Paulette n°33 : Double je(u)

Lorsque nous avons commencé à travailler sur ce nouveau numéro gorgé de soleil, j’étais au Brésil en plein reportage à courir partout sans avoir le temps de mettre un seul pied à la plage. C’était stressant mais grisant, vraiment.

D’ailleurs, mon moodboard sur la femme-enfant, je l’ai écrit dans l’avion qui me ramena de São Paulo à Paris. J’adore écrire dans ce que j’appelle les « espaces intermédiaires »… comprendre les halls de gare, les aéroports, les arrêts de bus, les wagons, les aires d’autoroute ou que sais-je encore.  Ce texte me semblait presque prédestiné, sans arrières-pensées, moi la petite soeur qui veut tout et son contraire.

« Qui suis-je ? Nez retroussé, teint rose tendre et bouche ourlée, je ne jure que par mes lunettes rouge-coeur et je m’amuse loin des jupons de ma mère. Oui, vous avez bien deviné ! Préparez-vous à m’affronter, moi, la Lolita des temps modernes.  »

À la frontière du pudique et du charnel, je ne suis plus une petite fille, je ne suis pas encore une femme, je suis un entre-deux, je suis une jeune fille en fleur. Le monde des adultes m’attire autant qu’il me fait peur, je le déteste autant qu’il m’aime, il m’inspire, il m’aspire. Quand l’enfant-femme devient la femme-enfant…

Paulette 33 Double jeu HD25

LA FEMME-ENFANT

« Candide et nostalgique, j’ai grandi trop vite. Mais je ne veux pas grandir, plongée à mes heures perdues dans les contes de mon enfance et mes cahiers d’école, que j’avais pourtant remisés au placard. Mutine, un brin espiègle, je suis comme Sophie Marceau dans la Boum, Kirsten Dunst dans Virgin Suicides ou Natalie Portman dans Léon : je n’ai pas encore des attitudes de femme mais je ne suis pas complètement innocente avec mon air malicieux qui en dit long.

Sucette à l’anis, socquettes aux pieds, je suis à certains égards, tout droit sortie du roman de Nabokov, en plus urbaine. Joues rondes et longue chevelure dans les yeux, mon allure de poupée brosse une esthétique à la fois douce et graphique, à la Jacquemus. Coupes oversize et contrastes de couleurs sont à l’honneur et invitent à l’amusement au bruit de la récréation sonnante et trébuchante.

Un brin rebelle, démesurément libre, je fais fi du qu’en dira-t-on et des critiques. Dès les beaux jours venus, je me balade en petite culotte et frôle l’herbe fraîche au son des cigales, telle une héroïne d’un film de Rohmer. Vêtue de ma jupe plissée et de mon tee-shirt à message, je me rafraîchis avec un diabolo menthe et je m’amuse à ramasser marguerites et coquelicots  Coquette, j’aime les coquillettes et les pâtes alphabet, plats régressifs par excellence, et je rêve de plonger mon corps de sirène dans un bain de céréales colorées.

Teintée d’une candeur pas si sage, je parais naïve et fragile, mais je possède au contraire une véritable force de caractère, une personnalité à part entière. Rêveuse à n’en plus finir, j’aime imaginer un monde plus doux et plus fou, allongée sur l’asphalte d’un terrain de basket, les doigts de pieds en éventail et les yeux regardant le ciel. D’une touche de magie, j’habille l’air de bulles de savon et je le couvre de paillettes pour enchanter cette réalité qui me pique parfois bien trop les yeux. D’ailleurs, si ça ne tenait qu’à moi, je l’effacerais d’un coup de gomme ou le façonnerais avec de la pâte à modeler. Ça serait bien trop facile, c’est vrai, mais si drôle ! »

J’ai aussi interviewé Can Dagarslani, jeune photographe istanbuliote passionné d’architecture.

Paulette 33 Double jeu HD41Paulette 33 Double jeu HD42Paulette 33 Double jeu HD43

Et relater mon voyage en Algrave, cette région du Portugal qui ne connait pas de lendemains sans soleil.

Paulette 33 Double jeu HD73Paulette 33 Double jeu HD74Paulette 33 Double jeu HD75

Rio Arty // Madame Figaro

J’étais excitée comme une puce en arrivant à Rio. Une énergie grisante m’a envahie de toute part, malgré mes petites nuits et le retard de sommeil accumulé depuis que 2017 a pointé son nez. J’ai retrouvé la ville de tous mes fantasmes, celle dont j’ai si peu goûté les trésors à l’échelle de ma vie et qui pourtant m’obsède depuis bien des années.

Avec son Carnaval, sa culture du soleil, ses plages urbaines, sa nature environnante et son culte du corps, Rio est un petit bout de Nice ou plutôt un grand bout ! Je ne peux que chavirer… Alors que les « blocos » s’apprêtent à envahir les rues cariocas, j’ai eu pour ma part la chance de réaliser un reportage « sur » l’art contemporain. Et en dépit des clichés qui tout de suite nous envahissent, je n’ai pas été déçu. J’ai pris de la couleur plein les yeux, j’ai rencontré des personnalités bienveillantes et investies, j’ai été inspiré dans toutes les pores de ma peau.

mad-22600-p056-061-page-001mad-22600-p056-061-page-002mad-22600-p056-061-page-003

Je suis une Fille Spaghetti 

Je ne sais pas vous mais pour ma part, la fin de l’hiver se fait longue et je rêve déjà de mes étés inscouciants entre les Cinque Terre, la Toscane et Venise. Étant Niçoise d’origine (qui est à mon sens la plus italienne des villes françaises), mon cœur bat inlassablement au rythme de l’Italie.

