Robe

Comme l’explique Dorothée Blacher, « l’objectif est de parler de la silhouette de la danseuse en tant que femme active et contemporaine. En diversifiant notre offre produits, nous avons voulu incarner tout ce que la femme Repetto représente aujourd’hui, à savoir une femme en mouvement qui de son cours de danse ou de yoga, part travailler ses ballerines de ville aux pieds et sort le soir surélevée sur des talons qui lui rappellent la cambrure obtenue par les pointes. Repetto c’est avant tout un art de vivre, une attitude. On ne propose pas simplement des produits mais une silhouette, une fonction. Repetto apporte à la femme la grâce de la danseuse. »

Enfin, si la danse classique s’inscrit dans l’air du temps et inspire la création contemporaine, c’est aussi parce qu’elle jouit aujourd’hui d’un regain d’intérêt très fort. Les mannequins ne cessent de vanter ses louanges pour la silhouette et l’on a même vu de nouvelles pratiques sportives s’en inspirant, à l’image du « Body Ballet », apparaître.

Ballerina Project Hawai

Ce phénomène semble aller de pair avec notre époque contemporaine dont la rigueur et l’autorité contrecarrent avec le bling-bling dépassé des années 2000. De plus, dans une société effrénée et avide de résultats rapides, la danse classique fait à l’inverse l’éloge de la patience et de la modestie. Maitrise du corps et apprentissage de la frustration, sont les maîtres-mots de cette discipline.

C’est une sorte de retour aux fondamentaux, « back to basics »

« La danse classique c’est la base, le point de départ d’un large éventail de mouvements, d’une grande liberté de création. Grâce à elle, on apprend à positionner son corps et à mieux se connaître. C’est l’école de la concentration, de la perfection, de la grâce. Et ce sont là de vraies valeurs. » ajoute Dorothée Blacher.

Et puis, si elle continue à attirer tant d’adeptes, toutes générations confondues et ce malgré les difficultés qu’elle représente, c’est qu’elle incarne « le rêve ultime de toutes les petites filles mais aussi des femmes » spécifie t-elle. « Car ne l’oublions pas que la danse c’est avant tout l’instant premier.»

 

Les filles de la « Classe Thomsen » libérées à la Galerie Perrotin

Pour présenter sa nouvelle collection Automne-Hiver 2014-15, Thomsen a choisi l’antre de la Galerie Perrotin et noue un nouveau dialogue à la confluence de la mode et de l’art contemporain.

Pensée comme une véritable visite guidée, les invités sont introduits aux filles de la « Classe Thomsen » qui « libérées par leurs professeurs après plusieurs années d’éducation artistique intensive, jettent un regard innocent et fantasque sur le monde qu’elles découvrent. »

Basés sur un scénario déluré de Arthur Dreyfus, les looks « défilent » sous les yeux intrigués du visiteur qui se promène entre les salles d’exposition et découvre la personnalité de ces filles aux caractères bien différents.

Certaines récitent leurs cours d’histoire de l’art à tue-tête sans s’écouter, d’autres admirent des sculptures d’Ivan Argote à travers une loupe ou une paire de jumelles. Une se complaît dans l’art du tricot derrière son grand manteau jaune tandis que deux de ses camarades s’adonnent aux plaisirs du selfie.  Quand Alexandre aime les mathématiques, Michelle dessine, Marcelle joue avec son poisson rouge ou Raphaëlle s’affaire à créer du beau avec une guirlande. Anne par goût de la transgression, va même jusqu’à feindre de caresser, lécher une des toiles multicolores de Bernard Frize. Tout ce petit monde hétéroclite s’agite à la manière d’un happening sans nous faire oublier l’essentiel : la mode, la mode, la mode.

Reprenant les codes chers « à la marque de chemises conçue pour ses amis », Thomsen flirte avec poésie et légèreté dans l’univers de l’écolière, de l’étudiante arty.

Affranchie, la jeune fille Thomsen se joue des conventions et affiche des coupes droites aux allures masculines : manteau oversize, tailleur pantalon en velours marine, gilet d’homme décliné en robe, caban sans manches à double boutonnage, mocassins.

