Art Basel Hong Kong 2014 : Quand la Chine s’éveillera

La deuxième édition de Art Basel Hong Kong vient de s’achever.
Retour sur les temps forts de la foire, point de rencontre privilégié entre l’Orient et l’Occident.

Gu Wenda, Encounters
Gu Wenda, Encounters

En parcourant les allées le jour de l’ouverture, je suis surprise par la quiétude des lieux qui tranche avec l’effervescence quasi-hystérique des vernissages des foires occidentales. Une certaine langueur se dégage et je finis par me demander si c’est la foire qui manque d’énergie ou si c’est moi qui suis tout simplement victime du jet-lag.

Premier constat : ici, les collectionneurs prennent leur temps. Ils ne réservent pas et ne se précipitent pas pour acheter comme à l’accoutumée où l’on n’en finit plus d’organiser des visites en avant-première pour les collectionneurs privilégiés. De plus, le calendrier n’aidant pas, la plupart des grandes galeries enchaînent avec la Frieze de New-York fraîchement terminée. Difficile d’afficher une santé de fer malgré les enjeux.

Une conclusion qui n’a pas échappé aux organisateurs qui ont décidé de déplacer la Art Basel Hong Kong à mi-mars en 2015 afin que les patrons des galeries répondent présents et se préparent de manière optimale.

Galleria Continua
Galleria Continua

Les enjeux sont en effet de taille. Si la foire helvétique a choisi d’apposer son label en rachetant l’ancienne « Hong Kong Art Fair », c’est aussi parce que l’ex colonie britannique est une porte d’entrée stratégique en Chine et en Asie pour le business de l’art.

Port franc, dédouané de taxes à l’importation et à l’exportation, les capitaux y affluent librement, le luxe s’y affiche fièrement, favorisant ainsi la rencontre de l’art et de l’argent.
Autre fait important, le marché de l’art chinois s’est hissé en 2010 à la deuxième place mondiale, laissant pressentir, malgré des résultats en dents de scie, un potentiel de progression vertigineux pour les prochaines décennies.

Derrière cet engouement pour la Chine à l’image du thème de la dernière édition de Art Paris, j’ai voulu en savoir plus sur la réalité du marché local et tenter de définir le profil du collectionneur chinois. Pour ce faire, j’ai interviewé un certain nombre de galeries afin de recueillir leur sentiment.

Duane Hanson,, Chinese Student, Van de Weghe Fine Art
Duane Hanson,, Chinese Student, Van de Weghe Fine Art

Pour Jason Cori, directeur de la Galerie Almine Rech à Bruxelles, « le marché de l’art en Chine reste un marché qui fonctionne à deux vitesses avec des collectionneurs locaux qui ont tendance à acheter via des galeries présentes dans la région. »

« Il cache la réalité de l’Asie. C’est un marché énorme qui ne tardera pas à nous supplanter par son potentiel et sa population mais pour le moment, nous ne sommes pas face à un vrai public d’avertis » renchérit Georges Armaos, responsable des ventes à la galerie Gagosian de New-York. En effet, comme le souligne Helen Windsor de la Thimothy Taylor Gallery à Londres, « les Asiatiques commencent à comprendre de plus en plus l’esthétique occidentale mais cela prend du temps. Nous venons à Hong Kong depuis 5 ans dans le but d’instaurer un véritable dialogue avec l’Asie mais déjà à l’époque, on nous avait avertis qu’il faudrait être patient. Dix ans au minimum. Les habitudes sont ici très différentes tant d’un point de vue esthétique que business. »

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White Space Beijing

Face à cela, les grandes galeries font généralement le choix d’imposer aux collectionneurs locaux leur vision de l’art tandis que les galeries plus émergentes tirent leur épingle du jeu en s’adaptant à la demande locale.