D’ailleurs, quand je pars en vadrouille sur le pourtour méditerranéen,  j’y passe au moins la moitié de mon temps au risque de bouder la Provence… Il faut dire que la pasta (alla vogole) è molto buona, la pizza deliziosa (et à prix décent) et la milanesa à tomber (c’est mal pour la végétarienne contrariée que je suis)… Sans parler de l’art et de la mode. Je ne développerai pas ici sinon je risque de m’egarer.

Tout ça pour vous dire que si vous voulez mettre un soupçon de chaleur et de sauce tomate dans votre cœur, le dernier numéro de Paulette saura vous combler à mille pour-cent. Il faut dire qu’on a mis les bouchées doubles 🍝🍝🍝🍝

Pour ce 27ème numéro, je vous emmène dans la rubrique blabla voir Bettina Rheims à la MEP avec Monica Belluci en sexy mama italiana.


Et je vous invite également à la découverte d’une pratique en plein renouveau emplie de sensualité : la céramique 🤗

Belle lecture les Paulette 🇮🇹🇮🇹🇮🇹🇮🇹



Prenez le large à la découverte d’Istanbul

Entre tradition et modernité, Istanbul regorge de lieux historiques, musées, palaces et sanctuaires religieux. A seulement 3h de Paris, cette ville plurielle aux multiples trésors est à la croisée des empires romain, byzantin et ottoman. Point de rencontre entre l’Orient et l’Occident et héritière d’une histoire de 8500 ans, elle affiche aujourd’hui une vitalité sans précédent à l’affût de la modernité.

Le centre historique d'Istanbul et la basilique Sainte Sophie, Photo : Frederic Dumas
Le centre historique d’Istanbul et la basilique Sainte Sophie, Photo : Frederic Dumas

 

Un bijou architectural chargé d’histoire

Si Ankara est devenue post Seconde Guerre mondiale la capitale politique, Istanbul reste historiquement et culturellement la ville la plus importante du pays. Affichant fièrement près de 15 millions d’habitants, Istanbul est l’une des villes les plus peuplées d’Europe, irrésistiblement portée par la forte proportion de moins de 20 ans qui l’habite.

Elue première destination en 2014 par la communauté de TripAdvisor, Istanbul est un véritable musée à ciel ouvert comme en témoigne son emblématique centre historique, cœur de l’ancienne Constantinople et enregistré au même titre que le café turc, au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Impossible en effet de ressortir indemne de ce paysage architectural éclectique, composé de minarets, d’aqueducs romains, d’églises byzantines, de tours vénitiennes, de palais ottomans et d’immeubles modernes. Un joyeux désordre que l’on retrouve dans la course devenue culte de Skyfall où James Bond poursuit un meurtrier en chasse sur les toits d’Istanbul entre le Grand Bazaar et la Basilique Sainte-Sophie.

Grand Bazaar, Photo : Frederic Dumas
Grand Bazaar, Photo : Frederic Dumas

Capitale Européenne de la Culture en 2010, l’art contemporain y est également présent grâce à des lieux au dynamisme certain à l’instar du Istanbul Modern et de son époustouflant panorama sur le Bosphore ou encore de la Galerie ARTER située en plein cœur de la ville. Si Ali Kazma ou Sarkis ne sont encore que d’illustres inconnus à vos yeux, ces acteurs majeurs de la scène artistique locale n’auront bientôt plus aucun secret pour vous. De plus, si vous prévoyez de partir incessamment sous peu prendre le pouls de la cité aux sept collines et que l’art contemporain est votre second souffle, ne manquez pas la Biennale d’Istanbul qui vient d’ouvrir ses portes et que vous pourrez visiter jusqu’au 1er novembre !

 

Une gastronomie riche en saveurs et en couleurs

Vous hausserez certainement les sourcils et votre regard frétillera à la vue de l’incroyable déclinaison de mezzés et autres mets à base de légumes, viandes et poissons qui composent la cuisine turque. Les succulents baklavas, ces petits gâteaux faits de pâte feuilletée gorgée de miel et recouverts d’une crème à base de noix, de pistaches ou d’amandes, combleront vos palets avides de gourmandises. Pour vous en convaincre, nous avons sélectionné deux restaurants où le bonheur est dans l’assiette.

Le restaurant Peyderpey, Photo : Cem Gocmen
Le restaurant Peyderpey, Photo : Cem Gocmen

Juché au dernier étage de l’hôtel Richmond situé au cœur de la ville sur l’avenue Istiklal, Peyderpey vous charmera par son incroyable panorama sur la presqu’île historique. Passionné d’histoire culinaire, le maître des lieux, Vedat Başaran, remet au goût du jour les vestiges oubliés des recettes ottomanes. N’utilisant que des produits biologiques et de saison, ce chef hors pair réinterprète dans une palette infinie de petits plats aussi beaux que bons, l’héritage traditionnel des cuisines méditerranéenne et turque. Laissez vous surprendre par ses beignets de fleurs de courgettes aux herbes et au riz pilaf et son saumon « lakerda », poisson en saumure saupoudré d’oignons rouges et d’une pointe de citron.