Mutine, elle aime les imprimés audacieux, les rayures de couleurs contrastées qu’elle marie avec grâce au fluo de ses chaussettes. Elle brave la pluie sous son manteau en toile cirée à motifs, porte son pantalon un peu trop court et boutonne sa chemise jusqu’en haut.

Moderne, elle dévoile avec discrétion sa féminité dans une jupe pencil taille haute portée avec une maille, dans une robe bi-matière ajustée dont le large nœud délicatement greffé dans le dos n’est pas sans rappeler les fourreaux de Vionnet, Yves Saint Laurent et Alexis Mabille.

Bref, Thomsen c’est la classe !!

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Défilé Chanel Métiers d’Art Paris-Edimbourg 2012

Depuis 2002, Karl Lagerfeld consacre un défilé aux Métiers d’Art.
Ce dernier met à l’honneur le savoir faire artisanal traditionnel des neufs ateliers rachetés par Chanel depuis 1985 : Desrues (parurier), Lesage (brodeur), Michel (modiste), Massaro (bottier), Goosens (orfèvre et joaillier), Lemarié (plumassier), Guillet (parurier floral), Montex (brodeur au crochet acquis en 2011) et Barrie Knitwear (fabricant d’articles en cachemire basé en Ecosse depuis 140 ans que la maison Chanel vient de racheter).

Paris-Shanghai

Chaque année, Chanel nous fait voyager à l’occasion de ce rendez-vous inhabituel qui se tient en dehors du calendrier conventionnel des collections de Haute-Couture et de Prêt-à-Porter : Tokyo (2005), Los Angeles (2006), Londres (2007), Moscou (2008), Shanghai (2009), Byzance (2010) et Bombay (2011).

Paris Byzance

Présentées initialement comme des pré-collections de la saison Automne-Hhiver, les créations des Métiers d’Art ont atteint un tel niveau de complexité et de perfection qu’elles sont devenues au fur à mesure comparables à des collections de Haute-Couture.

Paris-Bombay

Le 04 décembre dernier, Chanel nous a emporté pour cette onzième édition, à Edimbourg. L’occasion de mettre en avant le savoir-faire lainier de Barrie Knitwear mais aussi de rappeler l’attachement affectif de Mademoiselle Chanel pour l’Ecosse. C’est là-bas qu’elle a en effet découvert grâce au Duc de Westimenter la veste en tweed, le cardigan et le tricot en maille, éléments qu’elle a emprunté au vestiaire masculin pour donner à la silhouette féminine confort et élégance.

Paris-Edimbourg

Le défilé s’est tenu dans le Palais Linlithgow, ancienne résidence royale des Stuarts, où Mary Queen of Scots, future reine de France et d’Écosse est née en 1542. Composé de 78 silhouettes dont plusieurs masculines, il fait la part belle au tweed, à la maille et au tartan.

Paris-Edimbourg

L’ambiance  est sombre, moyen-ageuse, avec des faux-airs de châteaux hantés. Pour braver le froid, les mannequins sont de vêtus de longs manteaux, de pulls XXL et d’imposantes écharpes. Les imprimés écossais côtoient couleurs sombres à l’image du bordeaux, du vert profond, le drap de laine et le cachemire font légion.

Paris-Edimbourg

La petite veste en tweed revisitée et le noeud lavallière orné d’une broche-bijou éclairent les tenues, les manches sont bouffantes et le motif argyle fidèle au tricot jacquard s’improvise sur les jambes. L’allure se veut précieuse, la maitrise des volumes est parfaite et l’ambiance oscille entre costume de la Renaissance et influence néo-punk à la Vivienne Westwood. La fin du défilé s’illumine de blanc éclatant et les silhouettes se font plus douces et romantiques sous l’influence de la soie, des perles et des plumes.

Autre détail étonnant, les bottes recouvertes de fourrure : « C’est une collection anti-talons aiguilles« , explique Karl Lagerfeld. « J’aime la facilité des chaussures plates avec une tenue sophistiquée. »

Carven et Petit Bateau se rencontrent dans l’univers de l’enfance

Save the date !

La collection Capsule Petit Bateau + Carven sera disponible à partir du 4 décembre 2012 dans les boutiques Petit Bateau et dès le 3 décembre en avant-première sur le site Internet.

