Rio Arty // Madame Figaro

J’étais excitée comme une puce en arrivant à Rio. Une énergie grisante m’a envahie de toute part, malgré mes petites nuits et le retard de sommeil accumulé depuis que 2017 a pointé son nez. J’ai retrouvé la ville de tous mes fantasmes, celle dont j’ai si peu goûté les trésors à l’échelle de ma vie et qui pourtant m’obsède depuis bien des années.

Avec son Carnaval, sa culture du soleil, ses plages urbaines, sa nature environnante et son culte du corps, Rio est un petit bout de Nice ou plutôt un grand bout ! Je ne peux que chavirer… Alors que les « blocos » s’apprêtent à envahir les rues cariocas, j’ai eu pour ma part la chance de réaliser un reportage « sur » l’art contemporain. Et en dépit des clichés qui tout de suite nous envahissent, je n’ai pas été déçu. J’ai pris de la couleur plein les yeux, j’ai rencontré des personnalités bienveillantes et investies, j’ai été inspiré dans toutes les pores de ma peau.

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Le monde se met à l’heure brésilienne

A l’approche de la Coupe du Monde, le Brésil est sous les feux de la rampe. Et pour cause ! C’est un évènement majeur pour cette super-nation où la passion du ballon rond commence au berceau.

A cette occasion, Arte consacre tout au long du mois de juin, une série de documentaires et de reportages sur le Brésil. Au programme : de la gastronomie, de l’évasion, de la découverte mais aussi des éléments de réflexion sur l’avenir économique du pays avec, à la clé, un road-trip animé par Daniel Conhn-Bendit ! Restez donc branchés sur les ondes !

Vogue Gisèle mai 2014

Dans un autre registre, le Magazine Lui et le Vogue Brésil affichent fièrement en couverture Gisèle Bündchen, incarnation par excellence de l’idéal de perfection tandis que les éditions espagnole et américaine du géant de Condé Nast mettent respectivement à l’honneur Cristiano Ronaldo et sa femme dans un duo très sensuel et Adriana Lima et ses condisciples Alessandra Ambrosio, Raquel Zimmermann et Isabeli Fontana dans un shoot très sportif. Pour marquer le coup et montrer que la mode sait aussi sortir de son champ d’appréhension premier, cette « Team Brazil » – qui réunit en son sein les mannequins brésiliennes les plus prometteuses de leur génération – parle de football à découvert. Car ne l’oublions pas, parler football quand on est Brésilien, c’est évoquer son patrimoine culturel et affirmer par extension sa fierté d’être Brésilien.

N’étant, pour ma part, pas une grande spécialiste du ballon rond, je profite cependant de cette actualité brûlante pour évoquer ce pays de cœur sous le spectre de la création.

Toutefois, je ne saurais que trop vous conseiller de voir « O Ano em que meus Pais Saíram De Férias« . Ce film sublime et sensible traite de la dictature des années 70 sous le regard d’un jeune garçon. Passionné de football, il rêve de voir les « Auriverde » triompher pendant la Coupe du Monde et porte un regard innocent sur les circonstances politiques qui touchent sa famille et son pays.

Pays continent où le soleil inonde de sa lumière presque toute l’année, le Brésil étonne par sa diversité et son exubérance. Devenu cinquième puissance au monde, il connaît ces dernières années une croissance fulgurante grâce au développement de sa classe moyenne.

Source de fascination il évoque, par son climat chaud et ses plages paradisiaques, la perfection des corps et le fantasme d’une beauté métissée. Une inspiration qui n’a pas échappé au regard affûté de Sébastien Tellier qui y a planté le décor de son dernier album « L’Aventura ». Chanteur décalé de la scène française aux airs de gourou illuminé, il part ici à la reconquête de son enfance. “Quitte à se réinventer une enfance, autant le faire au Brésil plutôt qu’en Allemagne ! Pour ce projet, il me fallait un pays beau et luxuriant, qui respire la joie de vivre, qui soit lointain. C’est un pays qui me fait rêver. »

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Cliché ou non, cet exotisme inhérent à la culture brésilienne est non seulement vendeur mais surtout très rafraîchissant.

Déjà en 2013, le Brésil a fait l’objet d’une opération très réussie au Bon Marché, qui mettait en avant la mode, le design et l’art de vivre brésilien. Monoprix surfe aujourd’hui sur cette vague en proposant toute une série de vêtements et objets pensée par cinq artistes femmes venues des quatre coins du Brésil.