Cependant, qui dit cuisine turque dit aussi viande grillée à l’image de son incontournable kebab ! Afin de vous sustenter, nous vous emmenons chez Antiochia dans le quartier animé Beyoğlu, où c’est toute la richesse de la gastronomie d’Antakya qui émerveillera vos papilles. Intime et chaleureux, ce restaurant porte en effet la marque, au temps des Romains, de cette ville située à la frontière syro-turque et dont sont originaires les chefs Bülent et Ali Özkurt.

Restaurant Antioche
Restaurant Antioche

Débarqués à Istanbul il y a 25 ans, ils ont commencé par fabriquer des savons à base d’huile d’olive et d’extraits de grenade et se sont rapidement affairés à transmettre la richesse culinaire de leur pays. Au delà du humus, du taboulé et du savoureux pain pide aux épinards, fromage blanc et sésame, les plus carnivores auront le choix entre une sélection de viandes marinées cuites au four ou à la plancha ! Si vous avez encore un peu faim, laissez vous tenter par le künefe, ce dessert traditionnel fait de fromage fondu entre deux couches de cheveux d’ange croquantes à souhait.

Après avoir arpenté la ville dans les moindres recoins, on vous assure que même après tout ça, nous n’avons pas pris pas un gramme !

 

Comment s’y rendre ?

Compagnie aérienne low‐cost leader en Turquie, Pegasus Airlines relie Istanbul à la France via Paris Orly, Marseille Provence, Saint-Etienne Loire et nouvellement Nice Côte d’Azur et Lyon Saint-Exupéry. Au total, la compagnie créée en 1990  s’envole aujourd’hui vers 91 destinations dont 60 à l’international et affiche une volonté certaine de démocratiser le tourisme en étendant peu à peu son réseau. Profitez-en ! Vol aller à partir 39,99€

 

 

Où dormir ?

Groupe hôtelier suisse engagé dans une démarche de développement durable, les hôtels Mövenpick affichent aujourd’hui deux hôtels à Istanbul.

Classic room
Classic Room, Mövenpick Golden Horn, ©Mövenpick Hotels & Resorts

Le plus ancien, le Mövenpick Istanbul Hôtel, un 5 étoiles situé dans le quartier d’affaires de Levent, propose une série de services sur mesure pour vos voyages professionnels avec salle de réunions et installation pour conférences. Besoin de réconfort après de longues négociations ? Offrez-vous un massage Shiatsu-Thaï au centre de remise en forme. Bien-être garanti !

Inauguré en mars 2015, le Mövenpick Golden Horn est un 4 étoiles qui surplombe le quartier traditionnel turc de la Corne d’Or. Arborant des couleurs douces et une esthétique épurée, son style harmonieux fait de matériaux naturels à l’image du bois, de la pierre ou du marbre blanc, s’inspire de l’histoire estuaire de cette partie de la ville devenue célèbre sous l’influence de Pierre Lotti.

IMG_4840
Vue du Café Pierre Loti, Photo : Frederic Dumas

Orientaliste dans l’âme, cet écrivain de l’époque impressionniste et d’une mélancolie pénétrante y a fait escale quelques mois. Sa venue a tant marqué les Stambouliotes qu’un café porte aujourd’hui son nom dans le quartier Eyüp et offre un point de vue imprenable sur la ville. Inoubliable lors d’un coucher de soleil !

Le monde se met à l’heure brésilienne

A l’approche de la Coupe du Monde, le Brésil est sous les feux de la rampe. Et pour cause ! C’est un évènement majeur pour cette super-nation où la passion du ballon rond commence au berceau.

A cette occasion, Arte consacre tout au long du mois de juin, une série de documentaires et de reportages sur le Brésil. Au programme : de la gastronomie, de l’évasion, de la découverte mais aussi des éléments de réflexion sur l’avenir économique du pays avec, à la clé, un road-trip animé par Daniel Conhn-Bendit ! Restez donc branchés sur les ondes !

Vogue Gisèle mai 2014

Dans un autre registre, le Magazine Lui et le Vogue Brésil affichent fièrement en couverture Gisèle Bündchen, incarnation par excellence de l’idéal de perfection tandis que les éditions espagnole et américaine du géant de Condé Nast mettent respectivement à l’honneur Cristiano Ronaldo et sa femme dans un duo très sensuel et Adriana Lima et ses condisciples Alessandra Ambrosio, Raquel Zimmermann et Isabeli Fontana dans un shoot très sportif. Pour marquer le coup et montrer que la mode sait aussi sortir de son champ d’appréhension premier, cette « Team Brazil » – qui réunit en son sein les mannequins brésiliennes les plus prometteuses de leur génération – parle de football à découvert. Car ne l’oublions pas, parler football quand on est Brésilien, c’est évoquer son patrimoine culturel et affirmer par extension sa fierté d’être Brésilien.

N’étant, pour ma part, pas une grande spécialiste du ballon rond, je profite cependant de cette actualité brûlante pour évoquer ce pays de cœur sous le spectre de la création.

Toutefois, je ne saurais que trop vous conseiller de voir « O Ano em que meus Pais Saíram De Férias« . Ce film sublime et sensible traite de la dictature des années 70 sous le regard d’un jeune garçon. Passionné de football, il rêve de voir les « Auriverde » triompher pendant la Coupe du Monde et porte un regard innocent sur les circonstances politiques qui touchent sa famille et son pays.

Pays continent où le soleil inonde de sa lumière presque toute l’année, le Brésil étonne par sa diversité et son exubérance. Devenu cinquième puissance au monde, il connaît ces dernières années une croissance fulgurante grâce au développement de sa classe moyenne.