Déjà en vente depuis le 05 novembre 2012 chez Colette, cette nouvelle collaboration s’est imposée comme une évidence pour Guillaume Henry, directeur artistique de la maison Carven.

« Nos collaborations étaient jusqu’à maintenant associées à une collection et à un récit spécifique, mais la ligne que nous avons développée avec Petit Bateau va plus loin. Ce n’est plus une histoire liée à la collection, c’est une histoire de valeurs partagées. Il y a une sorte de simplicité joyeuse dans ce qu’ils font. Quand je pense à Petit Bateau, je pense à la fraîcheur. » explique t-il.

Pour l’occasion, ce dernier a crée neufs silhouettes (femmes et enfants) qui reprennent les codes communs aux deux marques : l’univers de l’enfance et un côté femme-enfant, preppy très assumé.

« Nous avons essayé de définir la garde-robe Carven à l’aide de quelques volumes emblématiques. Il s’agit toujours d’un mélange de séduction et de discrétion. » ajoute Guillaume Henry.

Le style Carven d’aujourd’hui joue en effet sur l’alternance de jupes courtes ou shorts bouffants accompagnés d’un haut plus strict comme une chemise boutonnée jusqu’au cou.

Guillaume Henry établit dans ses collections des contrastes « à la frontière du pudique et du charnel ». Ici, cette robe rouge est courte et moulante mais ornée d’un col sage qui adoucit l’ensemble. Chez Carven, tout est dans la nuance et la subtilité. La pose est lascive, un brin suggestive.

La fille Carven est spontanée : « Elle joue la femme mais c’est encore une petite fille qui essaie les vêtements de sa mère et qui n’est toujours à l’aise avec des talons hauts, mais je veux qu’elle reste comme ça. »(Conférence IFM)

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Les inspirations de Guillaume Henry sont surtout cinématographiques à l’image de Charlotte Gainsbourg dans La Petite Voleuse ou l’Effronté. Ce qu’il aime chez elle, c’est son côté « chic adolescent« , « Ce n’est pas une fille, ce n’est pas encore une femme, elle est entre-deux. Elle porte le même pull depuis 3 ans » mais elle ne sait pas à quel point elle est craquante car c’est « le charme de ce qui n’est pas décidé ». Audrey Hepburn fait également partie de son univers.

Gatsby le Magnifique : un roman, un film, une inspiration mode

Personnage emblématique de la « Génération perdue » désenchantée par la Grande guerre, Francis Scott Fitzgerald est l’un des auteurs américains les plus célèbres de son époque tant pour son œuvre que par sa vie qu’il consumera trop vite. « Il écrivait pour la même raison qu’il buvait: parce qu’il était trop sensible pour mener une vie normale » dixit Frédéric Beigbeder dans un registre légèrement décalé, mais criant de vérité.

Gatsby le Magnifique est son œuvre phare, le roman de sa vie dans lequel il a tout investi, pour conquérir le monde et satisfaire les désirs matériels de sa femme Zelda. Paru en 1925, l’ouvrage n’a malheureusement pas reçu le succès escompté. Pourtant, l’influence de ce roman est aujourd’hui sans précédent, que ce soit au regard de la littérature, du cinéma ou de la mode.

L’histoire a lieu à l’époque où Fitzgerald l’écrit: celle des années folles, où danser sa vie est un leitmotiv absolu. La fête bat son plein à Paris comme à New York. Les femmes s’animent dans des robes à franges audacieusement courtes et arborent des coupes à la garçonne. Cette ambiance particulière, Fitzgerald la décrit avec légèreté et précision à travers Nick Carraway, narrateur et voisin de Jay Gatsby. Ce dernier est un jeune milliardaire inconnu qui organise dans sa villa de Long Island d’opulentes réceptions mais dont l’intime espoir est de retrouver son amour adolescent Daisy, elle-même cousine de Nick. « Il y avait de la musique qui s’échappait de chez mon voisin, les soirs d’été. Dans ses jardins bleus, des hommes et des femmes allaient et venaient comme des papillons de nuit, parmi les chuchotements, le champagne et les étoiles ».