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De manière générale, je trouve ces initiatives hautes en couleurs pleines de bonnes intentions mais attention tout de même à ne pas abuser de certains codes au risque de classer la mode brésilienne en une accumulation folklorique de signes dérivés d’un imprimé Desigual, ce qui à mon sens n’est pas très flatteur. La marque originaire de Barcelone n’a d’ailleurs pas hésité à faire appel à Adriana Lima dans sa dernière campagne pour réaffirmer son identité « latine ».

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Pays très fortement inégalitaire, le Brésil se vit aussi sur le mode des contrastes et du culte de l’apparence.

Les courbes idéales des tops modèles brésiliens sont en effet devenues la carte de visite de la « Brasilidade » dans le monde de la mode et de la beauté. Elles sont source d’identification pour les Brésiliens qui, obsédés par leur physique, battent tous les records de dépenses pour atteindre la perfection : sport, chirurgie esthétique et consommation de produits cosmétiques en tout genre. Troisième marché mondial de la cosmétique avec une consommation moyenne annuelle par habitant de 160 euros, le Brésil compte en effet plus de chirurgiens plastiques que dans toute l’Europe réunie.

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De plus, le Brésil se caractérise par un climat tropical et est bordé de plus de 8 000 kms de côtes et de littoral marin. La plage est omniprésente dans le paysage local renforçant l’attention portée au corps comme c’est le cas dans la ville de Rio de Janeiro. « La mer, la plage sont les éléments les plus importants de la vie d’une Carioca. La plage, c’est tout, c’est l’endroit de toutes les rencontres. Elle appartient à tout le monde. Ici, pas de plage privée. Ainsi, la beauté est permise à tous, sans discernement. Les gens sont toujours pratiquement nus. Ils montrent leurs corps. Comment faire autrement qu’être belle ? »  rappelle Ivo Pitanguy, célèbre chirurgien plasticien brésilien. La constatation est la même dans une interview de Lenny Niemeyer du magazine Be, où la journaliste demande pourquoi les Cariocas sont-elles tant obsédées par leur corps : « A Rio, les filles vont à la plage depuis qu’elles sont bébé : leur corps a toujours été exposé aux yeux des autres. A Sao Paulo, d’où je viens c’est différent […]. A Rio, où les jeunes se rencontrent souvent sur la plage, les garçons te voient en Bikini dès le premier jour. »

Révélateur du rapport au corps, le bikini est le vêtement qui caractérise le plus l’âme du pays. Caractérisé par ses dimensions réduites à l’origine de sa réputation sulfureuse mais aussi par la diversité de ses imprimés, c’est une véritable institution au Brésil. Pour celles qui en recherchent en France, je vous conseille le site Brazilian Bikini Shop qui propose de nombreuses marques de bikinis brésiliens : Blue Man, Salinas, Rio de Sol, Agua de Coco.

Pour ceux qui ressentent une vraie « saudade » de arroz e feijão, je vous recommande de passer la porte de Leblon. Fraîchement installé à Paris (à Saint Ambroise, à 2mn du Marais et de Bastille), ce restaurant revisite tous les classiques de la gastronomie brésilienne avec goût et raffinement :  Acarajé, Pao de Queijao, Picanha, Feijoada, Moqueca. De quoi contenter toutes les papilles. Testé et approuvé par mes soins ! Aproveitem !

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contact : pauline.weber@theatredelacreation.com

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Le Brésil, terre d’avenir

Ja estou de volta do Brasil !

L’occasion de revenir sur cet ouvrage de Zweig fort intéressant qui bien que s’enfermant parfois dans un point de vue occidental idéaliste, a le mérite de faire une belle synthèse (non-exhaustive : l’auteur lui-même reconnait qu’il n’a pas tout vu du Brésil… et l’Amazonie en fait partie) sur ce pays troublant, merveilleux, paradoxal…

Souvenirs de voyages sur fond de morceaux choisis :

« Puis vint le débarquement à Rio, une des impressions les plus puissantes de ma vie. J’étais à la fois fasciné et bouleversé. Car ce qui se présentait à moi n’était pas seulement un des plus magnifiques paysages de la terre, cette combinaison unique de mer et de montagne, de ville et de nature tropicale, mais encore une forme toute nouvelle de civilisation. Je découvris contre toute attente l’ordre et la netteté architecturale d’un urbanisme tout à fait personnel, de la hardiesse et de la grandeur dans toutes les nouveautés, en même temps qu’une culture ancienne, préservé avec un bonheur tout spécial par la distance. Il y avait là de la couleur et du mouvement, l’oeil étonné ne se lassait pas de regarder, et où que portât le regard, c’était pour sa félicité. Une griserie de beauté et de bonheur s’empara de moi, excitant mes sens, tendant mes nerfs, élargissant mon coeur, emplissant mon esprit et quoique je visse, ce n’était jamais assez. »