Source de fascination il évoque, par son climat chaud et ses plages paradisiaques, la perfection des corps et le fantasme d’une beauté métissée. Une inspiration qui n’a pas échappé au regard affûté de Sébastien Tellier qui y a planté le décor de son dernier album « L’Aventura ». Chanteur décalé de la scène française aux airs de gourou illuminé, il part ici à la reconquête de son enfance. “Quitte à se réinventer une enfance, autant le faire au Brésil plutôt qu’en Allemagne ! Pour ce projet, il me fallait un pays beau et luxuriant, qui respire la joie de vivre, qui soit lointain. C’est un pays qui me fait rêver. »

sebastien_tellier_laventura_visuel_dessin

Cliché ou non, cet exotisme inhérent à la culture brésilienne est non seulement vendeur mais surtout très rafraîchissant.

Déjà en 2013, le Brésil a fait l’objet d’une opération très réussie au Bon Marché, qui mettait en avant la mode, le design et l’art de vivre brésilien. Monoprix surfe aujourd’hui sur cette vague en proposant toute une série de vêtements et objets pensée par cinq artistes femmes venues des quatre coins du Brésil.

bresil-no-monop

De manière générale, je trouve ces initiatives hautes en couleurs pleines de bonnes intentions mais attention tout de même à ne pas abuser de certains codes au risque de classer la mode brésilienne en une accumulation folklorique de signes dérivés d’un imprimé Desigual, ce qui à mon sens n’est pas très flatteur. La marque originaire de Barcelone n’a d’ailleurs pas hésité à faire appel à Adriana Lima dans sa dernière campagne pour réaffirmer son identité « latine ».

Hélvio Romero

Pays très fortement inégalitaire, le Brésil se vit aussi sur le mode des contrastes et du culte de l’apparence.

Les courbes idéales des tops modèles brésiliens sont en effet devenues la carte de visite de la « Brasilidade » dans le monde de la mode et de la beauté. Elles sont source d’identification pour les Brésiliens qui, obsédés par leur physique, battent tous les records de dépenses pour atteindre la perfection : sport, chirurgie esthétique et consommation de produits cosmétiques en tout genre. Troisième marché mondial de la cosmétique avec une consommation moyenne annuelle par habitant de 160 euros, le Brésil compte en effet plus de chirurgiens plastiques que dans toute l’Europe réunie.

126-637x375

De plus, le Brésil se caractérise par un climat tropical et est bordé de plus de 8 000 kms de côtes et de littoral marin. La plage est omniprésente dans le paysage local renforçant l’attention portée au corps comme c’est le cas dans la ville de Rio de Janeiro. « La mer, la plage sont les éléments les plus importants de la vie d’une Carioca. La plage, c’est tout, c’est l’endroit de toutes les rencontres. Elle appartient à tout le monde. Ici, pas de plage privée. Ainsi, la beauté est permise à tous, sans discernement. Les gens sont toujours pratiquement nus. Ils montrent leurs corps. Comment faire autrement qu’être belle ? »  rappelle Ivo Pitanguy, célèbre chirurgien plasticien brésilien. La constatation est la même dans une interview de Lenny Niemeyer du magazine Be, où la journaliste demande pourquoi les Cariocas sont-elles tant obsédées par leur corps : « A Rio, les filles vont à la plage depuis qu’elles sont bébé : leur corps a toujours été exposé aux yeux des autres. A Sao Paulo, d’où je viens c’est différent […]. A Rio, où les jeunes se rencontrent souvent sur la plage, les garçons te voient en Bikini dès le premier jour. »

Révélateur du rapport au corps, le bikini est le vêtement qui caractérise le plus l’âme du pays. Caractérisé par ses dimensions réduites à l’origine de sa réputation sulfureuse mais aussi par la diversité de ses imprimés, c’est une véritable institution au Brésil. Pour celles qui en recherchent en France, je vous conseille le site Brazilian Bikini Shop qui propose de nombreuses marques de bikinis brésiliens : Blue Man, Salinas, Rio de Sol, Agua de Coco.

Pour ceux qui ressentent une vraie « saudade » de arroz e feijão, je vous recommande de passer la porte de Leblon. Fraîchement installé à Paris (à Saint Ambroise, à 2mn du Marais et de Bastille), ce restaurant revisite tous les classiques de la gastronomie brésilienne avec goût et raffinement :  Acarajé, Pao de Queijao, Picanha, Feijoada, Moqueca. De quoi contenter toutes les papilles. Testé et approuvé par mes soins ! Aproveitem !

leblon-restaurant-paris-1343718605

contact : pauline.weber@theatredelacreation.com

Retrouvez-moi sur le Huffington Post !

Art Basel Hong Kong 2014 : Quand la Chine s’éveillera

La deuxième édition de Art Basel Hong Kong vient de s’achever.
Retour sur les temps forts de la foire, point de rencontre privilégié entre l’Orient et l’Occident.

Gu Wenda, Encounters
Gu Wenda, Encounters

En parcourant les allées le jour de l’ouverture, je suis surprise par la quiétude des lieux qui tranche avec l’effervescence quasi-hystérique des vernissages des foires occidentales. Une certaine langueur se dégage et je finis par me demander si c’est la foire qui manque d’énergie ou si c’est moi qui suis tout simplement victime du jet-lag.