Chez Thaddaeus Ropac, présente depuis 5 ans sur la foire de Hong Kong, un seul artiste chinois – Yan Pei-Ming – est représenté. « L’éventail d’artistes que nous proposons à Art Basel Hong Kong est le même que dans les autres foires. Bizarrement, nous avions cru au début que les collectionneurs chinois avaient des goûts et des attentes spécifiques mais pas du tout. À cet effet, ils achètent du Baselitz alors qu’ils ne le connaissent pas. C’est vraiment une question de goût, un choix esthétique » atteste Arne Ehmann qui travaille depuis plus de quatorze ans à la Galerie de Salzburg.

Georg Baselitz
Georg Baselitz

Sous mes yeux, trône une des dites toiles de l’octogénaire allemand. Au format imposant, elle regroupe en son sein les caractéristiques propres à sa peinture: dripping, emploi de la couleur et héritage expressionniste. Cette dernière n’échappe pas au regard de plusieurs acheteurs potentiels qui se renseignent sur l’œuvre et son prix. Elle sera finalement vendue le troisième jour de la foire, le vendredi, pour la somme de 480 000 euros.

A la Galerie Perrotin, la sélection présentée met l’accent sur l’univers du manga. Avec deux artistes chinois à son actif – Chan Fei et Gao Weigang – le galeriste de la rue de Turenne a également un avantage de taille en proposant des artistes japonais qui se vendent très bien. Ils s’appellent Takashi Murakami, Aya Takano, Mr. et Kaz Oshiro.

Gao Weigang, The Stairs
Gao Weigang, The Stairs
Mr, So Sweet, Galerie Perrotin
Mr, So Sweet, Galerie Perrotin

Car si l’art chinois et l’art japonais sont très différents esthétiquement parlant, ils jouissent de la même aura auprès du collectionneur local. Enfant terrible de l’art, Emmanuel Perrotin a très vite compris le potentiel naissant de Hong Kong. En mars 2012, il prend ses quartiers sur Connaught Road dans un building signé de l’architecte André Fu. Niché au 17ème étage, la Galerie offre une vue imprenable sur la baie de Hong Kong et propose dans sa boutique toute une panoplie d’objets « kawaï ». Peluches, porte-clés, affiches numérotées sont manipulés avec le soin d’un bijoutier aux doigts de velours. On se croirait presque dans une boutique du luxe.

Constat quasi-général auprès des galeries, le marché de l’art chinois affiche une santé financière florissante et les changements sont visibles d’une année à l’autre. « Nous sommes très satisfaits des résultats de la foire » affirme Nicolas Nahab, directeur des ventes à la Marian Goodman Gallery. « Le collectionneur local découvre petit à petit l’art contemporain occidental et est plus averti ».

Yang Fudong, Marian Goodman Gallery
Yang Fudong, Marian Goodman Gallery

Auparavant, les galeries occidentales présentes en Chine misaient essentiellement sur une clientèle d’expatriés. Aujourd’hui, la situation s’est inversée.
« Les acheteurs chinois ont augmenté de manière significative cette année » précise Aenon Loo de la White Cube, présente à Hong Kong à la même adresse que la Galerie Perrotin. Selon lui, ces nouveaux collectionneurs achètent exclusivement des artistes établis et ne veulent que des grands noms du marché de l’art. Un avis que les galeries d’art multinationales partagent à l’image de Gagosian. Avec 12 galeries réparties dans le monde entier, le marchand d’art de Beverly Hills a une stratégie extensive inédite. Lorsque j’ai demandé à Georges Armaos, s’ils étaient à l’écoute des spécificités locales et enclins à découvrir de nouveaux artistes, j’ai été plus que surprise par sa réponse détonante : « C’est aux petites galeries de découvrir les artistes émergents. Nous ne prenons que les artistes établis et on fait exploser leur côte. Ça a toujours été notre stratégie. En matière d’art contemporain, nous sommes beaucoup plus puissants que Sotheby’s et Christie’s. »

White Cube Gallery, Damien Hirst
White Cube Gallery, Damien Hirst

A l’image des codes esthétiques que les grandes maisons de luxe érigent chaque nouvelle saison sur les défilés et les tapis rouges, les mastodontes du business de l’art contemporain se prétendent les garants du « bon goût » auprès des collectionneurs locaux.