« La mer s’offre à tous, la beauté s’étale partout, la vie est bon marché (ce n’est plus d’actualité ;-)), les gens sont aimables (en revanche, c’est toujours le cas :-)), et les surprises quotidiennes, qui rendent l’existence si joyeuse, sans qu’on sache pourquoi, sont inépuisables. L’atmosphère a quelque chose de doux et d’enivrant qui vous rend peut-être un peu moins énergique et moins batailleur. On est comblé par l’instant, on se sent satisfait et rassasié, le paysage vous apporte insensiblement cette consolation secrète qui émane de tout ce qui est beau et unique sur terre. La nuit avec ses millions d’étoiles et de lumières, le jour, avec ses couleurs claires, aveuglantes et explosives, au crépuscule, avec ses brouillards légers et ses jeux de nuages, sous la chaleur parfumée, comme sous les orages tropiques : cette ville est un enchantement continuel. Plus on la connaît, plus on l’aime, et pourtant, plus on la connaît, moins on peut la décrire ».

« On est confondu, dès l’abord, par une telle luxuriance. Tout est véhément, le soleil, la lumière, les couleurs. Le bleu du ciel vibre ici plus fortement, le vert est profond et saturé, la terre rouge et grasse ; nul peintre ne peut trouver sur sa palette des couleurs plus éblouissantes, plus chatoyantes que celles du plumage des oiseaux ou des ailes des papillons. La nature est toujours ici au superlatif : les orages qui déchirent le ciel du grondement de leurs éclairs, les pluies qui tombent en torrents, la végétation exubérante qui en quelques mois couvre la terre de déserts verts. Mais la terre elle-même, depuis de longs siècles inviolée et pas encore poussée à produire au maximum, répond ici avec une force presque incroyable à la moindre sollicitation. »

Ici, l’auteur fait essentiellement référence à Rio mais l’oeuvre fait la part belle à l’histoire et à l’économie du Brésil qui représentent à eux-même les 2/3 de l’ouvrage et qui se révèlent être de passionnants chapitres. Accrochez-vous, vous ne le regretterez pas.

Zweig s’autorise même quelques pointes d’humour. C’est cinglant de vérité mais hautement pardonnable !!

« La ponctualité existe dans la mesure où l’on sait que toute conférence, tout concert commencent à peu près un quart d’heure ou une demi-heure après l’heure annoncée; si l’on règle sa montre comme il faut, on ne manque rien et on s’adapte. La vie en soi est plus importante ici que le temps. »

La suite au prochain épisode…

SAUDADES !!!

Musica Do Brasil

Voilà, c’est décidé, je pars au Brésil pour une poignée de jours et me voici à nouveau bercée par les « clichés » que je ne peux m’empêcher de m’imaginer en pensant à Rio (où j’ai déjà eu la chance d’aller) et au Brésil en général.
L’occasion de poster ici quelques unes de mes chansons favorites que certains brésiliens taxent de « musique de vieux » ;-) ce que je comprends tout à fait. C’est la même chose pour nous avec Gainsbourg, Brassens. Mais entendons-nous bien, ce sont des intemporels et la Bossa Nova en fait partie. En même temps, la chanson qui suit date de 2005, même si son auteur Gilberto Gil, je vous l’accorde, n’est plus tout jeune enfin vous m’avez compris, ce sont des incontournables. Et puis moi, je ne suis pas brésilienne alors je laisse libre cours à mon imagination.

Vamos !!!

Sans oublier bien entendu l’une des premières chansons en portugais que j’ai entendu (sans compter la Lamabada), que je connais par coeur biensur… et là c’est plus contemporain on va dire : Lembrança do México !!

Meu Rio de Janeiro querido

Souvent je pense à Rio. A défaut de pouvoir y retourner tout de suite, j’y voyage par la pensée en écoutant de la Bossa Nova.
Mes amis vous le diront : je voue un véritable culte pour la culture brésilienne et sa ville emblématique : Rio de Janeiro.

Pourquoi ?

En dehors des clichés, Rio est un endroit qui a tout pour plaire :  des plages baignées de soleil et de lumière, un climat chaud toute l’année et un vie urbaine effervescente ! De plus, les Cariocas sont ouverts, accueillants, bien dans leur corps, bien dans leur peau.

C’est d’ailleurs ce que Mario Testino entend nous transmettre à travers une série de photos personnelles pleines de spontanéité et de fraîcheur ! Ce photographe de mode célébre a beau être péruvien, il n’en demeure pas moins le « carioca » préféré de Gisèle Bundchen. Elle y évoque d’ailleurs de nombreux souvenirs avec lui qui sont retranscrit dans l’ouvrage.

A parcourir de toute urgence !!! Attention, pudiques s’abstenir !


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