Premier constat : ici, les collectionneurs prennent leur temps. Ils ne réservent pas et ne se précipitent pas pour acheter comme à l’accoutumée où l’on n’en finit plus d’organiser des visites en avant-première pour les collectionneurs privilégiés. De plus, le calendrier n’aidant pas, la plupart des grandes galeries enchaînent avec la Frieze de New-York fraîchement terminée. Difficile d’afficher une santé de fer malgré les enjeux.

Une conclusion qui n’a pas échappé aux organisateurs qui ont décidé de déplacer la Art Basel Hong Kong à mi-mars en 2015 afin que les patrons des galeries répondent présents et se préparent de manière optimale.

Galleria Continua
Galleria Continua

Les enjeux sont en effet de taille. Si la foire helvétique a choisi d’apposer son label en rachetant l’ancienne « Hong Kong Art Fair », c’est aussi parce que l’ex colonie britannique est une porte d’entrée stratégique en Chine et en Asie pour le business de l’art.

Port franc, dédouané de taxes à l’importation et à l’exportation, les capitaux y affluent librement, le luxe s’y affiche fièrement, favorisant ainsi la rencontre de l’art et de l’argent.
Autre fait important, le marché de l’art chinois s’est hissé en 2010 à la deuxième place mondiale, laissant pressentir, malgré des résultats en dents de scie, un potentiel de progression vertigineux pour les prochaines décennies.

Derrière cet engouement pour la Chine à l’image du thème de la dernière édition de Art Paris, j’ai voulu en savoir plus sur la réalité du marché local et tenter de définir le profil du collectionneur chinois. Pour ce faire, j’ai interviewé un certain nombre de galeries afin de recueillir leur sentiment.

Duane Hanson,, Chinese Student, Van de Weghe Fine Art
Duane Hanson,, Chinese Student, Van de Weghe Fine Art

Pour Jason Cori, directeur de la Galerie Almine Rech à Bruxelles, « le marché de l’art en Chine reste un marché qui fonctionne à deux vitesses avec des collectionneurs locaux qui ont tendance à acheter via des galeries présentes dans la région. »

« Il cache la réalité de l’Asie. C’est un marché énorme qui ne tardera pas à nous supplanter par son potentiel et sa population mais pour le moment, nous ne sommes pas face à un vrai public d’avertis » renchérit Georges Armaos, responsable des ventes à la galerie Gagosian de New-York. En effet, comme le souligne Helen Windsor de la Thimothy Taylor Gallery à Londres, « les Asiatiques commencent à comprendre de plus en plus l’esthétique occidentale mais cela prend du temps. Nous venons à Hong Kong depuis 5 ans dans le but d’instaurer un véritable dialogue avec l’Asie mais déjà à l’époque, on nous avait avertis qu’il faudrait être patient. Dix ans au minimum. Les habitudes sont ici très différentes tant d’un point de vue esthétique que business. »

Vernissage_14052014_34
White Space Beijing

Face à cela, les grandes galeries font généralement le choix d’imposer aux collectionneurs locaux leur vision de l’art tandis que les galeries plus émergentes tirent leur épingle du jeu en s’adaptant à la demande locale.

Chez Thaddaeus Ropac, présente depuis 5 ans sur la foire de Hong Kong, un seul artiste chinois – Yan Pei-Ming – est représenté. « L’éventail d’artistes que nous proposons à Art Basel Hong Kong est le même que dans les autres foires. Bizarrement, nous avions cru au début que les collectionneurs chinois avaient des goûts et des attentes spécifiques mais pas du tout. À cet effet, ils achètent du Baselitz alors qu’ils ne le connaissent pas. C’est vraiment une question de goût, un choix esthétique » atteste Arne Ehmann qui travaille depuis plus de quatorze ans à la Galerie de Salzburg.

Georg Baselitz
Georg Baselitz

Sous mes yeux, trône une des dites toiles de l’octogénaire allemand. Au format imposant, elle regroupe en son sein les caractéristiques propres à sa peinture: dripping, emploi de la couleur et héritage expressionniste. Cette dernière n’échappe pas au regard de plusieurs acheteurs potentiels qui se renseignent sur l’œuvre et son prix. Elle sera finalement vendue le troisième jour de la foire, le vendredi, pour la somme de 480 000 euros.

A la Galerie Perrotin, la sélection présentée met l’accent sur l’univers du manga. Avec deux artistes chinois à son actif – Chan Fei et Gao Weigang – le galeriste de la rue de Turenne a également un avantage de taille en proposant des artistes japonais qui se vendent très bien. Ils s’appellent Takashi Murakami, Aya Takano, Mr. et Kaz Oshiro.

Gao Weigang, The Stairs
Gao Weigang, The Stairs
Mr, So Sweet, Galerie Perrotin
Mr, So Sweet, Galerie Perrotin

Car si l’art chinois et l’art japonais sont très différents esthétiquement parlant, ils jouissent de la même aura auprès du collectionneur local. Enfant terrible de l’art, Emmanuel Perrotin a très vite compris le potentiel naissant de Hong Kong. En mars 2012, il prend ses quartiers sur Connaught Road dans un building signé de l’architecte André Fu. Niché au 17ème étage, la Galerie offre une vue imprenable sur la baie de Hong Kong et propose dans sa boutique toute une panoplie d’objets « kawaï ». Peluches, porte-clés, affiches numérotées sont manipulés avec le soin d’un bijoutier aux doigts de velours. On se croirait presque dans une boutique du luxe.