Si vous souhaitez vous plonger dans ce roman, sachez que la plume de Fitzgerald a posé certains problèmes de traduction et qu’aucune des versions faites autour de « Great Gatsby » ne fait  aujourd’hui l’unanimité. Fitzgerald n’est cependant pas un cas isolé : Hemingway, pour citer quelqu’un dont il était proche, a lui aussi donné lieu à de nombreux débats à propos des traductions de ses romans. Le meilleur moyen de ne pas se torturer afin de choisir entre Gatsby le Magnifique traduit en 1946 par Victor Liona, Gatsby le Magnifique traduit en 1976 par Jacques Tournier ou toute autre traduction est probablement de le lire dans sa langue originale, l’anglais…

La dernière traduction en date est celle de Julie Wolkenstein (sortie janvier 2011) qui l’a rebaptisé « Gatsby »… tout simplement. L’œuvre étant désormais libre de droits, la romancière, pas du tout traductrice à la base, s’est aventurée dans cet exercice périlleux pour des raisons affectives, presque vitales  : « J‘avais la certitude, intime mais jamais vérifiée, que ce roman faisait partie de moi, de ma vie, qu’il avait touché chez moi, une fois pour toutes, une corde essentielle. » Cette traduction fut somme toute assez critiquée car trop sujette à interprétations et celle de Jacques Tournier me parait plus fidèle au texte original.

Par ailleurs, si l’œuvre de Fitzgerald a été l’objet de nombreux remaniements, les adaptations cinématographiques furent également multiples. La première version date de 1926, la seconde de 1949 mais c’est celle de 1973 de Jack Clayton qui a le plus marquée les esprits. Le scénario a été entièrement réécrit par Francis Ford Coppola, après le rejet de celui de Truman Capote et certaines scènes ont même été revues par Vladimir Nabokov. Le film met en action Robert Redford dans le rôle de Jay Gatzby et Mia Farrow dans celui de Daisy Bucchanan. Une beauté solaire se dégage de ce film où luxe ostentatoire et impitoyable pauvreté se côtoient. En définitive, passés les conventions sociales, le rêve et l’artificialité de la nuit festive, c’est le souffle d’un amour illusoire qui se dégage de cette Amérique de la Prohibition. Ce sont toujours les plus corrompus qui gagnent car le monde est trop étroit pour laisser place aux sentiments et à la sensibilité. Cette amertume presque insolente se fait écho dans les mots de l’auteur quand il avoue sans peine: « Je suis un romantique. Un sentimental croit que les choses vont durer, un romantique espère en dépit de tout qu’elles ne dureront pas. »

Une nouvelle adaptation cinématographique est attendue pour la fin de l’année 2012 avec Leonardo Di Caprio pour le rôle de Gatsby et Carrey Mulligan dans celui de Daisy.

Au delà des mots et de la bande-son peuplée d’images, l’œuvre de Fitzgerald est un formidable laboratoire d’analyse sur la mode et le costume. Les Années Folles sont frappantes de ce point de vue là et on ne se lasse pas d’observer l’élégance irréelle du vestiaire masculin ou des robes de l’époque, dans leur façon magique et éblouissante de se mouvoir.

En septembre dernier, le défilé Ralph Lauren Printemps-Eté 2012 a fait souffler un vent de légèreté et de couleurs douces sur New York, nous rappelant le charme suranné de l’Amérique des années 20.

Un grand bol de fraicheur se dégage de cette collection teintée de vert anis, de bleu pastel, de rose poudré, de jaune éclatant mais aussi de blanc tout simplement. Le fluidité des coupes et le travail des volumes donnent, par effet de transparence, une allure aérienne aux silhouettes. De plus, un jeu subtil entre mat et brillant est opéré grâce à l’utilisation de la mousseline de soie et du satin coupé en biais. Les mannequins défilent avec un chapeau cloche sur la tête, des perles autour du cou et affichent des imprimés floraux très tendres mais également une attitude plus garçonne en costumes d’hommes revisités. Un cocktail tout simplement vivifiant. Ici, Ralph Lauren renoue avec ses premiers amours, ceux du temps où sa toute jeune marque avait habillé Robert Redford, dans Gatsby justement…

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