Un point de vue qui ne fait cependant pas l’unanimité. Selon Edouard Malingue qui s’est établi en 2010 à Hong Kong, « le collectionneur local est au contraire multi-facettes. Il y a ceux qui recherchent spécifiquement de l’art chinois contemporain. D’autres qui sont plus portés sur l’art chinois traditionnel comme la calligraphie. Et bien entendu ceux qui achètent « statutaire » en faisant l’acquisition de grands noms mondialement reconnus mais ce n’est qu’une minorité. »

Doug Aitken, Fortune, 303 Gallery
Doug Aitken, Fortune, 303 Gallery

Passé l’engouement général pour certaines stars de l’art contemporain les galeries, quelle que soit leur taille, devront s’adapter de plus en plus aux spécificités locales afin de soutenir la demande et de développer le marché de manière pérenne. D’autant que le collectionneur chinois se montre particulièrement volatil. Il ne se reconnaît pas facilement tant au niveau du look que de l’attitude.

Hong Kong doit aujourd’hui faire face à un défi majeur car, si elle regorge de galeries concentrées dans les buildings de Central, la ville ne dispose à ce jour d’aucun musée d’art moderne et contemporain à la hauteur de son développement artistique fulgurant. Une carence qui sera comblée à l’horizon 2017 par l’ouverture du M+ sur la baie de Kowloon. Affaire à suivre.

Contact : pauline.weber@theatredelacreation.com

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Monumenta 2014, un colosse aux pieds d’argile ?

« L’Etrange Cité », Ilya et Emilia Kabakov, Grand Palais, jusqu’au 22 juin 2014
L’Etrange Cité

Se confronter aux 13 500 m² de la Nef du Grand Palais n’est pas une mince affaire. En témoigne cette sixième édition de Monumenta où le couple Kabakov nous propose de voyager dans l’utopie de leur « étrange cité ». À la leur de projets à la fois artistiques et scientifiques, le parcours décomposé en neuf étapes, entend transmettre une vision progressiste de l’humanité et invite à rêver.

La coupole et l'entrée de la cité
La coupole et l’entrée de la cité

Certaines installations sont en effet plus accessibles, plus immédiates par leur poésie intrinsèque : la coupole aux sons et lumières, le musée vide rythmé par la Passacaille de Bach ou encore l’allégorie de l’ange comme aspiration au bonheur.

Le musée vide
Le musée vide
Comment rencontrer un ange ?
Comment rencontrer un ange ?

D’autres interpellent à l’image de la reconstitution de Manas, cité disparue du Tibet qui « a la particularité d’être sur Terre et d’avoir son double dans le ciel. » En faisant appel à une multitude de références à la fois bibliques, historiques ou esthétiques, le visiteur se perd et peine à faire le lien entre les différents espaces. Tour de Babel, Monument à la Troisième Internationale de Tatline, vicissitudes de l’ère Soviétique, chapelles de la Renaissance s’ordonnent de manière énigmatique et ambiguë. 

Les portails
Les Portails

L’œuvre des Kabakov a certainement besoin de temps pour être appréhendée, digérée. Pourtant, lorsque l’on repense à l’intention première de Monumenta qui est de « faciliter la rencontre entre l’art contemporain et les publics », on ne peut s’empêcher de croire que le projet s’enferme ici dans un hermétisme certain. L’intention est bonne, savamment documentée, illustrée mais le résultat est inégal.