Constat quasi-général auprès des galeries, le marché de l’art chinois affiche une santé financière florissante et les changements sont visibles d’une année à l’autre. « Nous sommes très satisfaits des résultats de la foire » affirme Nicolas Nahab, directeur des ventes à la Marian Goodman Gallery. « Le collectionneur local découvre petit à petit l’art contemporain occidental et est plus averti ».

Yang Fudong, Marian Goodman Gallery
Yang Fudong, Marian Goodman Gallery

Auparavant, les galeries occidentales présentes en Chine misaient essentiellement sur une clientèle d’expatriés. Aujourd’hui, la situation s’est inversée.
« Les acheteurs chinois ont augmenté de manière significative cette année » précise Aenon Loo de la White Cube, présente à Hong Kong à la même adresse que la Galerie Perrotin. Selon lui, ces nouveaux collectionneurs achètent exclusivement des artistes établis et ne veulent que des grands noms du marché de l’art. Un avis que les galeries d’art multinationales partagent à l’image de Gagosian. Avec 12 galeries réparties dans le monde entier, le marchand d’art de Beverly Hills a une stratégie extensive inédite. Lorsque j’ai demandé à Georges Armaos, s’ils étaient à l’écoute des spécificités locales et enclins à découvrir de nouveaux artistes, j’ai été plus que surprise par sa réponse détonante : « C’est aux petites galeries de découvrir les artistes émergents. Nous ne prenons que les artistes établis et on fait exploser leur côte. Ça a toujours été notre stratégie. En matière d’art contemporain, nous sommes beaucoup plus puissants que Sotheby’s et Christie’s. »

White Cube Gallery, Damien Hirst
White Cube Gallery, Damien Hirst

A l’image des codes esthétiques que les grandes maisons de luxe érigent chaque nouvelle saison sur les défilés et les tapis rouges, les mastodontes du business de l’art contemporain se prétendent les garants du « bon goût » auprès des collectionneurs locaux.

Un point de vue qui ne fait cependant pas l’unanimité. Selon Edouard Malingue qui s’est établi en 2010 à Hong Kong, « le collectionneur local est au contraire multi-facettes. Il y a ceux qui recherchent spécifiquement de l’art chinois contemporain. D’autres qui sont plus portés sur l’art chinois traditionnel comme la calligraphie. Et bien entendu ceux qui achètent « statutaire » en faisant l’acquisition de grands noms mondialement reconnus mais ce n’est qu’une minorité. »

Doug Aitken, Fortune, 303 Gallery
Doug Aitken, Fortune, 303 Gallery

Passé l’engouement général pour certaines stars de l’art contemporain les galeries, quelle que soit leur taille, devront s’adapter de plus en plus aux spécificités locales afin de soutenir la demande et de développer le marché de manière pérenne. D’autant que le collectionneur chinois se montre particulièrement volatil. Il ne se reconnaît pas facilement tant au niveau du look que de l’attitude.

Hong Kong doit aujourd’hui faire face à un défi majeur car, si elle regorge de galeries concentrées dans les buildings de Central, la ville ne dispose à ce jour d’aucun musée d’art moderne et contemporain à la hauteur de son développement artistique fulgurant. Une carence qui sera comblée à l’horizon 2017 par l’ouverture du M+ sur la baie de Kowloon. Affaire à suivre.

Contact : pauline.weber@theatredelacreation.com

Retrouvez-moi sur le Huffington Post !

Impressions californiennes

Sunset in LA

Je rentre tout de juste de la Californie du Sud où j’ai eu la chance de voyager pendant deux semaines. J’étais terriblement impatiente de découvrir cette région des Etats-Unis qui arbore à mon sens une culture urbaine du soleil sans précédent et qui est aujourd’hui un bassin émergent en matière de création contemporaine. Bien sur la Californie du Sud – et je parlerai ici essentiellement de Los Angeles et de Palm Springs – fait rêver pour ses starlettes de cinéma et de musique à la sauce MTV mais ce n’est pas sous cet angle que j’ai appréhendé les lieux. Ce que j’ai voulu voir et comprendre c’est comment une mégalopole mythique comme Los Angeles a su se renouveler en dehors du grand écran et comment une ville au milieu du désert comme Palm Springs a su influencer par son esthétique moderniste incroyable et son style de vie l’architecture et la mode d’aujourd’hui.

« Penchez ce pays sur le côté et tout ce qui ne tient pas très bien dégringolera jusqu’à Los Angeles. »  Will Rogers

Los Angeles

Bigger Splash by David Hockney

Avant de frôler le béton à Los Angeles, j’étais radicalement bercée par une imagerie allant des piscines de David Hockney aux photos plastiques de David Lachapelle et j’en oubliais presque Hollywood que j’ai vaguement parcouru à travers son célèbre « walk of fame ».  Cette ville m’a véritablement fascinée tant par son étendue et sa diversité que par son incroyable énergie.

Britney Spears by David Lachapelle

Certains diront que Los Angeles est une ville sans histoire, une ville fausse, une ville façade, qui cache derrière ses avenues interminables bordées de palmiers et ses villas gigantesques, une misère terrible, une injustice à en faire pâlir plus d’un.

