Cindy Sherman, « égérie » pour la marque MAC

Voici, une collaboration étonnante et frappante que j’ai récemment découvert dans les boutiques MAC : Cindy Sherman, artiste américaine célébre pour ses séries d’autoportraits subversifs, prête son image à la marque américaine de maquillage professionnel et lance trois looks pour l’automne : Midnight Blue, Angel Fame et Wild Colours.

Adepte du travestissement et de la mise en scène, cette photographe post-moderne a marqué les trois dernières décennies en questionnant la place et l’image de la femme dans la société. Elle est aujourd’hui la photographe la plus chère du marché, une de ses oeuvres Untitle n°96 ayant été adjugée à 3,89 millions de dollars en mai 2011 chez Christie’s.

On peut donc s’étonner qu’une marque de maquillage, qui part nature prône la beauté et l’embellissement, utilise comme vecteur de communication, Cindy Sherman qui justement la détourne. Personnellement, je ne l’ai pas du tout vu comme ça et j’ai trouvé l’initiative plutôt audacieuse et cohérente.

MAC joue beaucoup sur l’idée que le maquillage est un art à part entière, avis que je partage totalement tant la technicité et les gammes coloristiques rejoignent à mon sens la palette du peintre. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le maquillage professionnel tire ses origines dans les arts du spectacle : c’est un maquillage de scène qui tient et qui se voit comme celui que l’artiste américaine utilise dans ses clichés.

Jeff Koons relooke les flacons de crème Khiel’s

Voilà une initiative que je ne peux que saluer tant je suis en permanence à la recherche des ponts d’ancrage qui lient les champs créatifs. Je fus donc étonnée mais agréablement surprise, de découvrir que Jeff Koons, star de l’art contemporain, a investi l’univers de la beauté en signant à son effigie des produits Khiel’s.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’artiste collabore avec la célèbre marque américaine de cosmétiques, puisqu’il avait participé dans le cadre du Earth Day 2010 au design du « Açai spray » avec Julianne Moore, Pharrell Williams et la surfeuse Malia Jones. Une occasion pour les artistes comme pour la marque de montrer leur engagement écologique.

Pour cette édition spéciale, Jeff Koons rhabille ainsi « Crème de Corps », le best-seller de la marque, en l’affublant d’un bouchon doré et d’une reproduction de sa Ballon Flower, cette imposante fleur de métal qui était dans la cour d’honneur du château de Versailles lors de l’exposition en 2008-2009, et qui s’est vendue en juin 2008 dans sa version magenta à 23 millions de dollars chez Christie’s à Londres. Un record pour un artiste vivant.

L’intégralité des bénéfices de la vente sera reversée en faveur de son association « The Koons Family Institute » qui lutte contre l’exploitation et la disparition d’enfants, l’artiste étant lui-même le père d’un enfant kidnappé Ludwig, qui a à ce jour ne lui a toujours pas été rendu.

L’Oréal vs Helena Rubinstein

Un portrait croisé (signé Ruth Brandon) retraçant les destins si différents de Eugène Schueller, fondateur de L’Oréal et de Helena Rubinstein.

Ils ne se sont jamais rencontrés. Et pourtant, ils ont fait leurs premiers pas en 1909 et sont l’origine de deux empires majeurs de l’industrie cosmétique.

Alors que Helena fuit son ghetto cracovien pour ouvrir son premier salon de beauté en Australie et concocter ses crèmes à la graisse de laine aux vertus miraculeuses dans son arrière-boutique, Eugène Schueller profite de sa formation de chimiste pour élaborer des colorations capillaires indolores dans sa petite chambre qui lui sert de laboratoire. La formule enfin mise au point (et non sans défauts mais la ténacité de Schueller paiera), ce dernier fonde la société L’Oréal en 1909 pour commercialiser ses produits. Deux versions expliquent la raison de ce nom. Il se serait inspiré d’une coiffure très en vogue à l’époque baptisée L’Auréole (et le nom est assez parlant) et de la contraction de Aurore Boréale. Quand on pense à l’empire que représente aujourd’hui L’Oréal, on a bien du mal à croire que son fondateur ait commencé par de simples colorations !

Mais comme l’explique bien l’auteure, Eugène Schueller a une vision bien précise de l’entreprise mais également de la place minime accordée aux femmes dans la société, qui se doivent de rester au foyer. Et il a su imposer son flair et son sens des affaires à la firme multinationale qu’est aujourd’hui L’Oréal. Il aurait très bien pu faire fortune dans un autre domaine que les cosmétiques et a d’ailleurs été propriétaire des usines Monsavon et Valentine, spécialisée dans la peinture.

A l’inverse, Helena Rubinstein voit vraiment dans les cosmétiques et dans son entreprise familiale les moyens de sa propre libération.  Ils représentent pour les femmes une source de plaisir et d’assurance et marquent leur indépendance à une époque où elles ne l’étaient encore que trop peu. L’auteure par des digressions historiques, nous rappelle ainsi la mauvaise réputation qu’entretenaient la gent masculine au XIXème siècle vis-à-vis des cosmétiques et du maquillage, qu’ils considéraient comme réservés aux prostituées et aux comédiennes, chose que bien entendu, Helena Rubinstein récusait fermement. Aujourd’hui, l’idée a bien fait son chemin dans nos moeurs et on ne compte plus les marques de cosmétiques et de maquillage tant elles sont nombreuses sur cet impitoyable marché !