La chapelle blanche
La chapelle blanche

L’œuvre souffre de son format. Phagocytée et réduit à la taille de ses maisonnettes, elle s’écrase sous la verrière du Grand Palais et n’exploite pas l’immensité de l’espace. Cet écueil était mon appréhension première lorsque j’avais découvert les maquettes du projet en 2013, juste après sa suspension par le Ministère de la Culture. La Nef du Grand Palais est en effet incroyable tant par son volume que par sa verrière étincelante de lumière, aspects que l’Etrange Cité ne parvient pas à honorer. En 2012, j’avais déjà été frappé par la proposition de Daniel Buren, démesurément basse, en comparaison avec le « Léviathan » gonflé à l’hélium d’Anish Kapoor qui tel un monstre géant siégeait omnipotent. J’avais cependant apprécié la manière dont l’œuvre quadrichromique de Buren jouait avec la lumière et la transparence de la verrière. Ici, les Kabakov nous entrainent dans un labyrinthe aux allures méditerranéennes où des bâtisses dépourvues de fenêtres aveuglent par leur blancheur immaculée. Un choix qui s’avère somme tout limité.

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Agenda Culturel printemps 2014

« Robert Mapplethorpe » , Grand Palais, jusqu’au 13 juillet 2014

C’est la première grande rétrospective en France, consacrée à cet « enfant terrible » de la photographie. Rassemblant plus de 250 clichés, l’exposition jette un regard plutôt timoré sur l’oeuvre subversive de Mapplethorpe de 1970 à sa mort précoce en 1989.

Mapplethorpe

Sexualité et pornographie sont en effet au coeur de sa démarche esthétique et de sa quête effrénée de perfection dans un New-York en pleine libération des moeurs. Les corps sont sculpturaux, puissants, masculinisés à souhait, presque faits de marbre et d’acier. Les fleurs se font à la fois délicates et sulfureuses, rappelant le travail pictural de O’Keefe dans les années 20. « Je cherche la perfection dans la forme. Dans les portraits. Avec les sexes. Avec les fleurs«  disait-il

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Une partie de l’exposition est consacrée à sa muse Patti Smith tandis qu’une pièce interdite aux moins de 18 ans, sorte d’enfer contemporain, dévoile les oeuvres les plus « sexuellement explicites ». Une série de portraits rassemblent enfin les plus grands avec entre autres Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Grace Jones, Cindy Sherman, Deborah Harry, Louise Bourgeois. Saurez-vous les reconnaître ? A l’image de Newton en 2012, cette rétrospective demeure toutefois trop courte et restreinte dans cet espace dénué de toute mise en scène. A regret.

Mapplethorpe

« Henri Cartier-Bresson », Centre Pompidou, jusqu’au 13 juillet 2014

HCB

« Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur. »

Riche de plus de cinq cents œuvres multi-supports (photographies, films, dessins, peintures…), cette exposition événement retrace les travaux du photographe, de ses débuts surréalistes à son épopée chez Magnum, tout en montrant des aspects autres de sa personnalité comme son engagement politique et son expérience du septième art. Dix ans après sa disparation, cette rétrospective a en effet pour vocation de renouveler l’héritage multiple de Henri Cartier-Bresson, génie en matière de captation de l’instant et profond témoin des grands tournants du XXème siècle.

La scénographie manque toutefois d’audace (comme souvent dans les expositions photos) et la densité quasi-encyclopédique de oeuvres présentées étouffe dans l’espace confiné de la galerie 2… Dommage !

Henri Cartier-Bresson

« Papier glacé : un siècle de photographies de mode chez Condé Nast », Palais Galliera, jusqu’au 25 mai 2014

 » I always felt we were selling dreams, not clothes. » Irving Penn

« J’étais intéressé par le sentiment du hasard, je voulais introduire la réalité de la vie dans ce monde artificiel. » Alexandre Liberman.

"Walter Chiari et Monique Chevalier sharing a bottle of Chateau Lafite-Rothschild" Bert Stern (1962)
« Walter Chiari et Monique Chevalier sharing a bottle of Chateau Lafite-Rothschild » Bert Stern (1962)

Plongez dans les archives des plus grands noms de la photographie de mode de 1918 à nos jours : Cecil Beaton, Irving Penn, Bruce Weber, Helmut Newton, Peter Lindberg, Paolo Roversi…! La liste est longue – environ quatre-vingts photographes – mais nous enchante. Une merveilleuse opportunité pour réviser ses classiques et (re)découvrir près de cent-cinquante tirages, sorte de compilation du meilleur de Vogue, Vanity Fair, Glamour et W.