J’ai été rythmée dans mes plus jeunes années par les romans de Bret Easton Ellis. Et cela m’a fait tout particulièrement repenser à son premier opus « Moins que zéro » qui retransmet à merveille cette ambiance tragique presque absurde. Ce roman de jeunesse décrit avec crudité et sans fard, l’effroyable vide de sens qui s’abat sur des filles et de fils de producteurs richissimes qui n’ont envie de rien si ce n’est d’aller à « la » soirée in de L.A. L’incipit m’a également beaucoup marquée : « Les gens ont peur de se retrouver sur les autoroutes de Los Angeles. » Je n’ai d’ailleurs cessé de me le remémorer tant il est criant de vérité, tant il prend tout son sens quand on voit cette ville gigantesque se déployer sous nos yeux au tempo de ses interminables freeways.

moins-que-zero

Los Angeles bénéficie aujourd’hui d’une vitalité sans précédent et s’affirme de plus en plus sur la plan artistique comme une alternative de choix à la prédominance new-yorkaise. Et pour cause, la FIAC a décidé de se dupliquer à Los Angeles en avril 2015 et espère réunir entre 130 et 150 exposants. La ville dispose d’un terrain fertile : on y trouve en effet de nombreux musées d’art moderne et contemporain à l’image du MOCA, du LACMA et du Hammer qui disposent de collections permanentes respectables et qui sont très actifs en matière d’expositions temporaires. Je repense à ce titre à la très médiatique exposition Murakami qui s’est tenue au MOCA et qui avait beaucoup fait parler d’elle par son partenariat avec la maison Louis Vuitton.

Air Planes Parts by Nancy Rubins @MOCA

De plus, Los Angeles est dotée d’un réseau de galeries très dense qui concoure à la pleine expansion de son marché de l’art. Elles se concentrent principalement entre West Hollywood et Beverly Hills aux alentours du MOCA – le Pacific Design Center regroupe à ce titre plus de 130 galeries – et du LACMA, avec à sa tête Perry Rubenstein, Matthew MarksGagosian et Blum & Poe. Si vous souhaitez davantage d’informations, je vous conseille d’aller sur ce site qui les répertorie très bien. Il est très difficile de tout voir et tout écumer à Los Angeles si l’on n’y réside pas tant les distances sont importantes. On ne peut malheureusement pas y flâner à l’improviste comme dans les rues de Paris.

Urban Light installation by Chris Burden @LACMA

En terme de concept store intéressant qui rapproche l’art contemporain et le luxe, je recommande de passer la porte de « Just One Eye« . Installé dans les anciens studios de Howard Hughes, le bâtiment bénéficie d’une magnifique façade Art Déco et s’impose de l’intérieur par son style industriel. Vous y trouverez un condensé fashion, allant des grandes maisons à l’image de Chloé, Valentino aux créateurs les plus pointus comme Christophe Lemaire, Pedro Lourenço, Maiyet dans une ambiance galerie d’art contemporain où Murakami, Hirst et Newton sont à l’honneur. La sélection est également assez ample niveau bijoux, accessoires et objets design. Et même si vous ne pouvez rien acheter, l’ambiance est inspirante alors jetez-y « juste un œil » pour le plaisir !

« Just One Eye »

Parmi les endroits incontournables de Los Angeles sur le plan culturel figurent également le Getty Center et la Getty Villa.

Jean-Paul Getty était un riche homme d’affaires de l’industrie pétrolière, polyglotte et épris de culture. Convaincu par les vertus éducatrices de l’art, il décide en 1954 d’ouvrir son propre musée – actuelle Getty Villa – pour donner accès au public à sa collection d’antiquités gréco-romaines, de meubles français et de peintures européennes. Cette sublime réplique d’une villa romaine est située à Malibu et impressionne par ses perspectives qui laissent entrevoir une large piscine qui reflète le bleu du ciel.

Getty Villa
Getty Villa

Le Getty Center a été pour sa part inauguré en 1997. C’est un lieu qui vaut le détour, tant pour son architecture et ses jardins, que pour ses œuvres dont le large spectre comprend peintures de la Renaissance, aux sculptures modernes, à la photographie contemporaine. L’édifice est l’oeuvre de Richard Meier et offre une vue panoramique incroyable sur la ville et l’océan.

Getty Center
Getty Center

Palm Springs 

Reconnu et reconnaissable pour ses maisons d’architecte résolument modernes et ses palmiers haut perchés, Palm Springs est un îlot de tranquillité au milieu du désert. Source d’inspiration pour de nombreux artistes (Robert Doisneau y a séjourné dans les années 60) et décor de prédilection des éditos de mode pointus, la ville se transforme en destination branchée et colorée le week-end et vit aux rythmes de ses pools parties. Elle adopte aussi des allures bohèmes-chics mi-avril le temps de son célèbre festival Coachella.

The Saguaro Hotel @Palm Springs

Repaire pour retraités en mal de soleil, la moyenne d’âge avoisine les 60 ans à Palm Springs mais cette ville semble presque coupée de tout repère spatio-temporel. Il y a en effet une sorte de détachement du monde habituel qui se dégage quand on pénètre pour la première fois dans la ville. Ce fut assez déroutant pour ma part car j’étais comme pour Los Angeles emplie d’une esthétique bien particulière, certainement mi-réelle, mi-fantasmée.

Villa moderniste à Palm Springs
Villa moderniste à Palm Springs

Tout d’abord, lorsque l’on quitte L.A. pour Palm Springs, on s’attend à traverser une petite ville. Et bien, non, c’est au contraire assez étendu avec une urbanisation certes rectiligne mais peu uniforme. Il y a un centre « historique » que j’ai fini par identifier en repérant les allées de boutiques et de restaurants mais il ressemble davantage à un décor de dessin-animé. Palm Springs est en effet relativement jeune car elle a commencé à véritablement prendre son essor en tant que station balnéaire dans les années 20.