En dehors de l’industrie cosmétique elle-même, Ruth Brandon consacre par ailleurs plusieurs chapitres aux dérives collaborationnistes de Schueller pendant la Seconde Guerre mondiale et aux démêlés que rencontra L’Oréal avec la justice à la fin des années 80. L’histoire voudra ainsi que Helena Rubinstein croise de manière posthume le destin de L’Oréal qui rachètera sa marque, une vingtaine d’années après sa mort. Les origines juives de cette dernière ne seront d’ailleurs pas sans conséquences dans les « affaires » du groupe.

S’il semble que la victoire (économique ?) revienne à Schueller dans cette « Guerre de la Beauté », Helena Rubinstein aura eu le mérite avec ses consoeurs, Elizabeth Arden, Estée Lauder, Anita Roddick (fondatrice de Beauty Shop) de signer l’acte d’indépendance des femmes dans la société et dans la conduite des affaires, même si malheureusement, ces entreprises sont  aujourd’hui, majoritairement aux mains des hommes.

Au delà de ces destins croisés, Ruth Brandon pousse l’analyse plus loin et nous invite dans les dernières pages à repenser notre rapport au corps compte tenu de la pression qu’exerce aujourd’hui les cosmétiques dans notre quotidien. Alors que la chirurgie esthétique a gagné ses lettres de noblesse, les industries de la beauté surfent sur cette tendance et entendent même concurrencer le « bistouri » en nous proposant des formules de jouvence digne du plus poussé des liftings ! Il n’est pourtant pas sans rappeler que cosmétique signifie également « superficiel, qui n’agit pas en profondeur »… même si cela ne doit pas nous empêcher pas d’y croire et c’est d’ailleurs ce qu’Helena Rubinstein s’évertuait à répondre lorsqu’on la questionnait sur l’efficacité de ses crèmes.

L’univers des cosmétiques serait-il donc l’apanage de l’effet placebo ?! Il est vraisemblablement à l’image de notre société qui se refuse de vieillir en prônant la jeunesse éternelle, signe d’une beauté préservée à tout prix.

Natalia Vodianova pour Shalimar

En ces périodes de fêtes de fin d’année, il faudrait être littéralement coupé du monde des medias (ce qui est parfois mon cas, en particulier avec la télévision) pour ne pas remarquer les déferlantes de publicités qui animent l’univers du parfum.
Cela m’a permis de redécouvrir cette courte séquence pour Shalimar de Guerlain (2008) avec en toile de fond Natalia Vodianova qui anime avec sensualité et douceur l’antre épuré de cette chambre à coucher. La musique de Gainsbourg, hommage à BB, qui l’accompagne donne également le ton.

J’ai décidé de poster cette vidéo car elle m’a touché et l’objet de mon blog est avant de vous faire part de mes coups de coeur esthétiques.

De plus, je suis une grande admiratrice du nu féminin dans l’art (à l’image de Ingres, Schiele, Gervex pour la peinture, Jean Loup Sieff, Irving Penn, Peter Lindbergh pour la photographie) et ce film publicitaire s’inscrit parfaitement dans cette lignée.

Bienvenue

Qui suis-je ?

Je m’appelle Pauline Weber, j’ai 29 ans et je suis Parisienne d’adoption.

Enivrée par le beau et les arts, je passe le plus clair de mon temps libre à arpenter les musées, les librairies, les galeries, les lieux insolites par pure folie créative.

Crédits photo @Julien Weber
Crédit photo @Julien Weber

Après avoir fait mes armes dans l’industrie de la beauté (Revlon, Paco Rabanne) et du prêt-à-porter de luxe (Chloé, Dior), j’ai décidé de mettre mon goût pour les mots au service de ma passion pour l’art et la mode.

Diplômée de Sciences Po Bordeaux et de l’Institut Français de la Mode, je souhaite à travers ce blog révéler ma sensibilité esthétique et sémantique en abordant au fil de l’actualité, des thèmes en relation avec l’agenda culturel et les tendances qui animent l’art, la mode, la beauté, la littérature ou la musique.

De plus, chacun de mes voyages est un support à la découverte de nouvelles influences que je m’attache à retranscrire avec le plus de sincérité et d’objectivité.

Crédits photo @Jean Picon

Pourquoi ce blog s’appelait-il « Le Théâtre de la Création » auparavant ?

Ce nom s’inspirait d’une exposition organisée en 1945 entre Paris et New York intitulée « Le Petit Théâtre de la Mode«  où les plus grands couturiers du moment dont « Dior pour Lelong » ont été présentés sur 200 poupées de 70 cm. J’avais trouvé l’idée originale. Elle traduit bien en effet l’idée d’un condensé de société en miniature. Je l’avais donc reprise et élargie à la création en général vu quz mon blog ne traite pas exclusivement de mode mais de toutes les formes de création moderne et contemporaine.

Cependant, je me suis rendue compte avec la pratique que malgré l’inspiration originelle, ce nom ne parvenait à retranscrire fidèlement mon état d’esprit et qu’il diluait même le message.

Mon appétence journalistique et l’attachement que je porte à ma patronyme m’ont ainsi poussé à rebaptiser mon site par ce qu’il y avait de plus simple : mon nom s’est alors imposé comme une évidence.

En espérant que cette interface virtuelle et interactive vous stimulera, je vous souhaite à tous une très bonne visite !

N’hésitez pas à me contacter pour de plus amples informations :

weber.pauline@gmail.com

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