Cette exposition thématique fait entrer en résonance le travail des photographes qui ont contribué à forger l’identité visuelle de ce magma de la presse avec en prime quelques créations de couturiers, magazines consultables sur écran et documentaires. Une jolie surprise, à ne surtout pas manquer que vous soyez un aficionado de photographie ou de mode.

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« Debbie Dickinson & Christie Brinkley » Albert Watson (1977)
 « L’Etat du ciel », Palais de Tokyo, jusqu’au 07 septembre 2014

edc-part1Autour d’une thématique au ton grave et éminemment politique, le Palais de Tokyo nous invite cette saison à réfléchir « aux circonstances physiques, morales et politiques de notre monde » et ce, à travers les propositions d’une dizaine d’artistes, dévoilées en trois volets.

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Le parcours débute avec Histoire de fantômes conçue par Georges Didi-Huberman en hommage à l’Atlas Mnémosyne de l’historien d’art Aby Warburg. Basée sur le thème de la lamentation, cette installation spectaculaire mêle vidéos projetées au sol, alternance de sons à la vocalité troublante et photographies de Arno Gisinger. Multi-sensorielle, elle nous incite à méditer sur notre faible condition au regard de l’Histoire et du nécessaire devoir de mémoire. 
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Une oeuvre qui fait écho au travail remarquable de Angelika Markul, Terre de départ. Avec le film « Bambi à Tchernobyl« , l’artiste nous confronte à une réalité que nous préférerions oublier, celle d’un passé honteux, d’une ville fantôme où la nature a progressivement repris ses droits face à une catastrophe écologique majeure. Par une réflexion globale et philosophique, l’artiste s’interroge ainsi sur la force des éléments et les erreurs de l’homme en inversant le flux des chûtes d’Iguaçu dans une vidéo qu’elle confronte à une installation transposant les conséquences dramatiques des accidents pétroliers et des marées noires. Bouleversant.
Petit bémol pour David Douard, dont la proposition « Mo »swallow » ne m’a pas émue et m’a même légèrement excédée. Protéiforme, cette première monographie entend questionner la toxicité de notre monde contemporain, les « maladies du réel » qui se propagent à la vitesse d’une rumeur. Un propos confus qui se disperse dans des réalisations plastiques  hermétiques et au discours incantatoire pour un visiteur non-averti.
« Alex Katz, 45 Years of Portraits. 1969-2014 », Galerie Thaddaeus-Ropac, jusqu’au 12 juillet 2014

Si vous ne connaissez ni Alex Katz, ni la grande sœur de la rue Debeylleme à Pantin, une double occasion de coup de cœur esthétique s’offre à vous !

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Tout d’abord parce que Alex Katz est un artiste de renom trop peu connu en France, à la peinture graphique qui mêle figuration du sujet sur fond de monochrome en contraste. Et aussi parce qu’avec ses 47 000 m², l’ancienne chaudronnerie reconvertie en temple de l’art est un véritable écrin baigné de lumière, prouvant que Pantin c’est aussi le « Grand Paris » – Chanel et Hermès y ont établi leurs ateliers respectifs, rappelons-le ! Monographie acidulée aux allures de rétrospective, l’exposition regroupera une centaine d’œuvres de 1960 à nos jours. Personnellement, j’ai découvert l’artiste américain à travers sa série sur la danse « Face the Music », et en dehors de ma sensibilité pour cette pratique, j’étais heureuse de voir enfin sur la scène contemporaine de la peinture, de la couleur et de la figuration…  Tout simplement !

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A venir :

Dries Van Noten, Inspiration, au Musée des Arts Décoratifsjusqu’au 31 août 2014

L’Etat du ciel, Partie 2, dès le 25 avril 2014

Lucio Fontana au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, dès le 25 avril 2014

Monumenta 2014, Ilya et Emilia Kabokov, dès le 10 mai 2014

Agenda culturel Hiver 2014

Pour bien commencer l’année et achever l’hiver en beauté, voici quelques expositions pour s’inspirer et se ravir l’esprit.

« The Happy Show », La Gaïté Lyrique, jusqu’au 9 mars 2014

Happy Show

Stefan Sagmeister, graphiste de formation, nous invite à explorer le bonheur à travers une exposition ludique et multisensorielle. Films d’animation, maximes recopiées sur les murs de type « s’inquiéter ne résout rien », installations en tout genre : vélo à énergie lumineuse, distributeur de chewing gums à choisir en fonction de son degré de happiness, défis à accomplir et autres expériences interactives sont au rendez-vous. Petit bémol néanmoins, la partie mettant en lumière les théories socio-économiques du bonheur (pyramide de Maslow, lien avec l’amour, l’argent, la drogue etc.) est à mon sens un peu simpliste voir parfois franchement caricaturale. Si « cette exposition ne vous rendra pas plus heureux » – mise en garde de l’artiste – pensez cependant à réserver vos places le week-end. Des nocturnes sont prévues pour les quatre derniers jours de l’exposition.

« Alex Katz, 45 ans de portraits, 1969-2014 », Galerie Thaddaeus Ropac, du 02 mars au 12 juilet 2014

Katz travaillant sur l'une de ses toiles

Si vous ne connaissez ni Alex Katz, ni la grande sœur de la rue Debeylleme à Pantin, une double occasion de coup de cœur esthétique s’offre à vous ! Tout d’abord parce que Alex Katz est un artiste de renom trop peu connu en France, à la peinture graphique qui mêle figuration du sujet sur fond de monochrome en contraste. Et aussi parce qu’avec ses 47 000 m², l’ancienne chaudronnerie reconvertie en temple de l’art est un véritable écrin baigné de lumière, prouvant que Pantin c’est aussi le « Grand Paris » – Chanel et Hermès y ont établi leurs ateliers respectifs, rappelons-le ! Monographie acidulée aux allures de rétrospective, l’exposition regroupera une centaine d’œuvres de 1960 à nos jours. Personnellement, j’ai découvert l’artiste américain à travers sa série sur la danse « Face the Music », et en dehors de ma sensibilité pour cette pratique, j’étais heureuse de voir enfin sur la scène contemporaine de la peinture, de la couleur et de la figuration…  Tout simplement ! Vernissage le 02 mars de midi à 17h.

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« Papier glacé : un siècle de photographies de mode chez Condé Nast », Palais Gallieradu 1er mars au 25 mai 2014

Papier Glacé, Galliera

Plongez dans les archives des plus grands noms de la photographie de mode de 1918 à nos jours : Cecil Beaton, Irving Penn, Bruce Weber, Helmut Newton, Peter Lindberg, Paolo Roversi…! La liste est longue, environ quatre-vingts photographes, mais nous enchante. Une merveilleuse opportunité pour réviser ses classiques et (re)découvrir près de cent-cinquante tirages, sorte de compilation du meilleur de Vogue, Vanity Fair, Glamour et W entre autres. Cette exposition thématique fait entrer en résonance le travail des photographes qui ont contribué à forger l’identité visuelle de ce magma de la presse avec en prime quelques créations de couturiers, magazines consultables sur écran et documentaires.

Alber Watson Vogue US 1977

 

« Henri Cartier-Bresson »Centre Pompidoujusqu’au 9 juin 2014 

HCB

« Photographier c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’oeil et le coeur. »

Riche de plus de cinq cents œuvres multi-supports (photographies, films, dessins, peintures…), cette exposition événement retrace les travaux du photographe, de ses débuts surréalistes à son épopée chez Magnum, tout en montrant des œuvres plus inédites et méconnues. Dix ans après sa disparation, cette rétrospective a en effet pour vocation de renouveler l’héritage multiple de Henri Cartier-Bresson, génie en matière de captation de l’instant et profond témoin des grands tournants du XXème siècle.

Henri Cartier-Bresson

 

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