Edgar Kaufmann House @Palm Springs

Véritable musée à ciel ouvert, l’architecture affiche une identité hautement reconnaissable baptisée « le modernisme du désert », héritier de la Bauhaus et du Corbusier. Fruit des architectes Richard Neutra, Lloyd RIght, Albert Frey et du « Case Study Program », les villas sont montées sur un seul et unique niveau, elles offrent ergonomie et simplicité dans une harmonie totale avec le paysage extérieur. Les plus célèbres sont la Edgar Kaufmann House, la maison de Frank Sinatra (architecte E. Stewart William), Twin Palms et l’Elwis Honey Moon (Robert Alexander). Ces deux dernières étant disponibles aujourd’hui à la location.

Palm Springs Art Museum
Palm Springs Art Museum

Si vous souhaitez approfondir, le Palm Springs Art Museum traite bien entendu du « mid-century modern » et dispose aussi d’une collection permanente assez complète en matière d’art moderne et contemporain. Il offre par ailleurs un regard intéressant sur l’art local à l’image de Ed Ruscha, de Roland Petersen et aborde les racines de l’art amérindien.

Et puis, si toutefois vous en avez assez des activités culturelles ou des boutiques, il est toujours possible de « work out » au vert et de lézarder au bord de la piscine car à Palm Springs comme à Los Angeles, « demain est toujours un autre jour de ciel bleu ».

 

Le Brésil, terre d’avenir

Ja estou de volta do Brasil !

L’occasion de revenir sur cet ouvrage de Zweig fort intéressant qui bien que s’enfermant parfois dans un point de vue occidental idéaliste, a le mérite de faire une belle synthèse (non-exhaustive : l’auteur lui-même reconnait qu’il n’a pas tout vu du Brésil… et l’Amazonie en fait partie) sur ce pays troublant, merveilleux, paradoxal…

Souvenirs de voyages sur fond de morceaux choisis :

« Puis vint le débarquement à Rio, une des impressions les plus puissantes de ma vie. J’étais à la fois fasciné et bouleversé. Car ce qui se présentait à moi n’était pas seulement un des plus magnifiques paysages de la terre, cette combinaison unique de mer et de montagne, de ville et de nature tropicale, mais encore une forme toute nouvelle de civilisation. Je découvris contre toute attente l’ordre et la netteté architecturale d’un urbanisme tout à fait personnel, de la hardiesse et de la grandeur dans toutes les nouveautés, en même temps qu’une culture ancienne, préservé avec un bonheur tout spécial par la distance. Il y avait là de la couleur et du mouvement, l’oeil étonné ne se lassait pas de regarder, et où que portât le regard, c’était pour sa félicité. Une griserie de beauté et de bonheur s’empara de moi, excitant mes sens, tendant mes nerfs, élargissant mon coeur, emplissant mon esprit et quoique je visse, ce n’était jamais assez. »

« La mer s’offre à tous, la beauté s’étale partout, la vie est bon marché (ce n’est plus d’actualité ;-)), les gens sont aimables (en revanche, c’est toujours le cas :-)), et les surprises quotidiennes, qui rendent l’existence si joyeuse, sans qu’on sache pourquoi, sont inépuisables. L’atmosphère a quelque chose de doux et d’enivrant qui vous rend peut-être un peu moins énergique et moins batailleur. On est comblé par l’instant, on se sent satisfait et rassasié, le paysage vous apporte insensiblement cette consolation secrète qui émane de tout ce qui est beau et unique sur terre. La nuit avec ses millions d’étoiles et de lumières, le jour, avec ses couleurs claires, aveuglantes et explosives, au crépuscule, avec ses brouillards légers et ses jeux de nuages, sous la chaleur parfumée, comme sous les orages tropiques : cette ville est un enchantement continuel. Plus on la connaît, plus on l’aime, et pourtant, plus on la connaît, moins on peut la décrire ».

« On est confondu, dès l’abord, par une telle luxuriance. Tout est véhément, le soleil, la lumière, les couleurs. Le bleu du ciel vibre ici plus fortement, le vert est profond et saturé, la terre rouge et grasse ; nul peintre ne peut trouver sur sa palette des couleurs plus éblouissantes, plus chatoyantes que celles du plumage des oiseaux ou des ailes des papillons. La nature est toujours ici au superlatif : les orages qui déchirent le ciel du grondement de leurs éclairs, les pluies qui tombent en torrents, la végétation exubérante qui en quelques mois couvre la terre de déserts verts. Mais la terre elle-même, depuis de longs siècles inviolée et pas encore poussée à produire au maximum, répond ici avec une force presque incroyable à la moindre sollicitation. »

Ici, l’auteur fait essentiellement référence à Rio mais l’oeuvre fait la part belle à l’histoire et à l’économie du Brésil qui représentent à eux-même les 2/3 de l’ouvrage et qui se révèlent être de passionnants chapitres. Accrochez-vous, vous ne le regretterez pas.

Zweig s’autorise même quelques pointes d’humour. C’est cinglant de vérité mais hautement pardonnable !!

« La ponctualité existe dans la mesure où l’on sait que toute conférence, tout concert commencent à peu près un quart d’heure ou une demi-heure après l’heure annoncée; si l’on règle sa montre comme il faut, on ne manque rien et on s’adapte. La vie en soi est plus importante ici que le temps. »

La suite au prochain épisode…

SAUDADES !!!

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :